La joueuse du RC Saint-Joseph et ancienne conventionnaire du dispositif Inser’Foot, Sophie Al Jesri souhaite ardemment contribuer à la bonne santé du football féminin en Martinique.

Interview de Sophie Al Jesri, milieu droit du RC Saint-Joseph :

Tu étais l’une des égéries de la première promotion d’Inser’Foot, la saison dernière. Aujourd’hui, que deviens-tu ?

« Aujourd’hui, je suis, pour être honnête, à la recherche d’emploi. En fait, à l’issue du dispositif d’Inser’Foot j’ai quand même eu l’opportunité de suivre des formations dans le marketing digital ou la création de mobiles vidéo. Mais, c’est vrai que trouver un emploi à l’issue d’Inser’Foot, pour moi c’est compliqué parce que dans ce que je recherche on me demande une spécialisation du diplôme ou une expérience. Expérience que je n’ai pas eue. En tout cas, elle n’est pas suffisante pour me créer des opportunités professionnelles. »

Tu souhaiterais donc travailler dans la communication…

« Oui ! La communication, le marketing digital… Tout ce qui est community management. Par exemple, la création de sites web, la visibilité du sport ou du football martiniquais, en fait. »

En septembre 2021, tu nous avais confié avoir des projets pour le football féminin. Quels étaient ces projets ?

« Pour le football féminin, ça aurait été de pouvoir permettre à toutes les équipes féminines en Martinique d’avoir un bon encadrement. De bonnes structures, de bonnes infrastructures, du matériel pour permettre justement aux clubs féminins martiniquais d’avoir de bons cadres et de bonnes conditions pour évoluer. Il y a des clubs qui sont défavorisés par rapport à d’autres. Et puis, améliorer la visibilité du football féminin. C’est vrai qu’on communique beaucoup sur le football masculin, surtout les équipes en R1. Mais, le football féminin, on n’entend pas forcément parler. Il y a des clubs qui sont en difficulté même au niveau des effectifs. Ils sont en manque d’effectif pour pouvoir s’inscrire au championnat foot à 11. Donc, ce serait pouvoir apporter mon aide, ma pierre à l’édifice, sur toutes ces problématiques que rencontre le football féminin, aujourd’hui. »

Et penses-tu avoir la maturité et les compétences pour pouvoir mener ce projet aujourd’hui ?

« Moi, je pense qu’on n’est jamais forcément assez prêt et on manque toujours de maturité ou de compétences pour pouvoir mener à bien un projet qu’on a en tête. Moi, je pense que j’ai ce qu’il faut en tout cas : l’envie, la motivation et la détermination pour pouvoir contribuer à cette prospérité du football féminin. Après, j’ai les bases et je pense que j’ai aussi eu l’occasion grâce au dispositif d’Inser’Foot d’avoir des contacts au niveau de la Ligue et autres pour avoir de l’aide ou des moyens qui me permettront de faire le nécessaire. »

En tant que footballeuse, tu as vu le niveau en France avec plus précisément le FC Saint-Etienne. Comment juges-tu le niveau du football féminin en Martinique ?

« C’est vrai que je n’ai fait qu’une demi-saison avec le FC Saint-Etienne qui est le club formateur de l’ASSE à Saint-Etienne. J’ai eu l’occasion de jouer en R1. J’ai commencé en R2 et ils m’ont ensuite mis en R1. Ça n’a rien à voir avec le niveau d’ici. Je ne dis pas qu’ici le niveau est bas. Je dis juste qu’en termes de rythme, d’intensité, de mental ou de physique… on en manque aujourd’hui en Martinique. Je pense que ça serait une bonne idée de pouvoir permettre à des équipes féminines, peut-être celles qui ont le plus de compétences ou de qualité, de pouvoir rencontrer ou affronter des petites équipes féminines en France pour qu’elles puissent un peu voir ce que c’est et voir ce qu’il manque pour pouvoir faire le nécessaire ici. »

Aujourd’hui, tu es joueuse au RC Saint-Joseph. Quel est l’état d’esprit cette saison au sein de ton club ?

« On n’a pas eu beaucoup de départs. Après, c’est une équipe qui est jeune. Par rapport à nos défaites la saison dernière, on est motivées, déterminées et on se forge mentalement. On se dit que tout est possible et qu’on va faire ce qu’il faut faire pour pouvoir faire partie des meilleures et remporter les victoires cette saison. »

Il a d’autres clubs qui ont performé la saison dernière. Le RC Rivière-Pilote, le Club Franciscain… Comment on trouve la concurrence au RC Saint-Joseph ? Est-ce qu’il y a une forme de crainte ?

« C’est vrai que ce sont des équipes dont on entend parler aujourd’hui. Elles ont fait de beaux recrutements. Moi, je pense qu’elles sont pas mal. Après, je ne pense pas qu’il y a de la crainte en tout cas. C’est plus de l’engouement. On se dit que la bataille va être très belle. C’est vrai qu’il y a des équipes qui seront peut-être lésées et d’autres qui seront aisées. Mais, ça motive. On se dit justement que c’est là qu’il faut tout donner et repartir vainqueur. Montrer que ce n’est pas forcément intéressant sur le papier. Sur le terrain, il faut faire le travail. »

Concernant le football féminin, les 5 prochaines journées se joueront sous forme de plateaux avec des équipes de 8 joueuses pour cause de problèmes administratifs rencontrés par certains clubs.

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