Sandro Flaviano, le responsable de l’Académie U9-U19 de l’EA Guingamp explique le travail de formation de son club et indique que 2 Martiniquais feront 15 jours d’immersion dans les équipes jeunes de Guingamp.

Interview de Sandro Flaviano, responsable académie U9-19 de l’En Avant Guingamp :

Quel bilan tirez-vous du stage de détection entre l’ASPTT et l’En Avant Guingamp ?

« Pour nous, c’était une semaine très riche que ce soit humainement et sportivement parce qu’on est arrivés ici avec beaucoup d’interrogations. On ne connaissait pas vraiment le football martiniquais sur ses terres et on a vraiment été agréablement surpris par le niveau de jeu avec des joueurs qui avaient un état d’esprit et une mentalité face à l’adversité du climat. Il y a eu beaucoup de chaleur et de pluies, la semaine dernière. Les conditions de terrain étaient moyennes, mais c’est aussi souvent comme ça en Bretagne, il ne faut pas se le cacher. On a par moment les mêmes conditions climatiques avec la pluie. Mais, surtout, je vais retenir la qualité chez les joueurs. On a été très agréablement surpris. »

Pourquoi c’est important de venir en Martinique pour superviser les jeunes ?

« Nous à Guingamp, on a des transmissions de valeurs importantes. On donne beaucoup d’importance à la scolarité. On donne beaucoup d’importance à l’intégration des gens et à l’ouverture de notre club. Depuis cette année, on s’est vraiment ouvert sur toute la métropole avec de nouveaux recruteurs sur le nord, le centre et le sud de la France. Venir en Martinique, c’est aussi avancer sur des projets humains. Je pense que nous, à Guingamp, on est capables d’accueillir des jeunes qui sont délocalisés comme quand on reçoit des Parisiens, des joueurs du nord ou du centre de la France. Il y a certainement plus de distance avec la Martinique mais on a un savoir-faire sur ça au niveau de l’humain. C’est un point fort chez nous et quand on voit aujourd’hui comment nous, on est accueillis en tant que recruteurs de l’En Avant Guingamp, on voit vraiment qu’il y a cette possibilité de travail avec des personnes sur la Martinique. »

Il y aura-t-il des jeunes qui iront prochainement à Guingamp pour intégrer une structure de football ?

« Je ne dirai pas non. On a deux joueurs qui viendront très rapidement chez nous. On a rencontré les parents. Ils viendront fin novembre/ mi-décembre pour 15 jours. Donc, quand tout sera officiel et quand tout le monde sera prévenu, Globallfoot sera informé également avec grand plaisir. »

L’âge d’un jeune est-il un critère à prendre en compte dans la détection ?

« À l’académie, je suis responsable des U9, des petits qui sont souvent à 20-30 km de Guingamp, vraiment dans le département des Côtes-d’Armor, jusqu’aux U18-U19. Après, on bascule sur la post-formation avec des joueurs qui ont entre 21 et 22 ans maximum qui nous rejoignent. On a encore eu 3 joueurs qui ont signé pro la saison dernière avec cette formule-là. Ils sont arrivés tard chez nous vers 20-21 ans. On a aujourd’hui 10 joueurs sur 19 qui sont passés par le centre de formation de Guingamp et qui jouent en pro. Donc pour nous, c’est une grosse base de travail. Après, on ne recrute pas un Breton du département des Côtes-d’Armor comme un jeune Parisien, un Normand ou même un jeune d’un autre département breton. Chez nous, jusqu’en U16 ce ne sont que des joueurs locaux, des Costarmoricains. Mais après, on doit s’ouvrir à d’autres départements et procéder à des protocoles qui sont en place avec les gamins en fonction de leur département d’origine. La Martinique est un département français donc, c’est la même réflexion qu’on met en place et c’est pour ça qu’on est venus ici. »

Que faudrait-il en Martinique pour améliorer le niveau par rapport à ce qu’on voit à Guingamp et partout ailleurs en France ?

« À Guingamp, c’est spécial car c’est un club professionnel. On travaille avec très peu de joueurs dans tous les effectifs. Que ce soit de U10 à U13, on a à peine 10 joueurs. Donc on a vraiment très peu de joueurs à disposition et on travaille vraiment dans le perfectionnement comme on l’a fait ici avec les U11-U13 et les U14-U15. On a fait des petits groupes de travail de 10. C’est comme ça qu’on travaille de manière optimale. Après, comme partout, le plus important c’est la formation des éducateurs qui accompagnent les jeunes, c’est la qualité des terrains… Aujourd’hui, à l’ASPTT c’est relativement cohérent par rapport à ce qu’on a pu voir dans des matchs durant la semaine en dehors du stage. Je suis allé à Fort-de-France voir la sélection U15, le terrain était de meilleure qualité et automatiquement ça donne plus d’intensité au jeu et plus de qualités techniques. Je pense que c’est un gros travail à faire sur la Martinique concernant les conditions de jeu. »

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