Le sélectionneur de la Martinique, Fabien Mercadal, évoque ses choix de joueurs convoqués et souhaite transformer le travail en résultats.

Interview de Fabien Mercadal avant le voyage en République dominicaine :

C’est la mauvaise nouvelle du jour : Mickaël Biron est finalement absent de la sélection de Martinique pour ce rassemblement…

« On est déçus, et lui aussi d’ailleurs. Je l’ai eu au téléphone il y a deux jours. C’est une problématique venant du club. Dans un premier temps, il y avait l’accord, et dans un second temps, le coach n’a pas voulu le laisser partir. On n’a pas véritablement les explications. Il n’est pas retenu dans le groupe pour jouer avec son club. Le coach a voulu le garder quand même pendant la trêve internationale. Est-ce que c’est pour le relancer ? J’espère pour lui. »

Dans la liste, il y a des surprises : la présence de Carlo Rabathaly, joueur de Régional 2, et les absences de Karl Vitulin et Daniel Hérelle… Pourquoi ?

« Karl et Daniel, c’est une raison professionnelle. Ils n’ont pas réussi à se libérer par rapport à leur boulot. Mais sinon, ils auraient été retenus, très clairement. Donc, ce n’est pas une raison footballistique, c’est un problème professionnel. Carlo Rabathaly, c’est ce que je dis depuis le début : je ne regarde pas le niveau, je ne regarde pas l’âge, je regarde juste les qualités du joueur. Il a répondu présent. J’ai trouvé qu’il avait fait un vrai match intéressant contre la Jamaïque. On a fait aussi l’opposition contre les All Stars, et je l’ai trouvé, encore une fois, très intéressant. C’est quelqu’un qui est capable de défendre, qui va vite et qui a une relance sûre. J’aime bien. »

On note les retours de Boris Moltenis, Joris Moutachy et Kevin Appin. Les absences de Théo De Percin, Jonathan Varane et Brighton Labeau : est-ce des choix sportifs ?

« Jonathan, il a été blessé. Il est en reprise et il force un peu avec son club. Il nous a paru judicieux de le laisser se reposer pendant cette trêve. On le connaît, on l’a vu, on sait qu’il est très attaché à la sélection. Bien sûr, il sera avec nous pour les prochaines échéances.

Brighton, c’est un problème personnel qui l’a empêché de venir. Pas très grave, mais quelque chose qu’il devait régler. Il nous a demandé l’autorisation de rater le rassemblement.

Théo, il joue un peu blessé. Donc, il a un petit problème aux ischios. Et le gardien Donovan Léon s’est fait expulser au bout de 8 minutes. Il a joué. Donc, dans tous les cas, on ne l’aurait pas eu.

On a Yannis Clémentia qu’on n’arrive pas à avoir parce qu’il y a un blocage du club. Alexandre Duville-Parsemain a rejoint ce même club, donc il ne peut pas venir non plus. Blocage du club.

On a d’autres joueurs qui vont nous rejoindre et qui nous ont donné leur accord. Mais ils avaient des petits soucis de blessure et ne pouvaient pas encore venir. On a étoffé la liste.

Aussi, ça a été très dur d’avoir Kévin Appin. Un vol a été annulé cette nuit, et on a réussi à changer l’horaire le concernant. Mais, jusqu’au dernier moment, ça a été compliqué. C’est le lot des sélections. »

Bonne nouvelle : il y a un nouveau ! Janis Antiste est présent. Pourquoi l’avoir sélectionné ?

« C’est un bon joueur. Je l’avais contacté au tout début. J’avais contacté une quarantaine de joueurs. Il m’avait dit : ‘le jour où je me sens, coach, je vous rappellerai.’ Sur mon ordinateur, j’avais noté que j’avais senti quelque chose. Il nous a rappelés il y a un petit mois en nous disant que, si on le désirait le sélectionner, qu’il était partant. On l’a fait. Je le connais depuis longtemps. Je l’ai affronté pendant qu’il était à Toulouse. Il était tout jeune. C’est un garçon de qualité, c’est un joueur offensif. C’est une bonne chose pour nous. Il joue au Rapid Vienne. Ils ont gagné 1-0 contre le Red Bull Salzbourg il y a 15 jours, et c’est lui qui a marqué le but de la victoire. C’est quelqu’un qui sait être décisif. C’est quelqu’un qui fait beaucoup d’efforts sur le terrain. Je suis très content qu’il nous rejoigne. »

Quel type de joueurs n’ont pas pu venir ?

« On a un milieu récupérateur qui joue à Trabzonspor, Tim Jabol-Folcarelli. Je le connais depuis qu’il était à l’AC Ajaccio. Il a un problème au talon, donc il joue sous piqûre. Il préfère profiter de la trêve, et je trouve ça logique, pour récupérer aussi. Mais on sait qu’on peut compter sur lui, car il nous a donné son accord. Il sera là quand on aura besoin de lui.

Il y en aura d’autres. Ce n’est pas tout à fait finalisé. Je n’ai pas envie de partir au hasard. On a mis en place une stratégie. Elle est d’étoffer la liste et de vraiment brasser beaucoup de joueurs et de choisir. On a choisi énormément de joueurs qui évoluent en Ligue 1 ou en Ligue 2. Il y a très peu de joueurs qui évoluent dans les niveaux en dessous. On sait qu’on est tributaire du fait que, notamment en France, la sélection n’est pas forcément respectée par les coachs. Au niveau amateur, il n’y a pas de trêve internationale. C’est un peu dur.

Il faut signaler que Le Mans a refusé que deux joueurs viennent. Ce n’est pas facile et il faut lutter alors que la trêve, ils y ont droit aussi. On essaiera de les recontacter. Aujourd’hui, on a une vingtaine de joueurs potentiels et on va essayer d’étoffer encore. Pendant ce stage-là, j’espère qu’on va montrer sur le terrain qu’on a progressé et j’espère qu’on pourra s’attaquer aux derniers joueurs qui évoluent au plus haut niveau. C’est ce que j’avais mis dans mon étalonnage. »

Quelles sont tes attentes pour les deux matchs face à Cuba et au Salvador ?

« Encore une fois, on ne gagne pas par hasard. On gagne si on s’améliore dans le projet de jeu. On a mis en place un projet de jeu. Je sais que les observateurs et les coachs, avec lesquels j’échange beaucoup, commencent à voir des choses. Ils me le disent. Sur le terrain, il y a des repères collectifs, et c’est ça qui va nous protéger d’éventuelles absences de dernière minute. Que les joueurs soient dans quelque chose qui nous protège. Ce que j’attends, c’est qu’on progresse encore dans notre projet de jeu et qu’on le valide par des résultats. On en a besoin. On sent qu’on n’est pas loin à chaque fois, mais pour l’instant, on n’y est pas. Donc, il faut qu’on arrive à le valider dès cette session-là. »

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