Dans un message empreint d’émotion publié sur les réseaux sociaux, Gilles Précart a annoncé son départ du Club Péléen après plusieurs saisons au sein du club.
Le texte dans lequel l’entraîneur Gilles Précart annonce son départ du Club Péléen :
« Merci
Il y aura toujours un 60 après mon 972
Il y a des décisions qui se prennent avec la raison, et d’autres qui se prennent avec le cœur.
En 2020, j’ai choisi le cœur.
J’ai décidé de revenir chez moi, dans ma ville, dans mon club de toujours, le Club Péléen. Je savais que le défi serait immense, mais je savais aussi que porter ce projet avait une saveur particulière. Celle de défendre les couleurs qui m’ont vu grandir, celle de rendre à mon club une partie de ce qu’il m’avait donné.
Six années plus tard, l’heure est venue pour moi de tourner une page.
Et quelle page…
Quand je repense à notre parcours, je ressens avant tout une immense fierté.
Je repense à ce titre de Régional 3 qui a marqué le début de cette aventure. Puis à ce titre de Régional 2 qui nous a permis d’écrire une nouvelle ligne dans l’histoire du club et d’accéder à la Régionale 1, quatorze ans après sa dernière apparition dans l’élite du football martiniquais.
Je repense également à cette qualification historique pour la Coupe VYV, qui a permis au Club Péléen de rayonner au-delà de nos frontières et de vivre une expérience que peu imaginaient possible quelques années auparavant.
Je repense à toutes ces étapes qui, mises bout à bout, racontent bien plus qu’un simple parcours sportif. Elles racontent une aventure humaine faite de travail, de sacrifices, de conviction et de passion.
Puis il y a eu la R1.
Le maintien arraché lors de la dernière journée.
Le maintien plus serein de la saison suivante.
Cette magnifique quatrième place qui a démontré que le Club Péléen pouvait rivaliser avec les meilleures équipes de Martinique.
Et aujourd’hui, une nouvelle saison réussie qui devrait nous permettre de terminer dans le Top 6.
Finalement, nous avons tout connu ensemble.
Les victoires qui font vibrer tout un peuple.
Les défaites qui empêchent de dormir.
Les doutes.
Les remises en question.
Les critiques.
Les moments de communion.
Les émotions que seul le football peut offrir.
Mais au-delà des résultats, ce sont surtout les visages qui resteront gravés dans ma mémoire.
Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont partagé cette aventure à mes côtés.
Les présidents que j’ai connus, Jean-François Beaunol, mais plus singulièrement Fabien Deston, sans qui ce projet n’aurait jamais vu le jour. Merci Président pour ta confiance, ton soutien et ton engagement indéfectible. Les membres du comité directeur, les dirigeants et dirigeantes, les bénévoles qui donnent sans compter et sans attendre de reconnaissance. Vous êtes les fondations de ce club.
Je remercie également tous les membres des différents staffs que j’ai eu la chance de côtoyer durant ces années, Do, Tony, Stephan, Philo, Olivier, Géma, JC, Nounou, Julio.
Une mention toute particulière à Didier et Ludgi.
Parce que nous avons partagé plus que des saisons. Nous avons partagé des moments de vie. Des heures de travail, des discussions interminables, des joies immenses, des déceptions difficiles à encaisser, des déplacements, des fous rires et parfois des silences qui en disaient long. Merci pour votre loyauté, votre confiance et votre amitié. Une aventure comme celle-ci ne se construit jamais seul.
Je remercie aussi tous les joueurs qui ont porté ce projet.
Ceux qui étaient là dès le départ.
Ceux qui nous ont rejoints en cours de route.
Ceux qui sont restés.
Ceux qui sont partis.
Vous avez été les acteurs principaux de cette histoire.
Sans vous, il n’y aurait pas eu les titres.
Sans vous, il n’y aurait pas eu les montées.
Sans vous, il n’y aurait pas eu la qualification en Coupe VYV.
Sans vous, il n’y aurait pas eu ces années de progression et de stabilité dans l’élite.
Vous m’avez permis de grandir en tant qu’éducateur, en tant qu’entraîneur, mais aussi en tant qu’homme.
Grâce au Club Péléen et grâce à la confiance accordée par les joueurs, j’ai eu l’opportunité de franchir des étapes importantes dans mon parcours avec la sélection U20 de la Martinique, puis aujourd’hui en tant qu’adjoint de la sélection senior de la Martinique.
Ces expériences, je les dois en grande partie au travail accompli ici, ensemble. Chaque entraînement, chaque match, chaque difficulté rencontrée et chaque succès partagé ont contribué à construire le technicien que je suis devenu.
Je n’oublierai jamais cela.
Je veux également remercier les supporters.
Ceux qui étaient là lors des bons moments.
Mais surtout ceux qui étaient là lorsque les résultats étaient moins favorables.
Parce qu’aimer un club quand tout va bien est facile.
L’aimer quand les difficultés arrivent est une preuve de fidélité.
Aujourd’hui, je pars avec beaucoup d’émotion.
Parce qu’on ne quitte jamais vraiment son club de cœur.
Mais parfois, il faut accepter que les cycles ont une fin.
On dit souvent que l’on n’est jamais roi chez soi. Avec le temps, j’ai compris ce que cette phrase signifiait réellement.
J’ai toujours accepté les critiques lorsqu’elles étaient constructives, car elles font partie du football et permettent d’avancer.
Mais j’ai aussi appris qu’il est parfois plus facile de commenter le travail que de le réaliser. Plus facile de juger que de s’investir. Plus facile d’attendre que d’agir.
Malgré tout cela, je suis resté fidèle à mes valeurs : le travail, l’engagement, le respect et l’amour du club.
Aujourd’hui, je ressens simplement le besoin de découvrir autre chose, de relever un nouveau défi, de sortir de ma zone de confort et de continuer à apprendre.
Je pars sans rancœur.
Je pars avec le sentiment d’avoir donné tout ce que je pouvais donner.
Je pars avec des souvenirs qui resteront à jamais gravés dans mon cœur.
Le Club Péléen n’est pas seulement un club pour moi.
C’est ma maison.
C’est une partie de mon histoire.
C’est une partie de moi.
Et peu importe où le football me conduira demain, je resterai toujours un enfant du Morne-Rouge, un amoureux du rouge et du bleu ciel.
Et avant de refermer ce chapitre, je ne peux pas oublier la personne qui a probablement le plus vécu cette aventure à mes côtés : ma mère.
Péléenne de cœur, supportrice fidèle du Club Péléen depuis toujours, elle a vécu cette aventure avec autant de passion que moi.
Pendant toutes ces années, elle a subi mes joies, mes déceptions, mes doutes, mes colères et parfois même mes silences après certains matchs ou certaines périodes plus compliquées.
Mais surtout, elle a toujours été présente.
Dans l’ombre, loin des terrains et des projecteurs, elle a assumé sans jamais « se plaindre » toutes ces tâches dites ingrates que personne ne voit mais qui permettent pourtant à chacun de poursuivre sa passion sereinement.
Merci pour votre confiance.
Merci pour les émotions.
Merci pour les souvenirs.
Merci pour ces six années inoubliables.
Merci, Club Péléen »
.
Foss pour le travail que ta accompli au sein du club