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Ancien joueur de l’Excelsior, ce Matinino, qui joue au football hors de la Martinique, nous parle de son quotidien dans cette interview. Passionné de Thierry Henry, il n’a pas pu intégrer une académie britannique. Il a été entravé  par des problèmes financiers.

Entretien:

 

Peux-tu te présenter ? (Etude, âge, club, poste, style de jeu, anciens clubs…)

« Je m’appelle Thérence Pétris, j’ai 21 ans aujourd’hui. J’habite à Saint-Etienne et je joue au FC Saint-Etienne depuis trois ans. Je joue en 10 en ayant un rôle de percuteur ou en faux numéro 9. Avant d’arriver à Saint-Etienne je jouais à l’Excelsior depuis un an. »

Au FC Saint-Etienne tu as plusieurs rôles, tu es joueur mais aussi entraîneur avec une catégorie féminine, en général comment s’organisent tes semaines? 

« Actuellement, comme je suis en service dans mon club, j’ai plusieurs charges. J’entraîne les U15 féminines en particulier. J’ai pour mission en tant qu’entraîneur de préparer les séances à l’avance et de m’organiser avec d’autres coaches que j’aide aussi sur d’autres catégories. »

Dans quel championnat français joues-tu exactement? Comment trouves-tu le niveau ?

« Actuellement je joue en district de la Loire en première division sénior qui pour moi a un niveau plutôt bas. Par rapport à la DH, on est à 4 ou 5 divisions en dessous. » 

Au football as-tu un modèle ? quel est ton idole ?

« Quand tu es footballeur, forcément tu as un idole. J’ai en tête Thierry Henry qui est pour moi une belle gloire du football français. »

Tu entraînes les filles au club, quel âge ont-elles et généralement ont-elles un bon niveau ?

« Dans le groupe que je gère en ce moment, les filles sont toutes jeunes et viennent tout juste de commencer. Elles n’ont même pas un an de football. Donc je suis obligé de commencer des bases avec elles. J’ai près de 20% de mon groupe qui a des bases, qui a plus d’un an de football. J’ai un groupe très homogène et j’essaye de faire avec. »

Entraîner est-ce difficile? Quelles sont les difficultés ?

« Entraîner, on ne va pas dire que c’est difficile ou facile. Il y a beaucoup de choses à gérer comme les émotions. Tu gères les émotions des autres mais aussi tes émotions en tant qu’entraîneur… Et il y a aussi les aléas. La préparation des entraînements est un peu compliqué mais avec Internet je peux m’inspirer d’entraînements qui sont déjà préparés et les mettre à ma sauce. » 

Comme tout footballeur, ton rêve est de devenir professionnel… D’après mes informations, un club britannique t’a contacté, qu’est-ce qu’il voulait exactement, qu’est-ce qu’il t’a proposé ?

« En fait, j’avais fait une détection à Lyon. Une jeune académie de Glasgow qui avait des contacts avec des clubs professionnels comme Glasgow Rangers m’a proposé de venir et d’intégrer leur académie. » 

Pourquoi cela ne s’est pas fait?

« L’académie m’a proposé quelques avantages mais il y avait des inconvénients financiers. Ce n’était pas très avantageux pour moi. L’académie me proposait un contrat d’une année, mais je devais payer 19 000 euros l’année pour l’intégrer. Je n’aurai jamais pu payer cette somme mensuellement. »    

As-tu cherché des aides financières ?

« J’en ai parlé à mes parents. Mais l’académie m’a sollicité aussi par rapport à des banques qu’elle connaissait où elle y avait des avantages. Mais vu d’où je viens je pense que malgré les aides cela n’aurait pas été très avantageux. On ne me promettait pas un bel avenir. Cela aurait été plus à moi de me débrouiller et faire mon petit bonhomme de chemin. » 

Pour toi, ne pas être là-bas est-ce un échec voire un regret ? Comment vis-tu cette situation au quotidien ?

« Forcément, il y un petit coin dans ma tête qui me tracasse. Mais je n’ai pas de regrets. »

Quels sont tes objectifs personnels et collectifs cette saison?

« Dans mes objectifs personnels, j’essaye d’avancer un peu plus dans ma formation d’entraîneur. Si je peux continuer avec le FC Saint-Etienne en tant qu’entraîneur et joueur, je vais continuer. Mais sinon, j’irai peut-être ailleurs dans un championnat plus haut. »

Quand tu regardes le niveau des clubs de la région Rhône-Alpes, comment trouves-tu le niveau du football martiniquais, sincèrement ?

« Je trouve qu’en Martinique on est en retard. On n’a pas spécialement le niveau pour jouer contre des équipes de France. Au niveau des duels et tactiquement ce n’est pas la même chose. Mais on n’a pas mal de bons joueurs! »