Le Conseiller Technique National et Coordinateur technique Outre-Mer, Nicolas Bourdin estime qu’il y a du progrès concernant la formation martiniquaise et évoque les nouveaux axes que la FFF compte développer en Martinique.

Interview du Conseiller Technique National et Coordinateur technique Outre-Mer, Nicolas Bourdin, lors de son passage en Martinique (du 12 au 18 novembre) :

Nicolas Bourdin

Quel regard portez-vous sur la formation martiniquaise ?

« La formation martiniquaise est une formation qui est en évolution constante depuis quelques années. Concernant la formation des jeunes, il y a quelques axes importants sur lesquels on insiste. Par exemple, la Section d’Excellence Sportive, une nouvelle structure qu’on a ouverte l’année scolaire dernière, qui vise à réunir les meilleurs joueurs martiniquais et les joueuses aussi à profil dans ces structures pour qu’on leur donne les meilleures conditions d’entraînement. C’est une structure qui est dirigée par Guy-Michel Nisas et ça c’est un élément important du développement. On travaille beaucoup aussi sur le développement du foot avenir donc la pratique des enfants pour qu’on ait de plus en plus de plateaux de qualité qui soient mis en place partout sur le territoire. Et ça se prolonge aussi avec la structuration et le développement du foot des jeunes ; avec déjà des formes de compétitions qui ont évolué et qu’on peut peut-être faire encore un peu progresser. Mais tout ça, ce sont des éléments importants pour l’avenir du football martiniquais. Puis, c’est bien sûr accompagner la formation des éducateurs, avec de plus en plus d’éducateurs sur des formations délocalisées, un peu sur tout le territoire. On met en place des formations professionnalisantes le BMF cette année avec 18 stagiaires et puis, à partir de la saison prochaine, le niveau supérieur BEF avec les ligues voisines, guadeloupéenne et guyanaise. Une formation qui vise à former les futurs éducateurs jusqu’à la R1. »

Nicolas Bourdin avec les éducateurs martiniquais

La distinction le « Label Jeunes » a été attribué à l’Espoir de Sainte-Luce, au Stade Spiritain, à la l’ASPTT du Lamentin et à l’Emulation de Schoelcher. Pourquoi ces clubs ont-ils eu « le label jeunes » et en quoi consiste ce dispositif exactement ?

« Les clubs récompensés sont forcément des clubs qui sont rentrés dans la démarche et qui ont été accompagnés par la ligue. Donc, s’ils ont été récompensés, c’est qu’ils répondent à un certain nombre de critères qu’on retrouve dans le Label Jeunes. Ce sont des critères autour de quatre dimensions : la dimension associative du club, la dimension sportive, éducative et aussi le projet d’encadrement. C’est le fruit d’un travail de fond de ces clubs-là. En même temps, c’est un accompagnement qui, durant toute la saison dernière, s’est effectué avec la Ligue de Martinique. Donc, ce n’est pas le fruit du hasard. Donc forcément, ces clubs-là sont méritants. Pour autant, bien évidemment, cette opération-là est ouverte à l’ensemble des clubs martiniquais et on souhaite mobiliser de plus en plus l’ensemble des clubs pour qu’ils rentrent dans la démarche et qu’ils aient la volonté de progresser davantage. Quel que soit leur stade de développement actuel, l’idée étant pour eux de progresser et d’atteindre si possible le niveau de labellisation. Mais ce n’est pas une fin en soi. C’est surtout une démarche qui doit être entreprise par les équipes dirigeantes des clubs, mais aussi les équipes d’éducateurs pour que demain, leurs pratiquants et leurs pratiquantes soient de mieux en mieux accueillis et encadrés. »

Le Label Jeunes attribué au Stade Spiritain

Concernant la formation des jeunes footballeurs martiniquais, actuellement, que manque-t-il ?

« Ce n’est pas tant des manques mais des choses à améliorer, comme partout. On travaille actuellement sur plusieurs axes. C’est véritablement développer l’accueil de plus en plus large chez les tout petits puisque pour progresser du mieux possible, il faut commencer le football relativement tôt. Donc, dès les U7-U9, il faut qu’on accueille de plus en plus nos jeunes joueurs, nos jeunes joueuses et qu’on les encadre bien. Donc, c’est le sujet de la formation d’éducateurs, qu’on leur propose des pratiques adaptées. Donc ça, c’est évidemment important pour les garçons et filles. Avec, dans le prolongement, l’orientation des jeunes talents vers les structures et notamment vers la Section d’Excellence Sportive. Et puis, c’est bien sûr travailler sur la formation des éducateurs qui va permettre d’améliorer le niveau général des éducateurs. Et cela va rejaillir sur les clubs. Je l’ai dit tout à l’heure, c’est le sujet de la structuration des clubs, à travers les labels, pour que les clubs soient de mieux en mieux organisés. Ce qui provoquera forcément plus de progrès et une fidélisation qui sera encore plus forte. »

La Section d’Excellence Sportive (SES) au stade Louis-Achille

À l’avenir, il y aura-t-il de la nouveauté ? Qu’est-ce qui est prévu ?

« À la Fédération Française de Football, on a de nouveaux axes sur lesquels on travaille. L’une de nos volontés, c’est véritablement de prendre en compte les besoins des pratiquants. On réfléchit sans cesse sur la manière dont on fait les choses, sur les contenus d’entraînement, mais aussi sur les formes de pratiques proposées, quels que soient les types de publics. Donc, il y a également pour la Martinique un vrai effort à faire sur, par exemple, le développement du futsal en tant que pratique associée chez les petits et chez les jeunes. Le futsal est bien développé chez les adultes. Donc, il faut maintenant passer à l’étape supérieure chez les plus jeunes, puisque c’est une pratique complémentaire qui fait progresser encore plus nos joueurs. Développer aussi, pourquoi pas le beach soccer puisque c’est une activité intéressante et complémentaire. Et puis, on prend aussi un virage sur la pratique du foot loisir. L’idée étant de proposer des pratiques un peu moins régulières pour tous les publics. On pourrait proposer, pourquoi pas demain, des formes de pratique de foot en marchant. Une pratique très intéressante pour les joueurs et les joueuses plus âgés au-delà de 45-50 ans. Il n’y a pas de raison que ces gens-là ne puissent pas continuer à pratiquer le foot et cette pratique-là est tout à fait adaptée et aussi très ludique. Donc, ce sont de nouveaux axes sur lesquels on travaille et qui verront le jour, espérons-le, très prochainement. »

Concernant la formation martiniquaise, deux recruteurs du RC Lens, dont notamment Alaeddine Yahia, ont supervisé plusieurs jeunes joueurs lors d’une séance au Stade Louis Achille à Fort-de-France, le week-end dernier.