Le président de la Ligue de Football de Martinique, Samuel Péreau a répondu en conférence de presse aux questionnements de Philippe Diallo concernant une éventuelle adhésion de la Martinique à la FIFA.

Ce mercredi matin, lors d’une conférence de presse, Philippe Diallo a abordé le sujet d’une éventuelle adhésion de la Martinique à la FIFA. Dans le cas où cette situation se concrétiserait, le président de la Fédération Française de Football soulève toutefois divers questionnements : quelle serait la vision d’avenir de la Martinique ? Quelle relation entretiendrait-elle avec la Fédération Française de Football ? Devenir membre à part entière de la FIFA signifierait-il que la Ligue de Martinique déciderait de rompre sa collaboration avec la FFF ? Autant d’interrogations auxquelles Samuel Péreau n’a pas hésité à apporter des réponses franches :

« Depuis 2015, on a toujours dit qu’on souhaitait pour le développement du football martiniquais et l’attractivité du territoire que les jeunes en difficulté et en déviance puissent avoir d’autres repères que les clips jamaïcano-américains. On voulait que les repères sportifs soient différents et qu’on ne soit pas toujours obligés de se tourner vers les vedettes d’Europe. On voulait qu’on ait une référence vis-à-vis de jeunes martiniquais et de jeunes martiniquaises qui réussissent dans le monde sportif.

Aujourd’hui, on veut un double visage. Un visage fédéral et un visage tourné vers la FIFA, comme c’est le cas à Tahiti et en Nouvelle-Calédonie. Eux, ils sont tellement loin qu’ils refusent même parfois d’avoir certains avantages vis-à-vis de ce visage fédéral.

Mais, il n’a jamais été question de rupture avec le football français !

Pour les Martiniquais et les Antillo-Guyanais d’une manière générale, le discours de l’État français et les rapports que nous avons avec la fédération tutelle sont parfois très douloureux. On a l’impression que l’écoute est difficile et qu’on ne nous entend pas.

Nous ne voulons pas de rupture avec la Fédération Française de Football. Nous avons un projet que nous avons toujours présenté à la fédération. Nous voulons développer les infrastructures et cette solution que nous avons mise sur la table depuis 2015 est une solution qui nous permettrait de garder notre dignité et de ne pas être tout le temps à genoux devant l’État français ou la Fédération Française de Football.

Lorsque nous regardons autour de nous, des territoires issus d’anciennes nations coloniales, comme la France, ont leur fédération qui a compris l’intérêt qu’il y a pour les sportifs pour qu’ils puissent avoir des opportunités de compétitions.

Ça ne choque pas les Anglais qu’un jour il puisse y avoir un match entre Montserrat et l’Angleterre. Ça ne choque pas les Hollandais qu’un jour il puisse y avoir un match entre Curaçao et les Pays-Bas. C’est un positionnement géopolitique bien différent par rapport à celui des Français de l’Hexagone, » a conclu le président de la Ligue de Football de Martinique.

Les souhaits formulés par Samuel Péreau ne devraient pas se concrétiser dans l’immédiat, si on en croit les dernières déclarations du président de la Fédération Française de Football.

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