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Footballeur amateur à l’US Diamantinoise (Martinique), Rodrigue Audel a déjà vécu beaucoup de choses dans sa vie. Il a évolué sous les couleurs de l’Aiglon du Lamentin, du Club Franciscain et notamment avec la sélection de la Martinique, mais…et vous ne le saviez peut-être pas, tout jeune, Rodrigue a côtoyé le haut niveau.

 

A l’âge de 14 ans, tu as intégré le centre préformation du PSG… Comment as-tu vécu cette période ?

« C’était une période de découverte. C’était la première fois que je vivais en France,  il fallait donc découvrir un nouveau pays, un nouveau football. J’ai découvert également le haut niveau à cet âge-là puisqu’ il y avait au centre que des joueurs de qualité, de très bons joueurs de la population parisienne… Donc pour moi, ce fut une période où je vais dire que j’ai appris beaucoup. »

Comment as-tu été repéré ?

« J’ai été repéré grâce à la coupe nationale des 14 ans qui se fait à Clairefontaine chaque année. J’ai joué, on a fait un match amical avec le PSG et j’ai été repéré avec Wilfrid Thalien. Après on a dû retourner pour faire les tests et au cours de l’essai ça a marché ! »

Comment as-tu trouvé le niveau de ce centre préformation de ce PSG de l’époque ?

« Dans le centre préformation du PSG, il y a un très bon niveau parce qu’il y a les meilleurs jeunes de la région parisienne, et nous savons très bien que cette région est pétrie de joueurs de qualité car on le voit à travers les différents clubs de Ligue 1. Donc, c’est un centre de très haut niveau car les joueurs sont de qualité. Il y a des Africains, des Arabes, de tout… »

Dans un centre de formation ou préformation, on travaille quoi en réalité ?

« Dans un centre de préformation ce que tu travailles en plus, déjà, ce sont tes points faibles. Chaque joueur arrive avec des qualités, des points forts, mais on va travailler davantage tes points faibles, comme ton mauvais pied ou ton jeu de tête… On travaille aussi l’intensité.

Il y a de l’exigence! Les coachs sont pointilleux et donc très exigeants. Ils ne font pas beaucoup de cadeaux… Donc tu es obligé de progresser. »    

  Pourquoi tu n’as pas été joueur professionnel ? Peux-tu l’expliquer ?

« En fait, ce qui s’est passé c’est qu’ensuite j’ai été à Nîmes. J’ai été repéré par Nîmes et j’ai donc intégré le centre de formation de Nîmes Olympique. Cela s’est très bien passé, j’avais de bonnes statistiques. Dans le temps, je jouais attaquant. J’avais très bien commencé et puis au cours de l’année j’ai eu un début de pubalgie, ce qui a plombé tout le reste de la saison. J’ai dû faire 6 mois sans jouer, et 6 mois c’est beaucoup quand tu es dans un centre de formation.

Ensuite, ce qui s’est passé c’est qu’ils m’ont fait une promesse. Ils m’ont dit qu’il n’y aurait pas eu de soucis, malgré ma blessure ils m’auraient gardé l’année prochaine et donc je serais resté. Mais le club a eu un redressement financier. Donc pendant que j’étais en vacances en Martinique, ils m’ont dit que finalement il faudrait que je cherche un nouveau club. Cela m’a donné un coup de massue! Je suis resté en Martinique, mais je pense que j’ai eu tort, j’aurais dû partir en France. Au final, j’ai fini ici en Division d’Honneur, j’avais 17 ans à l’époque. »  

C’est quoi ton plus gros regret alors ?

« Je n’ai pas de regrets bizarrement! Même si je n’ai pas percé professionnellement, j’ai eu de belles choses dans le football! J’ai beaucoup voyagé. En jeune, j’ai fait plein de tournois dans le monde, à travers l’Europe. Avec la sélection de la Martinique, j’ai voyagé dans la Caraïbe! Franchement, peut-être que financièrement j’aurais été mieux, mais je vis bien et je n’ai pas de regrets. »

Qu’est-ce que tu pourrais dire à un jeune qui souhaiterait devenir footballeur professionnel ?

« Pour devenir footballeur professionnel, j’aurais dit à un jeune de croire en ses rêves, de travailler dur, et de faire les sacrifices qu’il faut. Un footballeur professionnel n’a pas que la qualité, mais surtout un gros mental. Ce ne sont pas les meilleurs qui arrivent, ce sont ceux qui se donnent le plus. »