Aujourd’hui, tu es entraîneur adjoint de la sélection de la Martinique aux côtés de Mario Bocaly… A ton avis pourquoi les instances de la Ligue ont voulu que ce soit toi qui occupe ce poste ?

« Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Je sais que Mario Bocaly m’a appelé pour me demander si ça m’intéresserait d’être son adjoint… Donc je lui ai dit oui parce que j’ai déjà travaillé avec lui en tant que joueur. Il a déjà été mon entraîneur. Cela m’a plu car il faut savoir que Mario Bocaly est quelqu’un de très compétent. Je n’ai pas hésité car la sélection est quelque chose qui fait partie de mon plan de carrière. Donc, j’ai tout de suite accepté. Mais savoir pourquoi il m’a appelé… Je ne sais pas du tout. »

 

En réalité, Quand est-ce que Mario Bocaly t’a appelé ?

« Mario Bocaly m’a appelé au mois de novembre ou de décembre 2017 »

 

Avec la sélection de la Martinique, quels sont tes objectifs individuels ?

« Mes objectifs individuels? Vous savez, c’est un petit peu compliqué. Moi je suis sur le long terme : Devenir un jour sélectionneur! C’est ce qui est intéressant. Maintenant, je sais aussi que je suis un jeune entraîneur. Mon objectif est d’apprendre auprès de garçons compétents comme Mario Bocaly. Je veux prendre le maximum d’expérience qu’il y a à prendre individuellement. Cela va me servir pour mon club et pour la sélection. Donc, personnellement, à long terme, pourquoi ne pas être sélectionneur un jour. » 

 

A l’aide de ton expérience, penses-tu faire progresser des joueurs ?

« Oui je compte bien faire progresser certains joueurs. Mais c’est ce que je faisais déjà en tant que joueur. La plupart des joueurs locaux que nous avons sont des joueurs avec lesquels j’ai déjà évolué depuis 2010, depuis que j’ai arrêté ma carrière professionnelle. Quand je suis rentré en Martinique, j’ai rencontré ces joueurs-là et je leur ai déjà donné pas mal d’expérience en tant que joueur. Je leur ai apporté un peu de rigueur et de discipline. Je pense que c’est surtout là où le bât blesse en Martinique… Donc c’est ce secteur que nous devons renforcer un petit peu. » 

 

Tu es une grande personnalité du football martiniquais. Tu as eu une carrière en métropole mais aussi à l’étranger (en Grèce). Tu as participé à une Gold Cup (en 2013)… Tu ne penses pas que parfois tu seras beaucoup plus écouté par les joueurs de la sélection par rapport à Mario Bocaly qui lui a juste évolué en Martinique ?

« Ah non ! Pas du tout! Mais vraiment pas du tout ! Quand vous entendez Mario Bocaly parler, on sent qu’il maîtrise son sujet. Il maîtrise le rôle de l’entraîneur déjà à la base. En plus, c’est quelqu’un de très très compétent. Je sais qu’il est très écouté au niveau des joueurs. Moi, je reste à ma place de second. Je sais à quel moment il faut que je prenne la parole. Je sais également à quel moment, je lui laisse la parole. Donc, au contraire, on travaille très bien ensemble. On est là, de l’un à l’autre, pour aider l’autre. Moi, je dois surtout aider Mario Bocaly et non l’inverse. C’est lui le sélectionneur, ça je le sais. Donc je reste à ma place et au contraire il m’aide beaucoup pour que je puisse apprendre dans mon rôle d’entraîneur. Mario est quelqu’un en plus qui a beaucoup de caractère. Il sait se faire écouter. Donc à ce niveau-là, on s’entend très bien et chacun est à son poste. »

 

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Frédérique Piquionne, Mario Bocaly et toi, vous êtes les nouveaux « boss » de l’aspect sportif de la sélection de la Martinique. Comptez-vous toujours former une équipe hétérogène : Composée de joueurs amateurs du championnat martiniquais et de joueurs professionnels provenant du reste du globe ?

« Oui bien sûr! Le mot « boss » me dérange un petit peu… Mais, on est effectivement les entraîneurs donc c’est nous qui sommes les décideurs: Surtout Mario ! Maintenant, Frédérique Piquionne et moi sommes là pour pouvoir aider justement Mario Bocaly dans ces choix et dans les contenus des entraînements. Bien sûr que nous voulons travailler avec les locaux car ils nous ont déjà démontré le début de leur évolution: Comment ils ont évolué, comment ils sont dans le groupe, comment ils sont aussi dans les grandes compétitions. On remarque qu’on a quasiment 60% des joueurs dans le onze de départ qui sont des joueurs locaux. Donc cela veut dire que les locaux progressent énormément. Il faut qu’on fasse avec eux. Ensuite, c’est à nous de voir quels sont les joueurs professionnels qu’on appelle en métropole pour justement aider les locaux à encore faire monter le niveau. Lorsque vous jouez contre des nations, il faut surtout savoir faire monter le niveau. Mais, le niveau, ce n’est pas seulement le jeu… C’est la concentration, la compréhension, l’exigence. Et c’est utiliser tout cela dans les entraînements aussi. Il y a plein de paramètres. Donc, on a besoin de tout le monde en utilisant un quota de chaque côté. Un quota de joueurs locaux et un quota de joueurs professionnels. »    

 

D’après mes informations, la Ligue de football de la Martinique a contacté des clubs professionnels pour faire venir certains joueurs afin de renforcer la sélection… Est-ce qu’il y aura de nouvelles têtes en sélection ?

« Au niveau des joueurs, c’est en fonction de la philosophie de jeu que veut mettre en place Mario Bocaly. On est déjà en train de former des schémas tactiques. A savoir, si on veut jouer en attaque placée, ou en attaque rapide. C’est en fonction du schéma qu’on mettra en place qu’on saura quels types de joueurs nous voudrions appeler. Mais, il y a un autre facteur important. C’est de savoir si ces types de joueurs-là veulent bien venir en sélection. Donc il va falloir les convaincre. Donc, il y a plein de paramètres qu’il faut prendre en compte pour savoir si effectivement on aura des nouveaux joueurs. Après, nous, on aime bien la continuité. C’est ce qui donne des résultats. On n’est pas là pour tout chambouler car on n’est pas des magiciens. On veut vraiment travailler avec ce qui est déjà fait et être dans la continuité des autres sélectionneurs. »    

 

On a évoqué rapidement la Gold Cup de 2013. On ne peut pas parler de Fabrice Reuperné sans faire revivre ce fameux but victorieux face au Canada (1 but à 0) dans le temps additionnel… Qu’est-ce que ce but représente toujours pour toi émotionnellement ?

« Si je veux être sincère avec vous, en tant que compétiteur ce but m’est plutôt amer. Il nous a donné énormément d’espoir pour pouvoir aller un peu plus loin dans la compétition et au final j’estime qu’il n’a servi à rien. On s’est fait éliminé… Je suis compétiteur donc je l’ai à travers la gorge. Personnellement, effectivement ça fait du bien parce que les émotions qu’il y a eu ce jour-là ont été énormes que ça soit individuellement que collectivement. On l’a même revu à la télévision. Ce but avait même soudé encore plus le groupe… Mais le souci est que par la suite ça ne nous a rien apporté parce qu’on a été éliminé. Donc, je l’ai à travers la gorge car ce but-là nous a donné beaucoup d’espoirs pour qu’au final on reparte avec une grande déception. C’est un petit peu mitigé. »     

 

Enfin, quel message peux-tu faire passer aux supporters des Matinino avant de jouer le match amical face à Trinidad (25 mars) mais aussi la nouvelle compétition : La Ligue des Nations de la Concacaf ?   

« Moi si j’ai un message à faire passer c’est que : Chak matinitché ka pran séleksion an ba koy ! ( Trad. Que Chaque martiniquais prenne la sélection à sa charge).

Nous sommes des martiniquais ! On représente le pays ! J’aimerais que chaque personne vienne en bleu ou en blanc pour supporter leur équipe et non regarder leur équipe jouer. Vraiment se sentir comme une nation. Que tout le monde aide les Matinino. Et puis: Allez les Matinino ! » 

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