La Gold Cup terminée, qu’est-ce que vous retenez de la compétition?

« Alors, je retiens surtout une impression d’inachevé. Même si tous les observateurs s’accordent à dire que la sélection de la Martinique a fait très bonne figure dans cette compétition de haut niveau, cela s’est joué à peu de chose et il y a quand même une déception. C’est une déception pour les joueurs, pour l’encadrement, et certainement pour l’ensemble des supporters de l’équipe de Martinique parce que, à un détail près, nous aurions pu nous retrouver en quart de final et pourquoi pas, aller plus loin. On sait que sur un match tout peut se jouer. »

Au niveau de la sélection de la Martinique quels sont les enseignements à tirer?

« Il y a une évaluation qu’il va falloir faire sur l’ensemble de la campagne. On a commencé déjà à discuter avec le staff, et avec tous ceux qui tournent autour de cette équipe de Martinique. C’est vrai que nous avons raté la coupe des nations de la Caraïbe. On peut commencer à donner quelques explications. Dans les compétitions futures, il faudra bien revoir la programmation des stages de préparation, surtout lorsqu’il y a un travail spécifique important qui se fait.  

Il va falloir aussi trouver les moyens financiers suffisants pour avoir un ou deux matchs de préparation de haut niveau juste avant ce type de compétitions. C’est ce qui nous a manqué pour faire une bonne Coupe des Nations de la Caraïbe.

Par contre, le travail spécifique réalisé pendant le stage à Marie-Galante a payé en Gold Cup. On a vu que contre le Nicaragua et contre les Etats-Unis notre sélection était en très bonne forme physique et a pu rivaliser. Nous gagnons le premier match et nous avons failli tenir en échec cette équipe Américaine qui finalement remporte la compétition.

Les enseignements, c’est qu’il va falloir aussi continuer le combat au niveau du statut de nos sélections. Que cela soit la Martinique, la Guyane, la Guadeloupe, et Saint-Martin, on a vu avec l’affaire Malouda qu’on ne peut pas continuer comme cela. On ne peut pas rester dans cette situation d’incertitude juridique. On ne peut pas non plus accepter de concourir, participer, à des compétitions de haut niveau sans avoir les mêmes moyens que les autres. Donc nous allons, le moment venu, dès la rentrée nous asseoir pour travailler sur les évolutions et les enseignements à tirer pour les compétitions qui vont arriver très rapidement en 2018. »

Qu’est-ce que peut apporter la FIFA au football martiniquais et à la sélection plus exactement?

« Oui, c’est bien de parler des avantages que prend le football martiniquais mais aussi le football des territoires d’Amérique. La Guadeloupe, la Guyane, Saint-Martin et la Martinique… Nous avons eu l’occasion à plusieurs reprises d’expliquer qu’il y a des enjeux financiers importants  et que les associations membres de la FIFA peuvent bénéficier d’un programme de développement extrêmement intéressant. C’est le fameux programme Foward qui existe pour les associations FIFA. C’est un programme qui permet de financer le développement du football  de chaque association pour un montant de 5 Millions de dollars sur 4 ans.

C’est également des opportunités sportives. Il est clair qu’être une association FIFA c’est pouvoir participer à toutes les compétitions organisées par la FIFA, notamment tout ce qui est qualifications et phases finales de Coupe du Monde de différentes catégories d’âge. Mais également pour les féminines, pour le football certifié (beach soccer, futsal,…).

C’est aussi des enjeux liés à la représentation médiatique. Les médias servent aussi a être une possibilité de détection pour nos jeunes joueurs… qui seront vus par les recruteurs pour faire monter le niveau de notre football local. A tous les niveaux (hommes\femmes) c’est bon d’avoir accès à des droits télévisés. Participer à des qualifications de Coupe du Monde zone CONCACAF c’est pouvoir régulièrement avoir des matchs importants et avoir ainsi des retombés financières.

Donc la FIFA, ce n’est pas seulement des avantages pour améliorer la sélection afin d’avoir des joueurs professionnels d’autorité… La FIFA sert aussi à avoir une clause de libération obligatoire des joueurs, avoir des assurances pour les joueurs, être dans le classement FIFA, et avoir des possibilités de matchs amicaux plus faciles avec de grosses pointures. Donc c’est tout un ensemble de choses qui permet d’avoir une équipe d’élite, très compétitive… Mais surtout avoir des moyens financiers  pour le développement total du football. »  

La mise en place d’un niveau semi-professionnel en Martinique est-il réellement possible?

« Oui bien sûr. Mais tout tourne autour des moyens financiers. Tout tourne autour des enjeux de médiatisation. C’est clair que si nous passons à un autre niveau de représentation, nous pourrons capter plus facilement les médias. Nous pourrions également capter plus facilement des partenaires financiers: de grands partenaires, des sponsors, des mécènes… On a vu, lorsque vous jouez un match face aux USA et que les TV de toute une zone du monde vous regardent c’est plus facile de capter des partenaires motivés. C’est ça ! C’est arrivé à créer une émulation, et un nouveau système qui permet économiquement d’apporter quelque chose de nouveau au football et à ce moment-là créer une ligue semi-professionnelle, promotionnelle avec un certain nombre de joueurs qui pourraient avoir un statut pour pouvoir se consacrer totalement au football entre 18 et 27 ans. »

Il y aura t-il du changement au niveau du staff de la sélection?

« On verra. Ce qu’il faut bien comprendre c’est que le contrat du staff actuel et du manager général a pris fin. Donc à la rentrée, avec le conseil de ligue, avec les personnes qui tournent autour de cette sélection, on va s’asseoir avec le staff et l’équipe dirigeante pour voir avec nos partenaires quelles seront nos possibilités financières. Tout cela va dépendre de la suite qui sera réservée à l’encadrement de notre sélection. »