Actuellement en vacances en Martinique, Mickaël Malsa, libre de tout contrat, est revenu sur ses deux saisons difficiles en Espagne et en Turquie, et a exprimé son attachement à la sélection de Martinique.
Interview de Mickaël Malsa, un joueur professionnel martiniquais, actuellement libre de tout contrat :
Aujourd’hui, en vacances en Martinique, Mickaël Malsa, comment vas-tu ?
« Moi, de mon côté, ça va très bien, merci. »
Tu es en train de te ressourcer au pays…
« Pour moi, c’est primordial. C’est la base. C’est ce que je fais chaque année, je rentre voir les miens, mes proches parce que toute ma famille est ici. Pour moi, ça me tient très à cœur de venir me ressourcer en Martinique. C’est ici que j’ai tout fait. C’est ici que ça va continuer et que ça va se terminer. »
Rappelle-nous tes origines martiniquaises…
« Du côté de ma maman, je suis issu de Sainte-Anne, la famille Malsa et sinon du Robert, la famille Désirliste. »
Sur les 2 récentes saisons, tu as évolué à Kasimpasa en Turquie et au Real Valladolid en Espagne où tu n’as pas joué beaucoup…20 matchs disputés seulement. Pourquoi ce faible temps de jeu ?
« Tout d’abord, quand on sort d’une saison pleine avec Levante et qu’au final le club se retrouve en deuxième division, forcément, il y a des décisions à prendre. Le club avait besoin de vendre des joueurs. Franchement, Levante, c’était un super club, mais j’ai dû partir pour pouvoir sauver les finances du club. Donc, je me suis retrouvé à Valladolid. C’est l’équipe qui m’a le plus séduit parce qu’il ne faut pas oublier que Valladolid est le club de Ronaldo, le Brésilien. Donc, comment refuser une offre pareille quand c’est Ronaldo qui vous appelle lui-même au téléphone… Je n’ai pas hésité une seconde, même si je n’avais pas très envie d’aller à Valladolid. Après, j’ai pris la décision d’aller là-bas, mais dès mon arrivée, ça ne s’est pas passé comme prévu. J’ai bien vu que j’étais voulu par la direction, mais en ce qui concerne le staff technique, ce n’était pas le cas. Je n’étais pas le seul joueur dans ce cas de figure. Mais, dans le foot, il faut se préparer aux moments forts et aux moments moins forts. Et, c’est ce que j’ai fait. J’ai continué à travailler parce que c’est le plus important pour se maintenir physiquement.
À la trêve hivernale, j’ai pris la décision de partir en prêt pour retrouver du temps de jeu à Kasimpasa, en première division en Turquie. Dès mon arrivée là-bas, en ayant eu un faible temps de jeu à Valladolid, j’ai retrouvé directement mes marques parce que, quand je suis arrivé là-bas, j’ai rapidement joué tous les matchs jusqu’à la fin de la saison. Malheureusement, durant cette période de prêt, Valladolid est descendu en deuxième division. Je ne souhaitais pas retourner au Real Valladolid. Mais, comme j’étais prêté, j’étais dans l’obligation de retourner dans mon club.
C’est clair, durant la pré-saison, j’ai souhaité partir. Dans le foot, quand ça se passe mal dans un club et qu’on souhaite partir, forcément, il y a des clashs avec le club et c’est ce qui s’est passé pour moi. Au final, je me suis retrouvé vite à la cave. Ce qui a fait que le club a pris la décision de m’écarter du groupe. Après, j’ai continué à m’entraîner avec le groupe, j’ai continué à être présent pendant les matchs, mais sur le banc, en participant à quelques matchs avec pas beaucoup de temps de jeu… Je me suis accroché, car mon mental est fort. Je sais d’où je viens. Je sais où j’ai grandi. Pour moi, ce ne sont que des épreuves.
À un moment donné, pour éviter tout problème, toute confusion, on a pris la décision mutuelle, le club et moi, de résilier le contrat même s’il me restait deux années de contrat pour ma santé mentale tout d’abord. La santé mentale, c’est très important. Valladolid a continué à bien bosser pendant la saison. Ils ont été promus en première division. Je leur souhaite le meilleur.
Moi, je suis plus penché sur le futur. J’attends de voir les offres qui vont se présenter à moi. Pour l’instant, je ne suis pas inquiet. C’est le foot et j’ai fait ce qu’il fallait pour arriver là. Maintenant, je connais un peu le milieu. »
As-tu des contacts avec certains clubs déjà ?
« Effectivement, j’ai pas mal de contacts. C’est vrai que j’aurais souhaité rester en Europe. Mais après ce que j’ai fait, il est vrai qu’il y a beaucoup de pays dans le Golfe, c’est-à-dire les pays arabes, qui font appel à moi. Des pays asiatiques, comme la Chine et le Japon. Aussi, aux Etats-Unis. Mais, pour l’instant, pour mon bien et pour le bien de ma famille, je préfère prendre le temps et prendre la bonne décision pour pouvoir choisir. »
On t’a remis le maillot de la sélection de Martinique, le maillot du peuple. Ça fait quoi de recevoir ce maillot ?
« Pour moi, ça fait très plaisir parce qu’il est vrai que la sélection de Martinique est dans mon cœur et restera dans mon cœur à tout jamais. C’est une sélection que je porte dans mon cœur depuis tout petit. Maintenant, à l’âge de 28 ans, je me rends compte que le temps passe super vite. Je me rappelle ma première sélection, c’était il y a 10 ans, quand j’avais 18 ans et j’évoluais encore à Sochaux. Franchement, ça fait toujours plaisir. »
Pourquoi on ne te revoit plus en sélection ?
« Quand on change pas mal de clubs, quand on voyage, on cherche d’abord la stabilité en club. Forcément, le temps de s’installer dans un club, ce n’est pas facile de dire au club que je pars en sélection de Martinique, sachant que la sélection n’est pas FIFA. Donc, il y a beaucoup de questions qui se posent au sein du club, sur ce qui peut se passer en sélection… Donc, je mettais en priorité le club. J’ai refusé pas mal de sélections parce que je suis toujours en contact avec le sélectionneur. On parle assez souvent. Mais quoi qu’il arrive, je tenais à vous le dire, vous me reverrez en sélection, soyez-en sûr. La sélection, je la porte dans mon cœur. Je ferai tout pour y retourner. »
Comment perçois-tu la sélection d’aujourd’hui ?
« J’ai débarqué en sélection il y a dix ans. Il y avait beaucoup de joueurs locaux et au fil des années j’ai remarqué que ça avait beaucoup évolué. Le staff avait beaucoup évolué. Maintenant, la sélection est beaucoup plus structurée et vraiment ça donne très envie d’y retourner. J’incite et encourage tous les joueurs antillais qui sont à l’étranger de ne pas négliger la sélection parce qu’il y a vraiment de quoi faire. Il y a de très bons joueurs. »
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