Johan Laviolette a décidé de stopper l’aventure au RC Rivière-Pilote et souhaite s’inscrire dans un projet lui permettant de progresser dans sa formation d’entraîneur.

Interview de Johan Laviolette, aujourd’hui sans club :

C’est un peu la nouvelle du jour, tu ne seras plus l’entraîneur du RC Rivière-Pilote la saison prochaine…

« Oui, on a décidé de ne pas poursuivre la collaboration avec le Racing Club de Rivière-Pilote pour la saison prochaine. Mais on est vraiment content du travail accompli, on a atteint les objectifs sportifs. Après, ce qu’on souhaite au Racing, c’est le meilleur pour la suite. »

Pourquoi ne pas continuer ?

« Dans mon parcours, ce n’était pas prévu d’abord d’arriver au Racing. J’arrive en novembre où, dès le départ avec le club, les choses sont claires : ma mission est de ramener le Racing en R1. Après, on fait un bilan et on a fait le bilan. La décision a été prise par moi : ne pas poursuivre l’aventure. »

Le bilan est pourtant positif, c’est la montée en Régional 1. Ça devrait donner envie justement de continuer l’aventure..

« Franchement, la saison a été très belle. Ça a été une saison très difficile. Au départ, quand j’arrive au Racing, ils sont sur deux défaites consécutives. La première interview que je fais, je dis qu’il faut ramener une âme à cette équipe pour justement qu’on arrive à obtenir cet objectif. Journée après journée, on a amené cette âme dans le club. Autour de nous, il y avait des sourires. Il y avait plein de belles choses et on est content surtout du travail accompli au sein d’un grand club comme le Racing Club de Rivière-Pilote. »

Comment décrire cette montée ?

« Ça a été formidable ! Je l’avais déjà connu avec le Vauclin. C’était déjà bien. Connaître ça avec le Racing et notamment avec un joueur comme Gaëtan Sidney qui avait connu la descente… Les voir contents, souriants. Surtout que l’année d’avant ils s’étaient arrêtés au barrage car ils avaient perdu. C’était important d’amener de la joie dans ce grand club du sud de la Martinique. »

Même s’il y avait de la joie, je suppose que tout au long de la saison, ce n’était pas forcément évident… D’un point de vue extérieur, on a l’impression qu’au sein de ce club-là, il y a beaucoup de tension et que le poids du maillot se ressent… Est-ce vrai ?

« Oui ! Déjà, au niveau de la ville en elle-même. Il faut savoir que Rivière-Pilote est une ville où le Pilotin a envie que sa commune soit toujours meilleure. Des fois, quand on n’a pas le résultat escompté, ça peut amener une déception. Avant d’arriver au Racing, l’expérience que j’ai eue aussi au Club Franciscain avec Guy-Michel Nisas, qui m’a beaucoup aidé dans la manière de structurer mes entraînements, m’a permis aussi de prendre du recul par rapport à l’environnement et de trouver les solutions pour ramener cette équipe vers un seul objectif malgré les tensions qui auraient pu exister dans ce club. »

Et aussi, une ville comme ça crée des joueurs à fort caractère…

« C’est normal. De toute façon, ce n’est pas qu’au Racing. Dans tous les clubs de Martinique, je pense qu’il y a des joueurs de caractère et il faut en avoir ! Il faut savoir les gérer et c’est important. Il faut leur expliquer que sur ce match-là, tu vas jouer un peu moins… On a quand même un groupe de 25 joueurs et les 25 veulent commencer. On sait qu’on a un choix à faire et qu’il y aura des déçus. Mais l’avantage était surtout de penser à l’équipe, aux résultats de l’équipe et à l’objectif de l’équipe. C’était ça ma priorité. »

Au RC Rivière-Pilote, il y a de forts égos, il y a même le président qui joue et ce n’est peut-être pas évident… Est-ce que c’est tout ça aussi qui t’a poussé à ne pas forcément continuer ?

« Je pense surtout à la notion de formation. Actuellement, je peux entraîner en Régional 1 parce que je passe mon BMF et l’entraîneur qui fait la montée dispose d’une année de dérogation. En plus, je vais m’inscrire au BEF si je réussis mon BMF. C’est ce qui est important pour moi : me former. Et il me fallait trouver un environnement qui me permette de me former dans de bonnes conditions. Il faut savoir qu’au BEF, il y a des déplacements en Guadeloupe et en Guyane. Ce sont des endroits où il faudra être concentré d’un côté et gérer la pression de l’autre. Toutes les conditions n’étaient pas réunies. »

Le RC Rivière-Pilote a provisoirement droit à seulement deux mutés la saison prochaine. En R1, c’est juste quand même…

« Oui. C’est une particularité qui est due au manque d’arbitres dans le club. C’est une problématique dans le cadre du BMF qu’on avait mis en place avec les dirigeants. Quand on a fait le point, la situation paraissait bonne. Malheureusement, au mois de février, on apprend qu’on a une double sanction. Ça va être difficile je pense. Mais le groupe actuel est très compétent et très solide. Je pense que si le club recrute quatre mutés et met en place le travail pour pouvoir retrouver ses sept mutés grâce à l’équipe féminine, ça peut être quelque chose de bien. Je pense que la saison prochaine, le maintien sera un objectif qu’il faudra viser au Racing. »

Le maintien en R1, c’est vraiment possible ?

« Oui, je pense que c’est possible ! C’est un club formidable. Il y a des bénévoles formidables, il y a des gens exceptionnels. Il y a des gens qui vous donnent vraiment leur cœur et qui aiment ce club. Il y a vraiment des personnes formidables. J’ai rencontré des gens que peut-être je n’aurais jamais connus. Pour moi, c’est une très belle expérience et même si à la fin je ne continue pas, ce n’est pas grave. Comme je dis, mon leitmotiv au football, c’est de laisser des sourires. J’en ai laissé au Marin, au Vauclin et j’en laisse à Rivière-Pilote. On verra l’année prochaine où je laisserai peut-être encore des sourires. »

On peut te voir sur un banc la saison prochaine ?

« Forcément, il faudrait que je sois sur un banc, je ne sais pas si c’est en jeunes ou en seniors, mais dans le cadre du BEF, il faut vraiment encadrer une équipe. Donc j’attends les propositions des différents clubs, leurs projets, c’est ce qui est surtout important. Comme je le répète, c’est de trouver l’environnement qui me permettra d’être le plus performant au BEF. »

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