Contacté par la sélection de la Martinique, Michel Sebas (préparateur mental) veut accompagner les footballeurs martiniquais de haut niveau, toutes catégories d’âges confondues.

Interview :

Quel est le rôle d’un préparateur mental au quotidien ?

« On prépare le sportif à faire des choses qu’il n’a pas l’habitude de faire et ce de manière professionnelle. Par exemple, lorsqu’un entraîneur demande à un joueur d’être concentré, comment il peut savoir le faire si on ne le lui a pas appris ? Donc un préparateur mental devra coacher en apprenant aux joueurs à se concentrer de la manière la plus simple possible. Bien sûr, avec des répétitions.

Effectivement, nous proposons des exercices pour travailler la respiration avec l’aide du mental pour arriver au stade où le sportif pourra se concentrer efficacement et se motiver d’une manière plus précise. »

Quelles qualités doit avoir un préparateur mental ?

« Il faut tout d’abord être bien et en harmonie avec soi-même afin de pouvoir porter tout un accompagnement. Il faut savoir coacher d’une manière simple et positive. Mais aussi faire comprendre au sportif qu’il sera amené à changer sa pratique pour mieux travailler les atouts qu’il a en lui. »

Vous avez accompagné des footballeurs durant le confinement. Quelles étaient vos séances de travail ?

« Effectivement, durant le confinement avec certains footballeurs nous avons travaillé la confiance en soi. Bien sûr, en visioconférence puisque nous ne pouvions pas le faire en présentiel. Durant cette période, il était primordial pour un sportif de garder confiance, et avoir de l’estime de soi. Pour ce faire, on a travaillé au niveau de la relaxation. Durant le confinement, on accentuait l’idée qu’il y aurait des jours meilleurs et qu’il ne fallait pas baisser les bras. Il fallait absolument que les joueurs gardent une certaine confiance pour ne pas perdre en vue l’objectif principal, par rapport à leurs compétitions respectives. »

Quels étaient ces footballeurs ?

« J’ai coaché des footballeurs professionnels du championnat d’Espagne, de France et des footballeurs amateurs du championnat de la Martinique. Aussi, j’ai même accompagné des sportifs originaires de la Jamaïque qui préparaient les J.O.« 

Nous savons que la sélection de la Martinique vous a contacté. Qu’aimeriez-vous apporter aux Matinino ?

« Moi, si j’avais l’occasion de travailler avec les Matinino, ce que j’aurais aimé leur apporter c’est la confiance en soi. Apprendre à se libérer, à lâcher prise par rapport à l’ampleur que peut être une compétition comme la Gold Cup. Elle représente quelque chose de très important ! Nous avons des joueurs de grande valeur en sélection de la Martinique. Et surtout des joueurs venant de l’Hexagone. Ces joueurs ont pour mission effectivement de faire progresser le groupe. Donc, la cohésion d’équipe doit passer par la préparation mentale afin de bien disputer une grande compétition aux Etats-Unis, ensemble. Je pense qu’il est souhaitable que les Matinino puissent avoir un préparateur mental à temps plein. »

Quel est votre projet pour le football martiniquais ?

« Mon projet pour le football martiniquais est simple : j’aimerais que le préparateur mental ait sa place dans chaque club. J’aimerais que dès le plus jeune âge et au pôle espoirs, un joueur de football puisse se préparer avec un préparateur mental. Dans le but de mieux aborder les grandes compétitions. Nous avons des sportifs Martiniquais qui partent faire des essais ou une carrière en France… et nous n’avons que très peu qui réussissent contrairement aux autres pays du monde, tels que les pays africains ou d’autres pays d’Europe. Nous n’arrivons pas à passer de palier et c’est en partie à cause du mental. Par exemple, en Guadeloupe, Thomas Lemar a pu passer ce palier et faire une grande carrière en France et en Espagne. Il n’y a pas de raison que cela ne puisse pas se produire avec nos sportifs en Martinique. »