L’un des préparateurs physiques de l’US Orléans, Jordan Palcy livre les contours de la prochaine préparation athlétique des jeunes du centre de formation du club. Le Martiniquais parle également de Kévin Fortuné, Karl Fabien, Florian Lapis et Junior Michalet.

Interview de Jordan Palcy, préparateur physique martiniquais du centre de formation et de l’équipe première de l’US Orléans :

Bientôt la reprise des entraînements à l’US Orléans (4 juillet). Quel sera le programme ?

« Moi, je ne suis pas directement avec les pros. Je fais quelques séances avec eux de temps en temps, le mardi avec les jeunes. Je suis davantage sur le centre de formation et nous on va reprendre le 18 juillet. Avec les jeunes, on va essayer de monter crescendo en intensité. On va d’entrée mettre beaucoup de travail avec ballon. L’idée c’est dès le départ de mettre de l’aérobie pour que les joueurs puissent monter en intensité. Derrière ça, on va mettre en place nos principes de jeux qui sont propres à nous, propres à l’équipe et propres au club. Au fur à mesure des semaines, il y aura un peu de tests de stretching pour avoir un peu de données sur les joueurs. On va faire un peu de travail de course et aussi du travail en salle, surtout d’appuis et de proprioception. Il y aura également beaucoup de travail de renforcement pour arriver à la fin de la préparation et au début du championnat en étant au maximum des capacités des joueurs. »

En général, comment se passent les premières journées ?

« Quand les joueurs arrivent, ils reçoivent tous leur dotation. L’intendante fournit à tous les joueurs leur équipement. Moi, je prends chaque joueur individuellement pour tout ce qui est suivi anthropométrie. Donc, la taille, le poids et la masse grasse. Après, on a un discours avec les dirigeants du club, avec le staff et avec les joueurs. Après, on enchaîne sur le terrain. Au départ, il y a beaucoup de travail de circuit technique. On a entre 7 et 10 séances sur la semaine pour voir le plus de choses possible et répéter les gammes pour retrouver les sensations. »

Tu es originaire de la Martinique. Tu viens de quelle commune ?

« Moi, à la base je suis du Gros-Morne mais j’ai grandi au Vauclin. »

En tant que préparateur physique, tu fais également quelques apparitions chez les pros. Il y a maintenant 3 joueurs martiniquais à l’US Orléans (Kévin Fortuné, Karl Fabien et Florian Lapis). Ça va parler créole des fois à l’entraînement…

« Effectivement, ça m’arrive de travailler entre le centre de formation et les pros. Certains joueurs sont aussi amenés à jouer dans les deux groupes. On a beaucoup de jeunes qui sont avec les pros. Malheureusement, Karl et Florian partent cette année. Florian part à Versailles et Karl je ne sais pas encore quelle sera sa destination, mais il ne reste pas au club. Il ne va rester que Kévin Fortuné qui arrive cette année. Il vient de Châteauroux. C’est vrai que des fois avec Karl, car je l’ai beaucoup eu en séance, de temps en temps on parlait en créole et on écoutait un peu de Dancehall. Ça rappelait un peu les couleurs du pays. »  

Comment perçois-tu l’arrivée de Kévin Fortuné au club ?

« Kévin a quand même de l’expérience. C’est un joueur qui a quand même fait de bonnes choses notamment lorsqu’il était à Lens. La saison dernière était peut-être plus compliquée pour lui en termes de statistiques. Mais, je pense qu’il va arriver avec l’envie de remarquer des buts et de redorer son blason pour enchaîner une bonne saison. C’est un atout supplémentaire. »

Chez les pros, il y a eu une dizaine de recrues dans ce mercato. En tant que préparateur physique, est-il possible de pouvoir faire une équipe rapidement avec tant de nouveaux joueurs ?

« Ce qui est compliqué est que les joueurs ne se connaissent pas forcément et ils n’ont pas l’habitude de jouer ensemble. Après, je trouve que le recrutement du club a été assez malin. En plus de prendre des joueurs intelligents, ils ont pris des joueurs expérimentés. Et du coup, ça va faciliter les choses. On a un staff qui est compétent et qui a des idées très claires. Ils savent où ils veulent aller. Donc sur la préparation estivale, une fois qu’ils vont mettre en place les choses, je pense que la mayonnaise va pouvoir prendre rapidement. »

Le club vise la montée en Ligue 2 désormais. Physiquement, quelles sont tes attentes ?

« On sait que le championnat de National est très compliqué athlétiquement. Il y a beaucoup de duels et beaucoup de transitions. L’idée aussi pour le staff, ça va être que les joueurs soient capables d’enchaîner un maximum d’actions et un maximum de matchs avec beaucoup d’intensité. Des joueurs qui sont capables de prendre la profondeur avec beaucoup de courses et de sprints. C’est en passant par la répétition des efforts à haute intensité que derrière ils pourront montrer qu’ils sont capables d’aller chercher cette place pour la montée en Ligue 2. »

Avec le centre de formation de l’US Orléans, quels sont tes objectifs ?

« D’un point de vue athlétique, le travail avec les jeunes du centre de formation n’est pas le même par rapport aux pros. Avec les pros, il faut être prêt pour un match de compétition. Nous avec les jeunes, on est également dans la compétition mais l’idée est de faire en sorte que les joueurs accumulent le maximum de choses pour aller toucher le groupe pro. C’est beaucoup de travail. Et à la fin, il faut qu’ils soient capables d’emmagasiner la charge de travail qu’on va leur donner pour aller chez les pros. Sur les 3 dernières années, que ça soit chez nous ou ailleurs, on a 10 joueurs formés chez nous qui ont signé pros. Donc à la fin, il faut qu’on ait un maximum de joueurs à signer pro. »

Il y a-t-il des Martiniquais qui sont au centre de formation de l’US Orléans ?

« Pour la saison prochaine, non, il n’y en aura pas. Mais, il y a eu un joueur de la sélection de Martinique, Junior Michalet qui a fait un essai il n’y a pas longtemps. Il a fait un entraînement avec le centre avant d’aller avec les pros. Il avait fait un bon entraînement avec le centre. Il était intéressant. Mais le staff des pros, il était à la recherche de joueurs d’expérience à son poste. Notre charnière centrale est composée de Nicolas Saint-Ruf qui jouait en Ligue 1 et qui est international guadeloupéen. On a également Stone Mambo qui jouait en Ligue 1 à l’Estac de Troyes. On a des joueurs d’expérience et aussi sur notre centre de formation on a deux défenseurs centraux qui sont passés aussi avec les pros. Donc, le club a aussi valorisé les jeunes joueurs qui étaient déjà au club et qui avaient fait déjà de bonnes saisons au club. »

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