Après deux ans d’absence à cause du Covid, le Dijon FCO retrouve l’Aiglon du Lamentin et le stade Yves Adèle pour son traditionnel stage de carnaval aux côtés des jeunes Martiniquais. Un rendez-vous annuel que Thomas Fabre espère maintenir.

Interview de Thomas Fabre, responsable de la cellule de recrutement jeunes à Dijon :

Après deux ans sans venir en Martinique, vous êtes de nouveau au Lamentin. Qu’est-ce que ça fait de revenir ici ?

« Ça fait plaisir que les jeunes soient sur les terrains et que les clubs amateurs, notamment l’Aiglon et l’ensemble des clubs de la Martinique, aient tenu le choc parce que ça a été plus difficile peut-être ici qu’en métropole. Nous, on a tenté de garder le lien avec ces clubs. De maintenir une présence à distance et de garder ces projets vraiment en vie parce que ce n’était pas simple. Ça aurait pu disparaître. »

Quelles sont donc les attentes de cette édition ?

« C’est retrouver du plaisir, faire partager notre amour du foot pour les jeunes et revoir des garçons que nous avions identifiés il y a déjà deux ans. Des petits, des moyens, des grands… Le recrutement c’est un petit détail de notre étape. C’est surtout mettre en place une activité ; que les gamins prennent du plaisir et que les éducateurs des clubs martiniquais prennent aussi du plaisir avec eux, tout simplement. »

Concernant les jeunes qui ont déjà été identifiés, quels sont vos avis aujourd’hui ?

« Un peu comme chez nous, les garçons ont été sevrés de football. On ne peut pas dire qu’ils ont régressé, ce n’est pas vrai. Sauf qu’il leur manque de la pratique. Il faut pratiquer régulièrement avec intensité si on veut progresser. On vient de démarrer. On va revoir d’autres garçons sur le milieu et la fin de la semaine. Mais, il y a déjà des garçons qui ont montré de bonnes dispositions il y a deux ans qu’on revoit avec plaisir et ils confirment, donc c’est bien. »

A priori, il y aura-t-il des jeunes qui pourront être détectés et participer à des stages à Dijon ?

« Il faut qu’on soit honnête avec les gamins, les familles et les clubs. On verra 160-180 gamins sur 6 jours. S’il y en a 2-3 qui viennent faire une immersion à Dijon, ça sera le maximum. Je pense que c’est ce qu’il faut dire aux jeunes et aux familles. Ce n’est pas la finalité. Il ne faut pas faire le stage uniquement pour venir en métropole. Il y aura peu d’élus. Il faut surtout que tout le monde prenne du plaisir et progresse. »

Les débuts sont-ils intéressants ?

« Les débuts sont très intéressants déjà parce que le stage existe. Le club de l’Aiglon a gardé des dirigeants et des éducateurs motivés. Le club de Dijon, qui est un club professionnel et qui a aussi des objectifs à atteindre, est encore présent avec le club de l’Aiglon. Donc ça, on s’en félicite. »

Quels sont les autres objectifs à atteindre ? Que visez-vous d’autre ?

« En termes de partenariat, que les licenciés de l’Aiglon en particulier et plus généralement les licenciés de la Martinique viennent régulièrement à Dijon. À priori, ça reste à confirmer, il y a deux équipes de l’Aiglon qui vont venir participer à un tournoi du côté de Dijon au mois de juin pour passer une semaine en immersion, pour s’entraîner sur nos installations. Il y aura aussi des équipes du club de l’ASC Remire de Guyane, présent en même temps. C’est aussi un club partenaire. Et c’est surtout ces échanges qu’on veut maintenir dans le temps. Et non pas venir une fois pour prendre un joueur et ne plus donner de nouvelles pendant des années. Mais vraiment chaque année entretenir une relation vraiment constructive. »

Notons également qu’au mois de juin et de décembre deux jeunes (l’un âgé de 13 ans et l’autre de 15 ans) suivis par le Dijon FCO iront faire des immersions en Bourgogne-Franche-Comté cette année. En juillet 2020, deux jeunes footballeurs formés à l’Aiglon, Travanoé Pirer et Sohan Marie-Joseph avaient rejoint le centre de formation de Dijon.