Elle s’appelle Marie-Françoise RODE! C’est la demi défensive et capitaine de la Gauloise de Basse-Terre : Interview

 

Tu es la capitaine de la Gauloise de Basse-Terre, qu’est-ce que ce rôle signifie pour toi ?

« Le rôle de capitaine de l’équipe féminine de la Gauloise pour moi est un rôle à responsabilité. Quel type de responsabilité ? Une responsabilité vis-à-vis des joueuses par rapport au championnat et aux objectifs qu’on s’est fixés. Mais aussi une responsabilité afin de maintenir la cohésion de l’équipe dans le but d’atteindre les objectifs communs à savoir l’objectif que nous nous sommes fixé qui est le titre au niveau de la ligue régionale féminine de la Guadeloupe. » 

 

Quelles sont les qualités requises pour être une bonne capitaine ?

« Je pense qu’il y a différents types de qualité. C’est d’abord avoir la notion d’esprit d’équipe en permanence. C’est aussi tenir compte de la vie de toutes les joueuses car chaque joueuse a une vie qui lui est propre. Cela peut être tant une vie au niveau professionnel qu’une vie d’étudiante… Donc c’est avoir cet esprit d’équipe, cet esprit de cohésion, cet esprit d’unité du groupe…

Toujours au niveau des qualités, il faut être à l’écoute : Être à l’écoute des joueuses pour pouvoir transmettre les messages tant au niveau du staff, faire monter les messages, que faire redescendre les messages au niveau de l’équipe pour maintenir un cohésion d’équipe afin de répondre à un objectif commun. » 

 

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Parlons de vos prestations sportives, quel est le contexte actuel ?

« Au niveau du championnat féminin, nous sommes deuxième. La première équipe étant le Cactus de St-Anne, nous sommes à un point de la première place. Au niveau de l’atmosphère dans le vestiaire, il y a une certaine motivation car lorsqu’on joue il faut toujours avoir de la motivation. Il y a une solidarité que nous essayons de maintenir. Il y a l’envie aussi de gagner toujours dans le respect des équipes adverses parce qu’il ne faut jamais sous-estimer une équipe quelque soit son niveau dans le championnat. Donc dans notre équipe, on a de la motivation, l’envie de gagner à tout prix en gardant cette unité tout en sachant aussi qu’il y aura des matchs qu’on perdra. Mais il faut également être capable de tirer les leçons de chaque match pour pouvoir avancer. »     

 

La Gauloise de Basse-Terre est donc historiquement un club qui joue le haut de tableau même chez les filles…

« Historiquement, la Gauloise, qui a été créée en 1930, est un grand club mais aussi une grande famille tant au niveau des garçons que chez les filles. Les garçons se battent aussi pour monter au classement et avoir une place honorable. Chez les filles aussi c’est le même combat. La Guadeloupe c’est la région Basse-Terrienne et la région Grande-Terrienne. L’objectif pour nous est qu’un club de la région Basse-Terrienne ait le titre. »

 

Quelle est la différence de la Gauloise par rapport à la Jeunesse Sportive de Vieux-Habitants ? 

« Au niveau de la JSVH, si on parle de la section féminine, ce club n’a actuellement pas d’équipe féminine dans le championnat féminin. La raison est simple. C’est que la plupart des filles qui constituent le club de la Gauloise sont des filles qui sont issues de différents coins et de différents clubs de la région Basse-Terrienne : A savoir Bouillante, Vieux-Habitants, Saint-Claude, Baillif, Trois-Rivières, et certaines filles venaient aussi de Capesterre. Donc, si vous voulez, le club de la Gauloise a fusionné un petit peu toutes ces équipes au sein d’une section féminine de la Gauloise. Et c’est ce dernier club maintenant qui porte le foot féminin au niveau de la région Basse-Terrienne sans oublier bien sûr l’USR de Sainte-Rose et le club sportif de Capesterre. »

 

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Tu es une joueuse expérimentée, objectivement qu’est-ce que tu peux dire sur le foot féminin en Guadeloupe ?

« Je sais que la Ligue Guadeloupéenne de Football fait de gros efforts pour que le foot féminin ait une visibilité un peu plus importante que ce soit au niveau régional qu’au niveau national. C’est vrai qu’il y a beaucoup de travail à faire mais on garde le cap. On commence déjà à retransmettre des matchs par exemple de Coupe du Monde… Je pense que c’est un objectif, pour le football régional, national ou encore international… que le football féminin ait une plus grande visibilité. Je pense déjà qu’au niveau local, la Ligue fait les efforts nécessaires pour que cette visibilité s’accroisse. Les présidents des clubs féminins se battent dur comme fer pour promouvoir et promotionner le football féminin en Guadeloupe. »

 

Quand penses-tu arrêter ta carrière ? Et penses-tu entraîner plus tard ?

« C’est vrai que j’ai déjà plus de 30 ans dans le football. Mon objectif est de terminer cette année avec une place honorable en championnat. Nous avons aussi différents enjeux. Nous sommes non seulement lancées sur la ligue régionale de football féminin mais nous sommes aussi sur la Coupe Mutuelle Mare-Gaillard et sur la coupe régionale féminine. Donc, j’espère pouvoir au moins gagner un de ces trois titres. Je veux terminer ma saison sur cela pour basculer ensuite plutôt du côté du staff et de l’organisation pour justement apporter ma pierre à l’édifice en mettant en valeur le football féminin en le structurant voire en l’organisant. Je veux porter ma petite pierre aussi en portant cet objectif commun à savoir promouvoir le foot féminin au niveau local, national et etc. »

 

Enfin, le vendredi 2 février 2018, il y eu une réunion de sensibilisation contre le harcèlement sexuel dans le sport, organisée par le président de la Gauloise… Quel commentaire peux-tu faire afin de montrer qu’il faut briser ce tabou ?

« Je pense que c’est quelque chose qui dépasse un peu le cadre d’un club. C’est une problématique qui se pose à tous les niveaux, notamment au niveau de la cellule familiale. Tout le monde est responsable. Il faut que chacun de nous communiquions avec nos enfants. Au niveau d’un club, si je parle de la relation joueuses-entraîneur, nous savons qu’une joueuse a son rôle et qu’un entraîneur a son rôle. Si les rôles sont déterminés et qu’à partir du moment où il y a une communication et un respect de l’individu… tout normalement devrait bien se passer. Mais il faut que chacun reste dans son cadre, dans son rôle et bien sûr garder cette notion de respect de l’autre dans la mission de tout un chacun. »

 

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