Le champion du monde 1998, Emmanuel Petit est en Martinique à l’occasion des stages de la Corsair Foot Academy (du 4 au 8 juillet). Il veut s’investir en faveur des Antilles.

Interview d’Emmanuel Petit, présent aux côtés de Luc Sonor et Claude Makélélé pour les stages de la Corsair Foot Academy :

Quel regard portez-vous sur la Martinique et son football ?

« Sur la Martinique et sur les Antilles, quand je vois la richesse que peuvent avoir les Antilles dans la représentativité au niveau national dans toutes les disciplines sportives… C’est impressionnant de voir le nombre de sportifs ou sportives qui se sont émancipés dans les Antilles. Le paradoxe, c’est quand on se penche sur les problématiques structurelles mais également socio-économiques. Tu te dis, ce n’est pas possible de voir des îles comme ça proposer autant de richesses malgré toutes les difficultés qu’elles rencontrent. On ne va pas rentrer dans des discours démagogiques. Mais c’est bien aussi que la métropole puisse se déplacer main dans la main pour essayer justement d’avoir cette union. C’est ce que je reproche un petit peu et j’incite tous les anciens sportifs antillais à s’investir pour les Antilles. Je pense qu’il y a une nécessité notamment au niveau de la jeunesse et quand on voit les problèmes socio-économiques mais sociétaux également, quand je vois la drogue et l’alcool, ces fléaux qui sont aux Antilles ; sans parler du manque d’accessibilité au monde de l’emploi et des difficultés en termes de chômage. Je pense que le football peut apporter une solution quand on fait les choses bien. »

Que voulez-vous apporter au regard de ces problèmes socio-économiques ?

« Je ne suis pas un politique. Je ne suis pas là pour changer les choses. À notre niveau, ce que nous pouvons apporter ce sont les outils pour que les enfants comprennent ce que c’est le football de haut niveau au quotidien aux entraînements et dans les centres de formation. Vous voulez devenir footballeur professionnel, il va falloir mettre les bouchées doubles et faire des sacrifices pendant que vos copains iront à la plage en train de manger un barbecue. Vous, vous serez en train d’étudier au niveau scolaire. Vous serez en train de faire des entraînements. Il y a des sacrifices à faire et est-ce que vous êtes prêts à les faire justement ? Il y a beaucoup d’Antillais qui ont fait ce parcours-là et qui sont de grands sportifs. Donc, il faut s’inspirer d’eux. »

Après les stages, des joueurs seront-ils suivis ?

« Bien sûr qu’il y aura des suivis. L’année dernière, j’étais présent en Guadeloupe et je sais que sur les sites où on ira en Guadeloupe, il y aura beaucoup de jeunes qui ont été présents l’année dernière. Moi, ce qui m’intéresse, c’est de voir la progression qu’ils ont pu faire dans leur club respectif pendant l’année. De savoir s’ils ont grandi, s’ils sont devenus plus matures physiquement, intellectuellement, dans l’utilisation du ballon, dans le déplacement et dans pas mal de choses. »

Aujourd’hui que devenez-vous dans le football ?

« Moi je suis un touche-à-tout. J’ai été dans les droits télévisuels, dans les applications mobiles, dans l’équipementier… J’ai été dans pas mal de secteurs dans l’industrie du sport de façon générale. Mais aujourd’hui la partie la plus visible est dans les médias bien évidemment avec le groupe Altice et RMC Sport. Moi j’ai plein de passions. Je ne pourrai pas devenir entraîneur parce que j’aime trop la vie. Demain, si je devenais entraîneur, je ne pourrais plus vivre une vie normale. Je veux privilégier ma famille et mes amis aujourd’hui et continuer à assouvir mes passions. »

Et ça passe par la Martinique…

« Ça passe par la Martinique. Vous savez, la vie est tellement faite de parcours un peu surprenants. Mais en tout cas, j’ai le sentiment d’être à ma place aujourd’hui. »  

L’interview de Claude Makélélé : ici

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