La sélection de la Martinique a disputé les 22 et 25 juin derniers la Coupe des Nations de la Caraïbe, chez elle, au stade Pierre Aliker à Dillon. Au final, elle a perdu tous ses matchs.

Certains diront qu’il y avait de plus fortes équipes en face. D’autres diront que les Matinino n’ont pas vraiment eu de chance… Cependant, si nous analysons bien, nous comprendrons que cette sélection a eu quelques lacunes tactiques dans le jeu.

 

Analyse du système de jeu de la Martinique face à Curaçao :

Martinique vs Curacao1
Schéma tactique de la Martinique face à Curaçao: 4-3-3

 

Tout d’abord, le 4-3-3 est un système très apprécié des entraîneurs qui aiment voir le beau jeu. Ce système est clairement conçu pour tous ceux qui veulent avoir la possession du ballon. C’est vraiment un système équilibré. Avec ce schéma, les trois milieux de terrain sont essentiels afin de maintenir l’équilibre de l’équipe. Ils sécurisent davantage les défenseurs et proposent un apport offensif aux trois attaquants en se projetant vers l’avant.

Face à Curaçao, la Martinique a très bien entamé la rencontre. Les milieux gauche et droit (Abaul et Hérelle) ont eu un rôle important dans le jeu. Ils faisaient circuler la balle en cherchant les espaces et sécurisaient en même temps les défenseurs lorsque les Martiniquais n’avaient pas le ballon. On notera que jusqu’à l’ouverture du score (de l’attaquant Yoan Arquin au quart d’heure de jeu) l’organisation martiniquaise a été très correcte.

En fait, les problèmes arrivent lorsque la Martinique mène au score. Elle n’a plus le ballon et subit de plus en plus les offensives curaciennes. L’équipe est alors totalement désorganisée.

Pourquoi?

Premièrement, Kévin Parsemain a commis une erreur. Il n’a pas fourni les efforts défensifs sur son côté droit et a préféré s’associer dans l’axe à Arquin. En principe, il aurait dû, à l’image de ce qu’a produit Steeven Langil à gauche, faire les efforts de marquage en redescendant au milieu de terrain, et ainsi apporter davantage de densité et de solidité aux côtés d’Abaul et d’Hérelle.

Une erreur a aussi été commise par le jeune milieu axial, Christof Jougon, dans ce match. En effet, le Franciscain a joué trop avancé et était constamment en soutien de Parsemain et d’Arquin.

Les Matinino n’ont pas su adapter leur système de jeu en fonction des différents moments de ce match.

En phase défensive, les Martiniquais avaient les capacités de composer un milieu à 5 pour empêcher les constructions curaciennes et récupérer le ballon. Autrement dit, ils auraient dû évoluer en 4-5-1 au lieu de conserver un milieu à 3. Mais le positionnement trop offensif de Parsemain et de Jougon a créé un déséquilibre.

 

 

Analyse du jeu de la Martinique face à la Guyane :

Martinique vs Guyane1
Schéma tactique de la Martinique contre la Guyane: 4-4-2 en losange

 

Face à Curaçao, Jean-Marc Civault a bien remarqué que son milieu de terrain n’a pas été assez compacte. Contre la Guyane, le sélectionneur Martiniquais a mis en place un milieu à 4 plus équilibré défensivement, pensant certainement que les Guyanais allaient faire des attaques placées.

Contre la Guyane, la sélection de la Martinique n’a pas vraiment eu de soucis défensifs. La charnière Delem-Crétinoir a été bonne. En réalité, le problème était nettement l’organisation offensive.

Tandis que la Guyane était bien regroupée, la Martinique proposait, elle, un système de jeu parfait, presque idéal, pour son adversaire. Le problème était le suivant : les Matinino se faisaient contrer facilement par les guyanais car ces derniers se regroupaient très rapidement et serraient les lignes de derrière. Leur assise défensive a été remarquable.

La solution du problème passait naturellement par les côtés. La Martinique aurait dû plus souvent ouvrir le jeu puis déborder sur les côtés pour desserrer les lignes défensives adverses. Avec un système de jeu qui est le 4-4-2 en losange, c’est-à-dire un système composé d’un numéro dix à l’ancienne avec Dominique Pandor, et deux pointes offensives axiales en attaque, le ballon ne peut effectivement passer qu’au centre, où était d’ailleurs placés les défenseurs guyanais qui fermaient les espaces aux attaquants Marajo et Parsemain.

Comme nous l’avons dit précédemment, la solution pour les martiniquais était d’utiliser au maximum les couloirs, comme l’ont d’ailleurs fait les Curaciens et les Guyanais lorsqu’ils ont marqué face à eux dans le jeu.

Afin d’illustrer mes propos, sachez que le deuxième but Curacien de l’attaquant Rangelo Janga, vient d’un centre du côté gauche du numéro 8 Jarchinio Antonia. Même constat chez les Yana Dòkò, le but Guyanais vient d’un centre du côté droit de Rhudy Evens pour Sloan Privat.

 

 

Martinique type
Composition idéale de la Martinique

 

Enfin, la Martinique a de bonnes capacités individuelles grâce à ces meilleurs joueurs locaux (Crétinoir, Abaul, Hérelle, Parsemain…) et à ses renforts professionnels (Delem, Langil, Arquin, Audel…). Cependant, quelque soit l’équipe qu’on aligne, c’est le style de jeu qui anime principalement et qui reste important au football.

La Martinique devrait évoluer en 4-2-2-2 ou en 4-4-2 sans numéro 10 si vous préférez ! Un système équilibré qui reste tout de même ambitieux. Ce schéma tactique demande beaucoup d’animation comme vous pouvez le voir ci-dessus.

Au niveau des placements défensifs, les deux latéraux (Zaïre et Jean-Baptiste) devront être très compactes avec leurs défenseurs. Ajoutons que ces derniers, si possible, devront récupérer le ballon assez haut afin de se mettre en sécurité et relancer proprement.

De même pour les relayeurs. Hérelle et Abaul devront impérativement être soutenus par les deux ailiers Langil et Parsemain afin d’apporter cette densité au milieu que nous n’avons pas vue face à Curaçao en Coupe des Nations de la Caraïbe.

De plus, pour ce qui est du jeu avec le ballon, Langil et Parsemain devront essentiellement utiliser les côtés et non jouer sous les deux attaquants. Le danger arrive des débordements et de centres venant des joueurs de côtés. Notons tout de même que par moment, s’il n’y a pas vraiment de solutions offensives, les latéraux pourraient aussi se projeter vers l’avant pour faire des centres aux attaquants, mais aussi créer des dédoublements aux ailiers.

Pour finir, réaliser toutes ces consignes dépendra du rythme que la Martinique imposera mais aussi de l’intensité du jeu de l’adversaire. Pour arborer de belles prestations en Gold Cup, il est clair que les Martiniquais devront assurer une grosse préparation physique, athlétique, tactique et pouvoir s’entraîner plus régulièrement afin de parfaire l’affinité entre les joueurs.