L’ancien joueur et actuel recruteur de l’agence Athletics Advisors, Olivier Dumbardon veut donner la chance aux jeunes de la Martinique d’accéder aux clubs professionnels. Une opportunité que n’ont pas toujours eu les joueurs de la Martinique dans les années 1970-1980.

Interview d’Olivier Dumbardon, recruteur de l’agence Athletics Advisors :

En quoi consiste ton travail ?

« Avant de répondre à cette question, je tiens à féliciter et à remercier David Régis car sans lui je ne serai pas là et Christophe Puhl avec ses collaborateurs qui m’ont fait confiance pour observer les jeunes de la Martinique, des Antilles-Guyane et de la Dominique aussi. Je me charge du football, du Basket et du Handball et je supervise les jeunes depuis l’âge de 11 ans jusqu’à 21 ans ou plus grands aussi, s’il le faut, pour que ces jeunes puissent partir vers la métropole ou vers d’autres horizons pour jouer au football ou d’autres sports. Je m’attache à cela parce que jeune, je n’ai pas pu avoir la chance d’être suivi. C’est donc quelque chose d’important pour moi. »

Pourquoi Athletics Advisors supervise en Martinique ?

« Ils ont décidé de venir à la Martinique par le biais de David Régis parce que nous avons pas mal de jeunes qui sont très forts, qui ont beaucoup de potentialités et qui passent à côté des fois, alors qu’il suffit d’un rien. David Régis constate qu’il y a pas mal d’étrangers d’Outre-Mer : des Réunionnais, des Guyanais, des Guadeloupéens… Mais provenant de la Martinique, il y en a très peu. Donc, on essaye de faire de notre mieux pour superviser pas mal de jeunes qui ont des potentialités et des qualités athlétiques et footballistiques pour y arriver. »

En tant que recruteur, quels sont tes critères pour dénicher les talents ?

« Il y a pas mal de critères. Vous savez, il y a un jeune qui peut être moyen et, qui à force de travail, peut arriver à performer par la suite. Ou, on peut trouver un jeune aussi qui joue très bien, même si c’est très rare de tomber sur des perles comme ça. Mais, je prends tout le monde, quel que soit le club : comme Ajoupa Bouillon, Grand-Rivière, Saint-Pierre ou Morne des Esses. Je suis d’ailleurs deux joueurs de l’AS Morne des Esses en plus d’un joueur qui est déjà avec nous. Je suis également un petit jeune d’Ajoupa Bouillon qui je pense, en novembre, va signer avec nous. »

Et concernant les critères, regardes-tu la technique, la motivation, la progression… Ce serait quoi ?

« La technique oui d’accord, mais surtout la motivation. Il faut sentir que le jeune ait envie de devenir professionnel et qu’il ait envie d’avancer. Et surtout, il faut être sérieux dans ce qu’on fait. Même si le jeune est issu de parents ou de famille défavorisés… Moi, je les accepte et on va de l’avant. »

Florian Fleury (AS Morne des Esses), Alexis Alcan (Excelsior), Boris Larcher (New Club), Malcolm Curier (PSG U17), Laëtitia Marigny (Amnéville) et une petite Liza qui joue dans un club de Bobigny… Comment as-tu fait pour déceler tous ces joueurs ?

« Lors de matchs de foot, je reste dans mon petit coin, je prends mes calepins, je prends note et je décèle. Le petit Alcan, il faut que j’aille le voir jouer. Il est très bon. J’ai vu Florian Fleury dernièrement au Morne des Esses, il est très bon. Et, Boris Larcher, lui, il va partir bientôt, je pense bien. Ça dépend de l’agent, Monsieur Puhl. Je vais souvent voir des matchs de jeunes. Il y a pas mal de jeunes du Saint-Esprit, du Diamant et du Good Luck, des jeunes d’un peu partout à la Martinique, que je suis énormément. »

Anthony Nasso (Good Luck), Emmanuel Duville-Elismar (Stade Spiritain) et Lenny Lamorandière (RC Saint-Joseph) des joueurs intéressants qui réalisent un bon début de saison… Les suis-tu ?

« Oui, je les suis indirectement. J’ai déjà vu certains d’entre eux. J’ai des contacts qui me parlent d’eux. À ce moment-là, je me déplace pour venir les voir jouer. J’espère qu’ils vont comprendre le projet. Le projet d’Athletics Advisors, de Christophe Puhl et ses collaborateurs, c’est le sportif et la scolarité aussi. C’est donc un ensemble pour les jeunes. Je les suis énormément et je continuerai à les suivre parce qu’il y a des bons et de très bons jeunes à la Martinique. »

En Europe, quels clubs s’intéressent vraiment aux footballeurs martiniquais d’ici ?

« Il y a pas mal de clubs ! Il y a des clubs luxembourgeois ou encore des clubs en Belgique me disait Christophe Puhl. Il y a les Etats-Unis aussi par le biais de David Régis aussi. Ils ont pas mal d’endroits : la Turquie, l’Italie, l’Espagne, le Portugal. L’agent Christophe Puhl m’a dit qu’il y a pas mal de pays en Europe pour qu’on puisse placer les jeunes et les joueurs. »

Qu’est-ce que tu souhaites justement pour cette jeunesse martiniquaise, en tant que recruteur ?

« Je souhaite beaucoup de réussite à cette jeunesse martiniquaise. Je prends un exemple, par le passé, mon frère qui est décédé il y a un an était un très bon joueur dans les années 70. Il y avait une multitude de joueurs qui étaient très bons et ils n’ont pas eu cette chance, par le biais de la Ligue de Football, d’accéder aux clubs professionnels. Donc, si on peut trouver un biais par nous ou par d’autres agents car ce que nous souhaitons, c’est beaucoup de bonheur et de réussite à ces jeunes pour qu’ils puissent transmettre ce qu’ils ont gagné à d’autres jeunes par la suite. »

Olivier Dumbardon tient à rendre hommage à son frère décédé, Germain Dumbardon, surnommé « Lamémé ». C’est cet ancien joueur du Club Colonial qui lui a permis, ainsi qu’à tous ses frères, d’entrer dans la grande famille du football.

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