Le Martiniquais Sonhy Sefil (Titus Pétange) évoque son parcours et la sélection de la Martinique avec laquelle il souhaiterait jouer à l’avenir.

Interview de Sonhy Sefil, défenseur martiniquais évoluant au Titus Pétange, au Luxembourg :

Tu es originaire de la Martinique. Tu viens de quelle commune exactement ?

« Je suis né en Martinique mais je n’ai pas beaucoup vécu là-bas. À 4 ou 5 ans, je suis parti en France avec ma mère. Mais la famille de mon père, les Sefil sont de la commue du Vauclin. Celle de ma mère vient du François. »

Qu’est-ce que la Martinique représente pour toi ?

« La Martinique représente beaucoup de choses. C’est vrai que je n’ai pas forcément les codes du pays car je n’y ai pas grandi vraiment longtemps. Je n’ai pas l’accent. Je n’ai pas vraiment pris l’habitude de parler créole même si je le comprends. Mais ce sont mes origines. Je suis très fier d’être Martiniquais. Après je ne suis pas non plus déconnecté. Toute ma famille est née en Martinique. J’y suis allé dernièrement à l’été 2019. Mon père et mon grand-père vivent toujours là-bas. Donc, j’ai une très grosse appartenance avec la Martinique. »

Plus jeune, tu as évolué avec l’AJ Auxerre et la réserve du CS Sedan. Que retiens-tu de ces expériences ?

« Ce sont de belles expériences. À Sedan, j’étais au centre de formation. Je suis arrivé en tant que 17 ans Deuxième année mais j’ai joué directement avec les 19 ans Nationaux. J’ai fait trois ans là-bas dont une finale de Gambardella. Le problème c’est qu’après il y a eu un dépôt de bilan du club. Du coup, il a fallu changer d’équipe rapidement. Comme j’avais fait une bonne saison, l’AJ Auxerre m’avait repéré notamment par le biais de l’agent que j’avais à l’époque. J’ai fait une première saison avec la réserve et j’ai évolué avec les professionnels la saison d’après. Et dans la foulée, j’ai signé mon premier contrat pro en janvier. Ce sont deux expériences différentes. Cela n’a pas toujours été facile mais je ne retiens que du positif. Ces deux expériences ont une place très importante. »

Tu as joué en Grèce et en Angleterre aussi. Qu’est-ce que ces clubs étrangers t’ont apporté ?

« Très sincèrement que ce soit la Grèce ou l’Angleterre, ça ne s’est pas très bien passé. Je n’ai pas pu m’épanouir là-bas comme je l’aurais souhaité. Mais ce que je peux retenir c’est que ce sont deux expériences totalement différentes. Deux belles expériences quand même car je ne regrette rien. Je suis content d’avoir pu découvrir deux autres pays. Après, ça m’a permis de gagner en maturité. »

NB : En Grèce, il a résilié son contrat à cause de problèmes de salaire et de mauvais résultats sportifs.

Tu es également passé par Lyon Duchère. Conseillerais-tu ce club à un joueur qui chercherait à goûter au haut niveau ?

« De toute façon, c’est un club qui est en National. Cette saison, ils sont un peu en difficulté. Mais en National, il y a déjà un bon niveau. Donc forcément, si un joueur veut aspirer à jouer au plus haut niveau, je l’inviterais à y aller. À la Duchère, j’ai pu faire une saison pleine. J’ai pu m’épanouir. Donc je recommanderai d’y aller. Tout dépend de l’expérience qu’un joueur aura eu avant. S’il n’a pas connu mieux, bien sûr que je l’inciterais à y aller. »

Aujourd’hui, tu es le défenseur de Titus Pétange, au Luxembourg. Quel est le contexte sportif actuel du club et quels sont ses objectifs ?

« Le contexte sportif est assez délicat car le championnat est arrêté. On a eu deux coupures depuis le début de la saison, il y a deux mois. Donc on a dû attendre un mois pour reprendre le championnat. Dernièrement, on a refait un match de championnat et on est retombés une seconde fois dans une sorte d’arrêt. Un arrêt jusqu’au 10 janvier. Le début de saison a été mouvementé. On a eu deux changements de coach. Cela ne s’est pas forcément très bien passé. Sur le plan sportif, on a eu de mauvais résultats car on a mal démarré. Donc c’était un peu compliqué. Avec le nouveau coach, ça se passe bien et on s’est remis au travail. Là, on est sur deux victoires. Je pense qu’on va bien remonter au classement. Mon club s’est qualifié pour les tours préliminaires de l’Europa League. C’est l’objectif du club sur le long terme : jouer les premiers rôles en championnat et ils investissent pour. »

Pourquoi jouer au Luxembourg ?

« Déjà, parce que je ressortais d’une saison où j’avais très peu joué en Angleterre. Donc, il fallait que je retrouve du temps de jeu. Très sincèrement, j’ai préféré ne pas prendre de risques notamment avec la crise sanitaire due à la Covid-19. Je recherchais tout d’abord un club en France, au minimum en National. J’avais peur que ça soit compliqué à trouver, vu le peu de temps de jeu que j’ai eu ces deux dernières années. Mais quand j’ai vu l’offre du Luxembourg, j’ai sauté sur l’occasion. Je me suis dit que que ça pourrait me permettre de me relancer. »

À 26 ans, tu es dans un club compétitif. Souhaiterais-tu jouer avec la sélection de la Martinique et pourquoi pas disputer la Gold Cup 2021 ?

« Bien sûr que je voudrais jouer avec la sélection. Au-delà du plaisir, ça serait un honneur pour moi. S’il y a la possibilité de disputer la Gold Cup, j’en profiterais. C’est sûr que jouer avec la sélection est quelque chose qui m’intéresserait beaucoup. J’y avais d’ailleurs déjà pensé. Il me semble que lorsque j’étais en Grèce, on m’avait contacté (NDLR, c’était Fred Mitram Marthe Rose). Je n’ai plus eu de nouvelles depuis. Mais bien sûr que je voudrais jouer pour la sélection de la Martinique. Bien sûr! »