Ancien défenseur international et ayant des origines martiniquaises, Jonathan Zébina nous donne ici sa vision du football.

1/ Comment allez-vous ? Aujourd’hui vous êtes consultant à Eurosport, comment vivez-vous ce nouveau métier ?

 

« Je vais très bien, l’après-carrière peut parfois être compliqué à gérer pour certains mais j’ai toujours su m’intéresser à d’autres choses en dehors du foot. Evidemment, je garde un œil très attentif sur les choses du ballon rond, et c’est donc en toute logique que je suis devenu consultant, un rôle qui me permet de voir des matchs avec plus de recul et de donner mon avis, sans oublier parfois quelques tacles, virils mais toujours corrects évidemment! »

 

2/ Vous jouez toujours au football lors de vos temps libre ?

 

« Il m’arrive parfois de taper le ballon avec des amis, mais je dois vous avouer que c’est devenu de plus en plus rare. A cause de mes activités, et notamment mon rôle à Eurosport qui demande pas mal de préparation : je me renseigne avant chaque match pour tout savoir sur les équipes, les joueurs, les tactiques et tous les détails qui serviront à nourrir mes interventions. Je suis là pour aider le journaliste en apportant mon expertise sur des points précis, grâce à mon passé de joueur. »

 

3/ Vous devez être un passionné de football, qu’est-ce que vous ressentez lorsque vous êtes sur un terrain ?

 

« Quand je rentrais sur le terrain, je faisais le vide et ne pensais à plus rien à part mon adversaire direct et la cohérence de mon placement par rapport à mes coéquipiers et l’équipe en face. Il faut faire abstraction du contexte (la foule, les journalistes, la pression) ou même parfois s’en servir pour rester le plus concentré possible afin de garder le fil tout au long du match. »

 

4/ Vous avez joué avec de grands noms du football italien comme Del Piero, Buffon, Cannavaro, ou Zambrotta par exemple… Avaient-ils une mentalité différente par rapport à la mentalité française ?

 

« Les italiens ont une discipline et une approche tactique unique au monde. Ils veulent tout maîtriser et cela va de la préparation physique d’avant saison, jusqu’à la mise en place tactique au millimètre avant chaque match. L’Italie est un pays ou le foot ne peut pas s’improviser, la longévité et la carrière des joueurs que vous citez n’est pas le fruit du hasard. Il y a le talent bien sûr, mais il ne joue que pour 10%. Tout le reste, c’est du travail. »

zebina et thuram

 

5/ Vous avez joué avec Lilian Thuram, quel commentaire pouvez-vous faire sur cet ancien joueur ?

 

« Lilian est un de ceux qui a le mieux compris cette mentalité italienne justement, sa carrière est exemplaire grâce à cette discipline acquise dans le Calcio, ainsi que des qualités physiques et mentales hors normes. La génération 98 avec les Thuram, Zidane, Deschamps, Boghossian, Candela, Djorkaeff, Desailly a évidemment profité des caractéristiques du foot italien. Ils les ont battu à leur propre jeu ! »

 

6/ Durant votre carrière, quel a été votre plus beau moment ?

 

« Mon premier Calcio remporté avec la Roma de Capello au sein d’une équipe exceptionnelle : Totti, Candela, Cafu, Batistuta… Inoubliable ! »

 

7/Avec du recul, quelles qualités faut-il avoir pour réussir au football en tant que défenseur ?

 

« Le haut niveau est un ensemble de détails. Il faut travailler énormément et ce depuis l’adolescence afin d’avoir une chance de percer au haut niveau. Et même si cela arrive, on peut rester un bon joueur professionnel sans pour autant tutoyer les sommets. Un peu de talent, beaucoup de travail, et bien sur un peu de chance. »

 

8/Vous êtes originaire de la Martinique, qu’est-ce que cette île représente pour vous ?

 

« La Martinique représente mes racines, et de manière plus nostalgique le souvenir toujours présent de ma grand-mère paternelle. »

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9/Quel footballeur martiniquais ou antillais vous a impressionné le plus durant votre carrière ? Pourquoi ?

 

« Lilian, Titi Henry, Dalmat, Luccin … on pourrait en citer tellement ! Mental, passion, et talent, tout simplement… ! »

 

10/Enfin, quels sont vos projets dans le futur ?  Aimeriez-vous entraîner ?

 

« C’est encore trop tôt pour le dire, il ne faut jamais dire jamais car on ne sait pas ce que la suite nous réserve, mais je suis investi à fond dans mon rôle de consultant pour le moment. Re-posez mois la question dans quelques années ! »

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