Samedi, la sélection de Martinique a gardé difficilement le match nul contre la Guinée-Bissau (1-1). À la fin de la rencontre, Marc Collat a surtout retenu « les qualités morales » des Matinino.

La conférence de presse de Marc Collat, le sélectionneur de la Martinique, après le match contre la Guinée-Bissau :

Ce match contre la Guinée-Bissau était un test pour les joueurs qui évoluent exclusivement en Martinique. Face à des joueurs professionnels, le test est-il positif ?

« Quand on analyse un match de football, on regarde déjà le score. Donc, il est satisfaisant pour nous d’avoir fait jeu égal au tableau d’affichage avec cette équipe. Maintenant, tout le monde s’est rendu compte que cette équipe nous était supérieure. Mais, cet adversaire a mis en valeur les qualités morales de l’équipe de Martinique. Je crois que les joueurs étaient prêts à souffrir. Ils ont été servis et ont souffert pendant ce match. Mais, ils n’ont rien lâché et ont été récompensés par ce match nul, à la fin. »

Que retenez-vous de cette partie ?

« Je vais retenir les qualités morales de nos joueurs parce qu’on savait que ça allait être dur. On savait que cette équipe avait derrière elle deux mois de compétition alors que nous ici, même s’il y a des matchs de coupe, le championnat n’a pas repris. Donc, je retiens les qualités morales de l’équipe. Maintenant, je regrette qu’on n’ait pas assez joué quand on avait l’occasion. On n’a pas assez fait circuler le ballon. On a négligé le jeu à l’opposé alors qu’il y avait un pressing sur le porteur du ballon. Mais, après 4 jours d’entraînement, c’est difficile. Il y avait quand même 5 joueurs qui n’avaient jamais joué en sélection. Je pense qu’ils ont des excuses pour certains ballons perdus. »

À l’avenir, il y a-t-il une certitude de revoir certains joueurs locaux en sélection ?

« Dans les matchs précédents, on a vu des joueurs locaux. Donc, il n’y a pas de raison qu’on n’en voit pas à l’avenir. À chaque chose suffit sa peine. Aujourd’hui, c’était un match avec uniquement des joueurs locaux et ils ont fait le travail. On aurait pu perdre ce match et j’aurais eu les mêmes paroles que maintenant. Ce que je regarde, c’est le contenu et il m’a plu, car je sais que ces joueurs, lorsque je ferai appel à eux, ils ne lâcheront rien. C’est déjà un point très important dont je n’étais pas sûr. Ça a levé un petit voile sur la volonté de ces joueurs de faire un résultat. »

Vous avez pu voir 35 joueurs depuis votre arrivée. Allez-vous en convoquer d’autres ou vous contenter de ce noyau ?

« Il y a effectivement un noyau. Mais, sur 35 joueurs, j’ai élagué petit à petit. Il y a au moins une quinzaine de joueurs qui sont très intéressants. Il y a aussi des questions d’âge. Il y a des jeunes qui sont en devenir. Un jeune comme Jérémy Sebas qui est actuellement en France, s’il avait pu venir il aurait joué ce match. Donc, il faut tenir compte aussi de cela. Nos deux gardiens ont fait de superbes performances et ont chacun fait deux arrêts complètement déterminants pour nous garder dans le match. Mais, ils ont déjà plus de 30 ans… Il faut penser à la relève. Il faut tenir compte de tous ces éléments. Je suis quelque part rassuré de voir que des joueurs qui ont un mois d’entraînement et très peu de matchs sont capables de faire un match comme ils l’ont fait contre la Guinée-Bissau. »

Qu’avez-vous analysé durant cette semaine de stage ?

« Pour aller dans les indiscrétions, au départ je n’avais pas prévu de jouer comme ça. On avait décidé de partir sur une défense à 3 avec 2 joueurs dans les couloirs. Mais, Junior Michalet nous a lâchés en cours de route parce qu’il était souffrant. On lui a retiré une dent de sagesse et il ne courait plus. Donc on a dû revoir notre plan de jeu. On est partis sur un autre schéma qui nous a satisfaits à moitié car on n’avait pas ses apports sur les côtés qui auraient été précieux. Il faut s’habituer à ce petit délai parce que lorsqu’on va jouer contre le Costa Rica en mars ça va être la même chose : 3-4 jours d’entraînement et le match. Avec les déplacements ou le décalage horaire… Mais, c’est comme ça et ce sont les compétitions de la Concacaf. »

Lorsque les joueurs martiniquais rataient des passes, on vous a senti agacé…

« Non, pas forcément les passes. On avait essayé de mettre un plan de jeu et je disais aux joueurs que lorsqu’il y a un pressing adverse, il faut penser à jouer à l’opposé. Quand, il y a un pressing adverse, ça veut dire que tous les adversaires sont du côté du ballon. Ce qui veut dire que de l’autre côté, l’espace est libre. Il y avait des joueurs complètement isolés à l’opposé. Mais, les joueurs avaient souvent la tête sur le ballon parce qu’il y avait le pressing et ils n’arrivaient pas à jouer à l’opposé. On avait travaillé ça mais malheureusement on n’a pas pu le mettre en place. »

Quel a été le poids de l’expulsion de Davy Singama sur la rencontre ?

« J’étais très inquiet lorsqu’on a eu cette expulsion parce que déjà à 11 contre 11 parfois on prenait l’eau et je me suis dit qu’à 11 contre 10 ça allait être très compliqué. Finalement, on s’en est plutôt bien sortis. Mais c’est vrai que ça aurait été mieux pour la qualité du match qu’on reste à 11. Je pense qu’on aurait pu avoir quelques opportunités supplémentaires. Mais, je ne lui en veux pas du tout. Il a fait des fautes nécessaires pour le bien de l’équipe. »

Pouvez-vous expliquer la présence de Thierry Catherine et Grégory Charles dans le 11 de départ alors qu’ils n’apparaissaient pas dans la liste initiale…

« En fait, on a eu des blessés. Junior Michalet devait faire partie du groupe et j’ai pensé à Grégory Charles qui pouvait jouer en défense centrale et en milieu défensif. Devant, il y a eu également deux joueurs que j’ai écartés parce qu’ils ne sont pas venus à l’entraînement mercredi. C’était deux ailiers et c’était un problème. Donc, j’ai fait venir un joueur supplémentaire. Dans l’entraînement de vendredi, j’ai trouvé qu’il avait certaines qualités qui pouvaient nous permettre de l’aligner contre la Guinée-Bissau. »

Avez-vous des nouvelles de Daniel Hérelle, le capitaine ?

« Oui, il a une légère entorse. Il faudra voir avec le kiné et lui s’il peut reprendre rapidement les entraînements avec son club. »

À l’avenir, pourrait-on avoir d’autres pays africains comme adversaires ?

« Pourquoi pas ! Peut-être que ce match va donner envie à d’autres pays africains de revenir ici. Peut-être qu’on pourra retrouver d’autres pays africains sur l’Europe. Par exemple, quasiment tous les joueurs de la Guinée-Bissau jouent en Europe. Donc, on pourrait faire des matchs en France. Regardez, le Brésil en ce moment joue ses matchs amicaux en France : au Havre et au Parc des Princes. Les grandes équipes évitent des déplacements très importants aux joueurs. Donc, nous qui avons des joueurs ici et beaucoup de joueurs professionnels en Europe, on pourrait aussi faire ce genre de matchs contre des équipes africaines sur le sol français. »

Serait-il possible d’avoir un prochain match amical avant la fin de l’année ?

« Il faudra qu’on en parle avec mes dirigeants. Je crois qu’il y a une fenêtre au mois de novembre. Il faudra voir car il y a des questions financières et ce n’est pas avec les recettes qu’on fait ici qu’on pourra amortir les déplacements des joueurs professionnels. Comme on sait qu’au mois de mars on fera appel à des joueurs professionnels, ça ne servira à rien de refaire un match comme on a fait contre la Guinée-Bissau car ça ne préparera pas forcément notre échéance du mois de mars. Si on doit jouer au mois de novembre, ce sera avec une équipe qui préparerait véritablement ce match du Costa Rica. »

.