Mercredi après-midi, la section féminine de l’Excelsior a organisé une détection et un match sur le terrain synthétique de Louis Achille, destinés aux jeunes filles de 10 à 15 ans qui souhaitent se lancer dans le foot. L’occasion de tendre le micro à Maëva Souraya, l’entraîneure de l’équipe.

Interview de Maëva Souraya, coach de l’Excelsior féminin, lors de la détection de jeunes filles (10 à 15 ans) organisée par le club :

Pourquoi cette initiative ?

« On a décidé de faire une détection de filles de 10 à 15 ans dans un premier temps. On est en train de créer justement notre section féminine seniors. On va rentrer dans le championnat la saison prochaine. Étant donné qu’on avait déjà fait une détection de seniors, là, on a décidé de faire une détection pour les plus jeunes dans le but de les former déjà. On a vraiment un projet sur le long terme pour vraiment créer une section féminine solide et commencer l’enseignement dès le plus jeune âge. »

L’objectif sera donc de jouer dès la saison prochaine. Comment se passent les semaines d’entraînement ?

« On a pris l’initiative de créer cette section l’année dernière, au mois de juillet. On n’est pas rentrées directement dans le championnat, et c’était volontaire, parce qu’on s’y est pris un peu avant la rentrée de la saison. On a tout simplement décidé de se donner un an pour prendre le temps de bien faire les choses, de bien se préparer physiquement et de bien travailler la cohésion d’équipe. On part vraiment de rien. Donc, là, c’est le recrutement et la formation de joueuses. Notre but, c’est vraiment d’arriver dans le championnat l’année prochaine, préparées.

La semaine type aujourd’hui : on part sur une base de deux entraînements par semaine, le mercredi et le vendredi, pendant deux heures. Si on peut parfois faire des séances le week-end ou en extra, par exemple à la plage pour changer et travailler un peu plus, on part sur des choses comme ça également. »

À l’heure où l’on parle, l’Excelsior féminin, chez les seniors, compte combien de joueuses ?

« On ne pourrait pas vraiment quantifier parce qu’on n’est pas officiellement dans le championnat. Donc, il y a des licenciées et des non-licenciées. Mais on a quand même un bon effectif d’une vingtaine de joueuses licenciées, sans compter les non-licenciées. »

Il y a combien de joueuses aux entraînements ?

« En général, on est quand même une dizaine. Franchement, ça se passe bien. On peut travailler, et on fait de belles séances. On a quand même un effectif suffisant pour… »

Il y a aussi du recrutement qui va s’annoncer parce que 10 joueuses aux entraînements, ce n’est peut-être pas suffisant… Avez-vous déjà contacté certaines joueuses d’autres clubs ?

« Oui, on a contacté certaines joueuses. Comme on a décidé de placer le projet la saison prochaine, on ne s’est pas précipité forcément. Mais on a déjà des recrues, des filles intéressées, qui sont toujours dans leur club, mais qui sont censées nous rejoindre pour la saison prochaine. Franchement, on fait le boulot. On cherche, on recrute, on fait souvent des détections… Donc, oui, on travaille. »

Ça va piocher où ? Au François, au Club Colonial, à l’Entente Assaut-RCSJ ?

« Non, on ne va pas piocher en particulier dans certains clubs. Après, c’est vrai, on a plus tendance à aller vers les clubs qui sont en sous-effectif ou qui réalisent des ententes, forcément, mais c’est vraiment au pif. Notre but, ce n’est pas de récupérer les meilleures joueuses. C’est vraiment d’avoir un bon effectif avec un peu de tout, avec des joueuses qu’on puisse faire travailler et pas forcément être là pour la gagne. De toute façon, c’est un projet qui se prépare sur plusieurs années et pas forcément en si peu de temps. »

Et le projet, c’est aussi la section féminine jeune, essentielle pour avoir une bonne équipe seniors pour les années futures…

« C’est exactement ça ! C’est pour ça qu’on a fait cette détection de 10-15 ans, parce qu’on veut vraiment commencer le travail en amont et non pas partir sur des joueuses qui ont un certain âge et les forcer à… On veut vraiment commencer ce travail depuis jeune et aller en progressant. »

Il y a beaucoup d’éducateurs en Martinique qui m’ont dit que tu étais une superbe joueuse quand tu jouais… Peux-tu confirmer ces dires ?

« Effectivement, c’est vrai que je ne suis pas mal. J’ai joué pas mal d’années en sélection de Martinique quand j’étais beaucoup plus jeune et plus sérieuse, on va dire. Oui, c’est vrai que j’ai quand même un assez bon niveau. »

Est-ce que tu as les épaules pour coacher maintenant ?

« Je pense que oui. Sinon, je n’aurais pas accepté le job. Il faut savoir que je n’ai jamais été coach et quand j’ai été sollicitée, ça a été déjà un honneur et un challenge pour moi. Franchement, j’ai accepté direct ! Je me suis dit : banco, on y va. On va faire le travail pour. »

Quelle est la philosophie de jeu et la philosophie de vie de Maëva Souraya ?

« Nous, on n’est pas forcément pour la gagne, on est vraiment sur un projet à long terme, donc forcément, pas avec des résultats immédiats. En termes de philosophie, c’est vraiment prendre son temps et faire les choses correctement. Ne pas se précipiter, comme certains clubs qui veulent tout de suite créer la section, rentrer dans le championnat et, au final, qui vont se prendre des 10-0. Nous, on préfère rester peut-être un an, deux ans, trois ans sans être dans le championnat et rentrer prêtes à jouer. »

Même si l’objectif quand même est de débuter la saison prochaine…

« Oui, l’objectif pour nous reste quand même de débuter la saison prochaine, bien sûr. »

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