L’international martiniquais, Wesley Jobello nous parle de son intégration à l’US Boulogne et déclare vouloir rejouer avec les Matinino, en juin prochain.

Interview de Wesley Jobello, joueur de l’US Boulogne (National) :

Depuis le mercato d’hiver, tu évolues à l’US Boulogne. Comment se passe ton intégration au club, après être resté plus de 2 ans à Coventry City en Angleterre ?

« Ça se passe bien. Il y a un bon groupe. Le club n’était pas dans une situation idéale quand je suis arrivé. On était derniers. Là, on ressort un peu la tête de l’eau. Concernant le maintien, il reste 5 matchs, 5 finales, pour pouvoir se maintenir en National. »

Quelle est l’importance de ces premiers mois à Boulogne ?

« Pour moi, c’était déjà de retrouver un groupe. Ça s’est mal passé à Coventry, sans rentrer dans les détails. Retrouver un groupe pro, retrouver du temps de jeu et reprendre du plaisir à jouer au football… Ce sont toutes ces petites choses-là qui m’ont manqué ces derniers temps. Pour la faire courte, j’ai retrouvé du plaisir. »

Que retiens-tu de cette expérience anglaise ?

« Ce que je retiens c’est que c’était une bonne expérience malgré tout. J’ai pu apprendre un peu l’anglais, ce qu’était le football anglais et l’ambiance anglaise. Honnêtement, si j’avais eu le choix, je serais resté là-bas très longtemps. »

D’ailleurs durant cette période où tu joues à Coventry City, tu rates la Gold Cup 2019 et celle de 2021 avec la sélection de la Martinique. Ne pas les avoir disputées, ça te reste en travers de la gorge ?

« La première Gold Cup, oui. Avant de signer à Coventry, je leur avais dit qu’il y avait la Gold Cup 2019 et donc tout était préparé. J’étais parti en vacances en Guadeloupe, il me semble. De Guadeloupe, je devais rejoindre le groupe aux Etats-Unis. Tout était plié. Billet d’avion, bagages, paire de crampons… Tout était prêt. Et au dernier moment, il y a mon agent qui m’appelle et me dit que mon club de Coventry ne veut pas que j’aille à la Gold Cup car je serai fatigué à la reprise. Donc, ils m’ont dit de ne pas y aller. C’était soit ça ou ils ne me reprenaient pas. »

Aujourd’hui, la sélection va bientôt disputer la Ligue des Nations. Aimerais-tu faire partie de l’aventure ?

« Bien sûr ! J’en ai parlé avec le coach de toute façon, il n’y a pas si longtemps que ça. Il m’avait déjà appelé en janvier. Du coup, je l’ai rappelé récemment pour lui faire comprendre que j’étais très motivé par la sélection et les échéances à venir. Après, ce sera à lui de faire des choix, mais j’espère être en sélection pour apporter mes qualités et mon expérience au groupe. S’il fait le choix de ne pas me prendre, libre à lui. Mais, j’espère faire partie de l’aventure. J’espère que le coach fera appel à moi pour les échéances à venir. »

C’est Marc Collat l’entraîneur qui a remplacé Mario Bocaly à la tête de la sélection. Comment trouves-tu son idée de renforcer la sélection de la Martinique en convoquant davantage de joueurs professionnels ?

« Je trouve ça très bien parce que quand on regarde les derniers matchs de Gold Cup, forcément, quand tu joues contre une équipe qui n’a que des pros… Nous, on a grand maximum 6 joueurs pros et exclusivement des joueurs amateurs, forcément, la différence de niveau tu la vois directement. Malheureusement, je pense que c’est pour ça que la Martinique n’arrive pas à passer un cap à la Gold Cup et à sortir des poules. Justement, il y a cet écart-là qui fait que c’est très difficile de passer les poules. Il y a un manque d’expérience au niveau pro qui fait qu’on le paye cash. Pour avoir parlé avec le nouveau sélectionneur, il m’a fait comprendre qu’à partir d’aujourd’hui il y aurait un peu plus de joueurs professionnels pour avoir une équipe plus compétitive. Je ne crache pas sur l’équipe qu’il y avait avant comme tous les joueurs qui y sont passé. Mais c’est vrai qu’avoir une équipe plus compétitive avec plus de joueurs professionnels, cela rendrait l’équipe meilleure à tous les niveaux. Que ce soit même au niveau de l’organisation, etc. Après, le problème reste toujours le même. Les clubs ont du mal à lâcher les joueurs en sélection de Martinique. Forcément, tu as plein de joueurs qui veulent venir et peu qui peuvent venir. »

C’est un projet risqué puisque les clubs pros ne veulent pas toujours libérer les joueurs. Avec Boulogne, as-tu la garantie de pouvoir être libéré automatiquement ?

« Honnêtement, je n’en ai pas encore parlé parce que je ne sais pas de quoi est fait l’année prochaine. Tout dépend de ce qui va se passer lors des prochaines semaines. Comme je t’ai dit, il y a 5 finales. Mais en tout cas, une chose est sûre, si mon équipe se maintient ou pas, en juin dans tous les cas je serai disponible pour la sélection. Il n’y aura pas de matchs et je ne vois aucun inconvénient pour qu’on me dise : ‘non tu n’y vas pas’. »

En attendant, début juin, la Martinique va affronter le Costa Rica et le Panama en Ligue des Nations. Quel regard portes-tu sur ces sélections ?

« Le Panama, je ne connais pas trop. Après le Costa Rica, je connais quelques joueurs. Par exemple, Navas, le gardien du PSG. Ça reste de grosses équipes et franchement ça reste de bons matchs à jouer pour nous. C’est également une bonne expérience à prendre. À nous d’élever le niveau pour faire un résultat au Costa Rica. »

La Martinique peut-elle réussir à créer l’exploit face à ces 2 équipes ?

« Entre nous, la vérité du football personne ne la connaît. Ni moi ni toi. On le voit tous les jours à la télévision et même moi dans ce que je vis. Dans le football, tout est possible. Donc pour moi, gagner ce ne serait pas un exploit ce serait notre job et comme j’ai dit, si on a une équipe compétitive… Après, c’est le football. Je ne peux pas te dire qu’on va gagner ou qu’on va perdre. On verra le jour J. J’espère qu’on fera un bon résultat. »