La « Foot Sa Bèl Caribean’s Jeunes » est un tournoi dédié aux jeunes de U9 à U15, prévu du 19 au 25 avril au Lamentin. Fabrice Joblon, connu comme arbitre en football à 11 et en futsal, en est l’organisateur.
Interview de Fabrice Joblon :
Quel est l’objectif de ce tournoi ?
« L’objectif de ce tournoi est de donner une réelle chance aux jeunes de s’exprimer, qu’ils soient vus, comme nos séniors durant tout un championnat. »
Comment est née l’idée de ce tournoi international, avec la participation d’équipes de Sainte-Lucie et de la Guadeloupe ?
« Ces deux îles m’ont demandé de pouvoir organiser cette manifestation. De là est né le tournoi, à partir de janvier. Ce sera une première édition qu’on va dorénavant mettre en valeur et qui va prendre une plus grande dimension l’an prochain. Cette année, on va faire avec nos jeunes Martiniquais et nos deux îles voisines. »
Combien d’enfants et d’équipes sont attendus pour ce tournoi ?
« Pour ce tournoi : de U9 à U15, c’est 4 catégories (NDLR : U9, U11, U13 et U15), soit 10 équipes par catégorie, ce qui donnerait un total de 520 enfants. »
Monsieur Joblon, vous êtes connu en Martinique pour votre casquette d’arbitre : quel sera votre rôle durant le tournoi à Basse-Gondeau ?
« Je serai simplement l’organisateur. Concernant l’arbitrage, nous avons demandé aux équipes de venir avec un arbitre jeune, parce qu’on veut aussi aider nos jeunes arbitres qui ont un parcours très difficile. Dans les catégories jeunes, ce qui prime chez certains clubs, c’est la victoire, si bien qu’ils s’en prennent assez souvent aux jeunes arbitres. À partir de là, nos jeunes arbitres restent chez eux, et ça ne les motive pas davantage à poursuivre. »
L’arbitrage est un sujet sensible en Martinique. Quelle représentation en avez-vous ?
« Bien que la CRA (NDLR : Commission Régionale de l’Arbitrage) au niveau de la Ligue fasse son travail comme elle peut, il y a des choses qui ne sont pas toujours respectées, malheureusement. La demande des tests physiques des arbitres n’est pas suivie par la totalité des arbitres. Pas mal d’arbitres souhaitent même arrêter à la fin de cette saison. Pourquoi ? Parce qu’il y a plein de choses qui ne sont pas respectées. Les arbitres qui font leurs tests sont mis en arrière, et d’autres qui n’en font pas sont mis en avant. Comme l’a bien précisé le préparateur canadien de la Concacaf, la condition physique est le passeport d’un arbitre. La connaissance est le visa. Il peut avoir le visa qu’il veut, mais s’il n’a pas le passeport, il ne pourra aller nulle part. Forcément, il prendra de mauvaises décisions et sera trop éloigné de la situation. »
Comment y remédier et quelles sont les solutions aux problèmes de l’arbitrage ?
« Nous avons un souci au niveau des arbitres. Le respect de l’un et de l’autre, déjà. Ne pas critiquer un autre arbitre. Au contraire, chercher à l’aider, au lieu de crier sur les toits les performances des uns et des autres. Il faut se performer, comme la Ligue essaie de le faire au niveau de la CRA. Nous avons un grand souci. Au niveau de la Concacaf, nous avons de très grandes performances en théorique et un grand déficit sur la partie physique. Nous avons l’exemple dernièrement lors du stage à Saint-Martin. Nous avons 4 Martiniquais sur les 5 premiers en théorique et 0 sur 5 en physique. Cela démontre exactement la problématique. »
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