La défenseure centrale (ou milieu défensif) martiniquaise du FC Mamer, Léa Sotier partage sa vision du football féminin au Luxembourg tout en évoquant ses objectifs.
Interview de Léa Sotier, défenseure centrale (ou milieu défensif) martiniquaise du FC Mamer au Luxembourg :
Tu as déjà évolué à Saint-Maur, Guingamp, Le Havre et à Orléans, en D1 et D2 française. Aujourd’hui, tu es au FC Mamer au Luxembourg. Pourquoi avoir rejoint cette équipe ?
« L’année dernière, je me suis blessée et j’ai fait quasiment une saison blanche. J’ai voulu rejoindre le FC Mamer parce que j’ai aimé leur projet. C’est aussi un moyen pour moi de me relancer et de retrouver du rythme. Aujourd’hui, c’est ce que je retrouve durant cette saison. »
Aujourd’hui à Mamer, es-tu une titulaire indiscutable ?
« Oui, à Mamer, je suis une titulaire indiscutable et je ferai en sorte que ça le reste. J’aimerais aussi, durant la saison, apporter mon expérience que ça soit sur le terrain ou à l’extérieur du terrain. J’aimerais accompagner les jeunes joueuses et peut-être les plus anciennes, mais pas les plus anciennes au niveau de l’expérience dans le football au Luxembourg en tout cas… »
Quel est le niveau de la D1 luxembourgeoise par rapport à la D1 et à la D2 française ?
« La D1 luxembourgeoise n’a rien à voir avec la D1 ou D2 française. Je dirais que c’est plutôt une D3 pour certaines équipes et un peu plus bas pour d’autres. Après, il y a un réel investissement ici. Il y a une réelle volonté de faire évoluer le football féminin. Peut-être que durant les prochaines années, le niveau sera comme en métropole : d’abord un niveau D2 ou D3 et pourquoi pas, j’aimerais bien, atteindre un niveau D1 Arkema au Luxembourg. »
Sur et en dehors du terrain, quelle est la grande différence entre le Luxembourg et la France ?
« Sur le terrain, ça va être le niveau et aussi la langue. Le Luxembourg est un pays frontalier entouré de l’Allemagne, la France et la Belgique. Donc, on peut entendre plusieurs langues sur le terrain parce qu’il y a beaucoup de personnes de différentes nations au Luxembourg. En dehors du terrain, l’environnement n’est pas pareil. Ils parlent français mais ils ont la volonté de vraiment parler le luxembourgeois. Je dirais ça. »
Et au niveau des infrastructures, comment c’est ici ?
« Je connais uniquement le club du FC Mamer. Il a de bonnes infrastructures. Après, c’est sûr qu’on peut améliorer certaines choses comme par exemple la salle de musculation où, personnellement, j’aimerais trouver plus de machines pour pouvoir travailler. Mais sinon, il y a des terrains propres, soignés et on est très bien entourés. Il y a beaucoup de coachs que ce soit pour les petites sections ou les grandes sections. Comme j’ai dit au début, il y a vraiment une volonté de professionnaliser le football luxembourgeois. »
Quels sont tes objectifs collectivement et individuellement durant cette saison de transition ?
« Collectivement, ce serait d’abord de se maintenir. Après si on peut toucher le podium, ce serait que du plus. Mais, d’abord, il faut se maintenir. Individuellement, je souhaite retrouver ma forme pour que la saison prochaine je puisse rebondir et évoluer à un meilleur niveau pour moi-même et un plus haut niveau collectif. »
Tu es originaire de la Martinique. Tu as déjà joué à l’Émulation et à la Samaritaine par le passé. Quel avis portes-tu sur le football féminin en Martinique ?
« Je sais qu’il a évolué. Après, malheureusement, je n’ai rien pu voir réellement depuis que je suis partie. Dès que je reviens, c’est pendant les vacances et il n’y a plus de matchs. Cependant, j’ai le suis à distance et je sais qu’il y a une évolution. »
Participer à la Coupe de France…
« Oui, c’est sûr que le fait de pouvoir y participer et d’aller aussi loin est toujours quelque chose de bon à prendre. On est en train d’évoluer. Mais, le plus important est de professionnaliser encore plus et de rendre les choses encore plus structurées. »
Si la sélection de Martinique t’appelle pour un match amical ou une compétition de la Concacaf, serais-tu susceptible de venir ?
« Oui, oui, direct ! Ma première sélection, c’était en U15. On a fait une compétition Antilles-Guyane et on est parties en Guyane et ensuite à Reims. Ça s’est très bien passé et j’ai de très bons souvenirs. Vouloir goûter à la sélection seniors ? Oui je veux et ce serait que du positif. Directement, c’est oui ! Si je peux, si je ne suis pas blessée, je touche du bois, et si tout va bien, c’est avec un grand oui que je me déplace. »
As-tu quelque chose à rajouter pour finir cet entretien ?
« Pour les jeunes et même les anciennes, en Martinique, il faut toujours y croire. Même si on n’a peut-être pas toujours les moyens là-bas, surtout que la situation est compliquée ces temps-ci et se dégrade de plus en plus. Mais, il faut toujours y croire. On peut y arriver. C’est avec la volonté, le travail et la discipline qu’on arrive à nos objectifs. Plis fos (courage) ! »
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