L’entraîneur de l’Inter de Sainte-Anne, Jocelyn Germé, s’exprime au sujet de son équipe et de la situation actuelle du football martiniquais.

Interview de Jocelyn Germé, entraîneur de l’Inter de Sainte-Anne :

Trois jours après le carnaval, l’Inter de Sainte-Anne a gagné de nouveau en Régional 2 face au Sporting Club Lamentinois (0-4). Quelles sont les premières impressions de l’entraîneur ?

« Vous avez dit trois jours après le carnaval… Je ne savais pas. Tiens, c’est bizarre ça qu’on nous fasse jouer trois jours après le carnaval alors qu’on finit le championnat le 20 avril. Vous imaginez ? Dans tous les championnats régionaux de France, on finit en juin. On a joué également la Coupe de Martinique dès le premier week-end de janvier. Je crois qu’il faut comprendre que les jeunes ont le droit de s’amuser et d’ailleurs c’est la période. Après, nous allons rester cinq mois sans jouer et on va se plaindre qu’il n’y a pas de spectateurs ou de qualité de football. Je crois qu’il faut réfléchir quand même et il faut penser autrement. Il faut penser pour les joueurs.

C’est sûr que nous avons la prétention d’accéder à la division supérieure. C’est une épreuve difficile. Même si nous n’avions pas pu nous entraîner convenablement, j’avais dit aux joueurs que tous les clubs de Martinique étaient logés à la même enseigne. Il y avait le carnaval, c’était difficile. Je crois que nous avons affronté une vaillante équipe du Sporting qui à mon avis va faire souffrir beaucoup d’équipes parce qu’ils nous ont gênés. Nous avons dû faire preuve d’expérience et surtout nous avons mis en place la qualité de nos joueurs pour les faire circuler de telle sorte qu’on puisse sortir de leur pressing. Je suis satisfait pour l’instant et comme on dit, step by step, on verra, mais nous souhaitons que ça continue. »

Comment doivent jouer les équipes entraînées par Jocelyn Germé ?

« Nous avons joué notre dernier match contre la Samaritaine le 27 janvier. Il y a 3 semaines. Même si nous avons perdu, nous avons montré qu’il y avait de la qualité. Je crois que nous allons tout faire pour qu’il y ait de la discipline dans le jeu, notamment une discipline tactique, et que nous soyons plus efficaces dans l’utilisation du ballon pour qu’on optimise davantage nos situations. »

Ça fait déjà plus d’un mois et demi que tu es officiellement l’entraîneur de l’Inter de Sainte-Anne. Comment ça se passe au sein du vestiaire et es-tu satisfait ?

« Oui et je pense qu’il ne faut pas être trop exigent. Il ne faut pas oublier que ce sont des amateurs, que le contexte est difficile parce qu’aujourd’hui la situation sociale… c’est la grisaille, dans le pays d’une manière générale. Par conséquent, j’essaye surtout de me mettre à la place des joueurs et de faire preuve d’empathie. Quelques fois, c’est difficile. Nous avons beaucoup de mutés par exemple. Donc, il faut manager, discuter et faire comprendre, mais en même temps avoir une certaine fermeté. La discipline, c’est la force des armées, mais c’est également la force des grandes équipes. »

Parlons plus généralement de la situation des entraîneurs en Martinique maintenant. Il y a eu beaucoup de démissions ces derniers temps. Quel est ton avis là-dessus ?

« Ça m’interpelle et je crois que je ne devrais pas être le seul à être interpelé. Il y a des instances dirigeantes du football martiniquais. Je pense qu’on devrait mettre en place une réflexion là-dessus de telle sorte que tout un chacun puisse comprendre le rôle et la fonction importante de l’entraîneur. Il ne doit pas être le seul à trinquer, à payer les pots cassés, à payer les difficultés de pratique et la contrainte des résultats. Je pense qu’avec beaucoup de communication et avec davantage de moyens pour les entraîneurs, on pourrait faire en sorte que leur équipe pratique le football qu’il faut. Il faut surtout que les entraîneurs puissent atteindre les objectifs fixés par les dirigeants. Mais, je pense que c’est en la faveur d’échanges, de telle sorte qu’on comprenne que c’est step by step. On ne devient pas du jour au lendemain champion de Martinique. L’exemple au plus haut niveau : Manchester City a été champion d’Europe et ça faisait quelques années qu’ils courraient après ce titre. Chaque année, c’était un tour de vis supplémentaire. Donc, je pense qu’il ne faut surtout pas se relâcher. Il faut surtout que les entraîneurs soient accompagnés dans leur mission qui est très difficile. »

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