Le défenseur du FC Fleury (National 2), William Séry souhaite porter de nouveau les couleurs de la Martinique et veut faire partie du projet de Marc Collat.

Interview de William Séry, international martiniquais et joueur du FC Fleury (N2) :

Depuis 2012, tu es un international martiniquais. Que penses-tu de la sélection de la Martinique d’aujourd’hui ?

« C’est une belle équipe. Après, c’est toujours plaisant de voir ce qui se fait de mieux en Martinique. C’est vrai que je prends du plaisir à les voir jouer et à les voir accéder à la Gold Cup. Maintenant, c’est vrai qu’il y a des changements qui sont en train d’être faits. On a la chance d’avoir un bon entraîneur, Marc Collat, qui était avec Haïti et qui semble vouloir changer les choses. C’est vrai qu’on a la chance d’avoir de bons techniciens et de bons joueurs. Maintenant, c’est le mélange de tout ça. Il faut que ça prenne. Et puis, il faut qu’on fasse des meilleures choses encore sur le plan international. »

Tu souhaites revenir en sélection. Pourquoi ?

« Moi, je souhaite défendre mon île. Pendant ma carrière, j’ai pris beaucoup de plaisir à jouer dans des clubs ou à l’étranger. Mais j’ai pris aussi énormément de plaisir lors des qualifications ou à la Gold Cup avec la Martinique. Franchement, c’était un sentiment incroyable. Je me dis que j’ai encore beaucoup d’énergie, j’ai encore le potentiel et le talent pour pouvoir représenter mon île. J’ai envie de le faire ! J’ai vraiment les crocs. Quand je vois ce qu’on fait, j’ai envie de participer à ces choses. C’est pour ça que je me dis pourquoi pas montrer qu’on est là. Montrer qu’on a envie de bien représenter l’île. C’est pour ça aussi que j’ai envie de revenir. »

Avec Marc Collat, la sélection de la Martinique doit effectuer un stage en région parisienne au mois de mars. Que penses-tu de cette organisation ?

« C’est bien. Ça permet d’avoir un brassage et voir ce qui se passe dans l’Hexagone parce que c’est vrai qu’il y a beaucoup de talents et beaucoup de Martiniquais. Des fois, on peut passer à côté de pas mal de joueurs. Des fois, il y a des joueurs qu’on ne sait même pas qu’ils sont Martiniquais. Donc ce rassemblement permettra de voir plus de joueurs et plus de talents pour donner au sélectionneur les meilleurs choix et avoir toutes les cartes en main pour pouvoir faire la meilleure sélection possible. »

Tu es un joueur d’une équipe de National 2. En règle générale, les clubs de National laissent-ils partir les joueurs en sélection plus facilement par rapport aux équipes de Ligue 1 ou Ligue 2 ?

« C’est difficile. Moi j’ai eu ce problème lors d’une Gold Cup lorsque j’étais en Ligue 2. J’avais été contacté pour faire la Gold Cup et comme nous, on a fait l’accession en Ligue 2, mon président (de Quevilly Rouen Métropole) m’avait dit très clairement qu’il ne souhaitait pas que je sois libéré. Alors qu’à la base, j’avais donné mon accord et au dernier moment j’ai dû désister. C’était en 2017. Comme les enjeux sont plus importants, c’est plus difficile. Les joueurs, des fois, on peut leur mettre la pression et c’est compliqué. Mais à notre niveau (en National), on a aussi cette pression mais elle est moindre parce que la concurrence est moins forte. Même si on part, on sait que si on revient notre place peut être garantie. Je pense qu’elle est là la différence. »

Avec le FC Fleury, ton club, quel est ton emploi du temps type ?

« Nous, on est sous contrat fédéral. Ça fait maintenant 3 ans que je suis à Fleury. Avant ça, j’étais en Turquie et j’étais professionnel en D2 dans un club qui s’appelait Giresunspor qui est maintenant en D1 Turc. Il n’y a pas de contrats professionnels en National 2, c’est que des contrats fédéraux. Mais, on a les mêmes statuts que les professionnels. Tous les matins on s’entraîne. On est payés au foot. On est dans un club qui est vraiment structuré avec un président qui met beaucoup de moyens financiers pour garantir une bonne équipe. On a vraiment que des joueurs qui ont des passés de pros. On a Thomas Gamiette qui est Guadeloupéen et qui a joué pour la sélection de la Guadeloupe. Il y a d’autres joueurs encore qui ont eu de bons cursus professionnels. Le président veut tout faire pour monter. On est actuellement deuxième du championnat. Avec le Covid, on est un peu à l’arrêt. Mais le président a de grandes ressources, les prétentions et l’ambition pour pouvoir monter. »

Tu as déjà évolué en National, Ligue 2 ou encore en Turquie. Aujourd’hui, comment tu évalues ton niveau ?

« J’évalue mon niveau comme un joueur de National. Avant d’aller à Fleury, j’aurais pu jouer en National. Mais, comme je suis Parisien, je ne voulais plus partir trop loin de ma ville. D’un point de vue familial, avec ma fille et mon ancienne compagne, on est rentrés sur Paris. Moi, je pense pouvoir jouer en National. Ça serait bien de jouer en National avec Fleury parce que jouer en National pour jouer en National, à mon âge ça ne m’intéresse plus. Je préfère être dans un bon projet et jouer le haut de tableau que devoir se battre pour éviter la relégation. Ça ne m’intéresse pas. Ça use mentalement. »

Pouvons-nous dire que ton objectif aujourd’hui c’est de disputer la Gold Cup 2023 avec les Matinino ?

« Bien sûr que c’est un objectif ! Au-delà de monter avec mon club, pouvoir disputer les phases qualificatives et la Gold Cup 2023 est un objectif que je me fixe. J’ai envie de le réaliser car je sais que je m’entraîne dur et que les résultats des matchs montrent que je suis présent. Donc, c’est vrai que si je peux intégrer ce projet, ça sera avec plaisir. »