Ce mercredi, Fabien Mercadal, le nouveau sélectionneur de la Martinique, s’est exprimé en conférence de presse sur ses projets pour les Matinino.

La conférence de presse de Fabien Mercadal :

Qui est Fabien Mercadal ?

« Je suis un entraîneur de football issu du monde professionnel, même si je viens du monde amateur au départ. J’ai une histoire particulière. J’ai coaché dans de nombreux clubs, de la CFA de l’époque jusqu’à la Ligue 1, en passant par l’étranger, aussi en Belgique. Je suis originaire des Alpes-de-Haute-Provence, très joli territoire. Je suis Corse aussi d’origine, donc insulaire. Je suis aussi Minorquin, une petite île des Baléares. J’ai 53 ans et je suis évidemment très fier et heureux de me retrouver à la tête de cette sélection. J’avais besoin de retrouver le terrain, et le vrai terrain, celui où on a besoin d’être confronté à un adversaire pour avoir des résultats. J’ai trouvé le projet vraiment alléchant pour plein de raisons. »

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rejoindre la sélection de Martinique et quelle représentation avez-vous du football martiniquais en général ?

« Je vais être honnête, c’est un ancien joueur à moi qui m’a appelé. Il m’a dit que la sélection de Martinique cherchait un sélectionneur et qu’il fallait postuler. Je lui ai dit que c’était une bonne idée. Je l’ai étudiée et j’ai aimé le projet. Je sais que ce joueur a un gros sentiment d’appartenance à la Martinique. Ça m’a touché et ça m’a sensibilisé.

Sinon, le joueur martiniquais, pour moi, c’est quelqu’un qui est athlétiquement prêt et souvent engagé quand il joue, avec une belle mentalité. C’est évidemment une idée générale, mais c’est comme ça que je vois ces garçons-là. En termes de mentalité, c’est ce qu’on recherche dans le football moderne, et c’est le plus dur : avoir des garçons avec de bonnes mentalités. Je suppose que les Martiniquais ont ça.

Après, le championnat, je ne le connais pas plus que ça. Je commence à l’appréhender. Je verrai des matchs ce week-end et j’en verrai souvent par rapport à l’organisation qu’on a mise en place. Je commence à connaître les joueurs un peu phares. Je découvre peu à peu le football martiniquais. »

Que pouvez-vous apporter de plus pour permettre à la sélection de Martinique de franchir un palier ?

« Je me suis documenté mais, bien sûr, je ne maîtrise pas toutes les composantes. Justement, j’ai un appui important avec le staff, on échange beaucoup pour essayer d’appréhender le sujet. L’idée est de pouvoir laisser espérer aux jeunes garçons qui jouent sur le territoire de pouvoir intégrer la sélection. Pour qu’ils puissent y croire, il faut qu’on suive les joueurs locaux afin qu’ils sentent qu’ils ont une chance d’évoluer en sélection.

Ce sont les jeunes qui nous intéressent, et c’est grâce à eux qu’on pourra tirer des choses. Ensuite, il y a des joueurs qui ne jouent pas en Martinique, mais qui sont Martiniquais et qui peuvent aussi apporter une certaine expérience du football professionnel.

C’est à ce titre que je suis là. Je suis issu du monde professionnel et donc j’ai cette connaissance-là. Je pense que mon histoire, avec mes expériences dans toutes les divisions, fait que je peux être reconnu pour apporter un plus à l’équipe dans un environnement collégial et collectif. Après, il y a aussi le management. Mais mes particularités, ce sont celles-là. »

Quelles sont les relations que vous entretenez avec les clubs professionnels et les joueurs professionnels martiniquais ?

« On a déjà listé les joueurs possiblement sélectionnables. Dans tous les clubs, on a des collègues. Moi, j’ai déjà rencontré des entraîneurs de Ligue 2 plus expérimentés, donc forcément, dans ces divisions-là, on connaît du monde. L’idée est d’avoir une entrée pour pouvoir se connecter avec les joueurs pros, les convaincre et, s’ils le méritent, les convoquer pour défendre les couleurs de la sélection.

On a fait un état des lieux et on sait qu’on a des joueurs professionnels. On veut que l’équipe soit complémentaire entre joueurs locaux et pros. Il y a des postes qui manquent un peu et on va rechercher des joueurs à certains postes. »

Comment allez-vous gérer les regroupements ?

« On a un planning sur deux ans. Je serai présent en Martinique une fois toutes les cinq semaines, entre 10 et 15 jours. Il y a les dates FIFA, mais j’essaierai d’être toujours là une semaine avant pour garder un lien avec les coachs et les joueurs du territoire martiniquais, afin de les connaître parfaitement. Aujourd’hui, c’est important de le dire : un joueur qui évolue en Martinique et qui a sa place en sélection doit jouer. L’erreur serait de ne pas connaître ces joueurs. Il ne faut pas faire venir quelqu’un de l’extérieur sans prendre en compte ceux qui sont ici. Mais ce serait un manque de respect de faire jouer uniquement un joueur parce qu’il évolue en Martinique. C’est ce compromis-là qu’il faut trouver pour que l’on puisse défendre au mieux les couleurs de la Martinique.

On a déjà travaillé sur le prochain rassemblement et on ne veut en aucun cas se substituer aux coachs qui travaillent en club. C’est tout simplement avoir des possibilités de mettre en place notre projet. L’idée est de mettre en place un projet de jeu vraiment puissant. C’est notre fantasme. Et pour ça, il faut que tout le monde soit préparé : les joueurs locaux ou les joueurs qui évoluent hors de l’île. Ces moments-là doivent permettre ça. Les joueurs s’entraîneront lundi, mardi et mercredi avec la sélection. Le jeudi, ils retourneront dans leur club car ils ont des matchs à préparer aussi. Et on ira les observer dans leur club. En amont de tout ça, on convoquera les coachs pour leur proposer cette idée et pour qu’on puisse travailler ensemble. L’idée générale sera de mettre en place un projet de jeu et il faut que les joueurs se retrouvent ensemble pour pouvoir le maîtriser. »

Quel concept avez-vous du football ?

« Je pense qu’on ne peut pas monter de projet sans connaître les joueurs. C’est comme ça que je vois les choses. Je veux valoriser les joueurs par le collectif. Il faut trouver les particularités de nos joueurs et les mettre en valeur. En contrepartie, je veux que les joueurs mettent un investissement total. Je suis très orienté sur le sentiment d’appartenance, je mets le collectif au-dessus de tout. J’ai toujours fonctionné comme ça. Mon football est agressif. J’ai envie d’imposer des choses à l’adversaire, comme être capable d’imposer un bloc bas parce que l’adversaire est meilleur ou lui imposer des transitions. Je ne supporte pas de subir, que ce soit dans la vie ou sur un terrain de football. Voilà un peu ma philosophie sur un point général. Mais, pour parler du projet de jeu, j’ai besoin de connaître un peu plus les joueurs pour me faire une idée de ce qu’on veut mettre en place et mettre en valeur. »

Avez-vous eu des échanges avec des anciens membres de la sélection ?

« J’ai appelé Marc Collat par politesse. J’arrive après lui et je trouve normal de l’appeler pour le remercier de tout ce qu’il a fait. Je n’ai pas l’impression d’hériter d’une terre brûlée. On a parlé longuement. Il a été très positif et m’a donné des conseils. Michel Mospinek, je suis souvent en contact avec lui. On est sans arrêt en contact. J’ai eu Frédéric Piquionne aussi et j’ai évidemment rassemblé les informations. Elles ont souvent été positives, toujours dans l’envie d’amener un plus. Ce que j’ai retenu de plus positif, c’est que le groupe humainement est top. Et ça, je me dis qu’on peut bien bosser. Quand le groupe n’est pas top, on a uniquement le talent individuel. Moi, je veux que le groupe soit une force collective. »

Que retenez-vous de votre carrière à ce stade ?

« Pour moi, il ne faut jamais se mettre de barrières. J’ai commencé ma carrière à 29 ans et j’ai repris une équipe qui allait être reléguée. Et on l’a maintenue. Il ne faut jamais penser que ce n’est pas possible pour réussir à atteindre ses objectifs. Pour les atteindre, il faut aussi travailler. Je suis d’ailleurs très content du staff. Il paraît disponible et présent. En travaillant, on a beaucoup plus de chances de réussir que lorsqu’on ne travaille pas. C’est la base et c’est ce que je retiens de ma carrière. »

Quels matchs allez-vous voir ce week-end ?

« Ce week-end, on va en voir deux : RC Saint-Joseph vs Club Péléen et Club Colonial vs US Riveraine. J’ai prévu aussi de voir deux autres matchs lorsque je reviendrai en Martinique à la fin du mois d’octobre. »

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