Tu es journaliste à canal +, quand on travaille dans un tel groupe audiovisuel, comment s’organise la semaine en général ?

« Moi, c’est un peu particulier parce que je suis au service reportage. On fournit les reportages à toutes les émissions de sport. Donc on doit aller sur le terrain toutes les semaines. Nous avons un planning qui s’adapte vraiment au besoin de l’actualité et de l’émission. Du coup, en général le lundi on a une réunion. C’est dans cette réunion-là qu’on sait qu’est-ce qu’on va faire dans la semaine. Donc, il y a pas mal de suspense sur notre avenir sur le moyen terme. Par exemple, dans deux semaines, je ne saurai pas ce que je vais faire…

Donc en terme d’organisation : Le lundi , on a une réunion importante où l’on dispatche tous les reportages à faire. Après, dans la semaine on a souvent un ou deux jours de repos puisque nous travaillons le week-end.  Donc le Mardi, et le mercredi souvent c’est repos. Après cela, on part en reportages et les samedis et dimanches on prépare les reportages. On fait des reportages style Canal Football Club, J+1, les émissions hebdomadaires… »  

 

A canal +, as-tu l’occasion de côtoyer des journalistes sportifs comme Hervé Mathoux, Pierre Ménes, Olivier Tallaron, voire Stéphane Guy ? D’ailleurs, comment sont-ils et comment ils travaillent en général ?

« Tous ceux que tu m’as cité je les connais bien. Ils sont souvent à la rédaction. Ils sont assez connectés avec nous puisque nous travaillons pour leurs émissions. Par exemple, on travaille pour Hervé Mathoux. Nous avons un rôle important pour le Canal Football Club vu qu’on fait on va dire un reportage par semaine pour son émission et qu’on l’enrichit. C’est même un de nos chefs. Hervé, on a affaire à lui déjà dans la semaine pour parler du reportage en général et le jour du montage aussi. Il passe voir le reportage et nous explique un peu ce qu’il en pense. Donc on a un vrai rapport avec lui.

Stéphane Guy, qu’on connaît et qu’on croise souvent, lui est commentateur. On va parler avec lui comme un collègue mais on va moins travailler avec lui directement. Tallaron, il a son interview Signé Tallal, où là ce sont des gens du reportage qui vont le filmer. On a un rapport très direct avec lui. Moi, j’ai fait l’EURO avec lui, donc on se connaît bien.

Après, Pierre Ménès c’est un peu particulier parce que lui il n’intervient que sur le plateau du CFC et il ne travaille pas avec nous. On ne travaille pas avec lui directement. Mais oui on côtoie des journalistes de renommée. En général, ça se passe plutôt bien. Ils sont assez simples et respectueux du travail que l’on fait. On a de très bonnes relations avec eux et ils sont assez sympas. »    

 

Pour ceux et celles qui veulent devenir journalistes sportifs quels conseils leur donnerais-tu ?

« Un conseil simple. Avant de vouloir être journaliste sportif, il faut se former à être journaliste tout court. On a souvent tendance à isoler la pratique du journalisme sportif parce que c’est quelque chose de très spécifique et très particulier parce qu’il faut avoir une vraie connaissance et une passion du sport… Ce qui n’est pas donné à tous les journalistes. Mais avant tout, si tu es un bon journaliste, je pense que tu seras un bon journaliste sportif.

Un bon journaliste, c’est celui qui connaît vraiment les bases et comment on récolte une information, comment on la synthétise, comment on l’a rend claire au grand public. Cela, il faut s’entraîner à le faire sur tout. En politique, sur l’actualité en général… Je pense vraiment que le bon conseil c’est de ne pas s’enfermer seulement dans le sport et que dans sa spécialité. Quand on est confronté à d’autres matières, d’autres spécialités, on a aussi d’autres problématiques qui nous viennent et qui peut-être un jour arriveront dans le sport où l’on ne sera pas préparé si on ne les a pas touchées ailleurs.

Donc c’est important avant tout de faire du journalisme en apprenant les bases du journalisme. C’est un socle commun et après il y a des branches qui partent vers le sport et la politique ect. Et si on n’a pas les bonnes bases et les bons socles communs on ne sera pas forcément un journaliste très à l’aise même si on est passionné et spécialiste dans le sport. Il ne faut pas s’enfermer tout de suite dans la spécialité. »

 

 

Pour canal +, d’après toi, que représente le PSG et l’arrivée d’une star planétaire comme Neymar ?

« C’est une bonne opportunité puisque Canal + c’est le diffuseur historique de la Ligue 1 et on est dans une saison qui a pris une dimension qu’on n’a jamais vu en Ligue 1 dans le foot moderne. On a un potentiel ballon d’or, qui fait peut-être partie des trois meilleurs joueurs au monde. On a une équipe ambitieuse qui veut gagner la Ligue des Champions, ce qui n’est jamais arrivé dans l’ère prémoderne du football. Donc pour Canal + c’est une chance. Bien sûr les audiences sont à la hausse. Le PSG dans tous les cas est une équipe qui est très regardée… C’est vraiment quelque chose de positif pour Canal +, pour tous les diffuseurs et même pour le foot en France d’une manière globale. Quand tu as la chance de diffuser les matchs de stars mondiales comme celle du PSG et la chance de voir évoluer une telle équipe, la mettre en avant, la commenter et faire des reportages dessus c’est une superbe opportunité. »   

 

Avec l’équipe que Paris a cette année, pourrait-on voir le PSG remporter la Champions League ?

« Sur le papier, ils ont clairement selon moi, une équipe qui peut clairement gagner la Ligue des Champions dès cette année. Après quand je dis sur le papier c’est parce que c’est un peu une analyse naïve. Ils ont pour moi, le 4e ou 5e meilleur effectif d’Europe. Ils sont en dessous du Real, en dessous d’autres équipes parce qu’ils leur manque un peu d’expérience, ils n’ont jamais passé les quarts de finale depuis très longtemps … Après la réalité de la Ligue des Champions, cela s’est toujours confirmé, c’est la manière dont on va gérer les matchs à enjeux, la manière dont on va se sortir de situations difficiles et la manière dont le collectif va prendre le dessus sur l’individualité. Pour l’instant, je trouve que Paris n’a pas encore prouvé dans l’ère Qatarie du PSG, dans les matches à qualification directe, qu’ils ont réussi à passer se palier-là. Le palier où toutes les individualités se mettent au service d’un collectif surpuissant.  Donc moi, j’ai encore un doute là-dessus. Quand je vois le match qu’ils font à Marseille, quand je vois certaines prestations en Ligue 1… Je me dis qu’il peuvent le faire mais on n’est pas sûr à 100% que ça va se passer pour tout de suite. En tout cas, il faudra vraiment en février ou en mars qu’ils passent un vrai palier et qu’ils fassent deux vrais matches de référence face un géant européen où ils se qualifient. Et là, on pourra dire que Paris est sur la bonne dynamique. Il faut qu’il passe l’hiver avec un collectif surpuissant parce que ce n’est pas en Ligue 1 qu’ils vont faire la différence. C’est quand ils vont jouer face au Barça, contre le Réal… Il faut vraiment que les individualités servent le collectif. »

 

Est-ce que pour toi football et journalisme sont synonymes ? Qu’est-ce que ces deux activités représentent pour toi ?

« Pour moi c’est deux passions! Donc j’ai la chance de travailler avec deux de mes passions. Le foot et sport le général, le journalisme aussi… J’ai toujours voulu faire du journalisme depuis que je suis assez jeune parce que je sais un peu écrire. J’ai toujours fait du sport, et j’en regardais beaucoup. Donc les deux sont vraiment liés pour moi et j’ai la chance de faire un métier qui est organisé autour de ces deux passions-là. Après, c’est vrai qu’il y a des similitudes dans plein de choses. A Canal +, nous sommes un média qui est assez ambitieux, qui a des moyens où l’on fait de bonnes choses. On a des médias concurrents comme au foot où tu as des équipes concurrentes. Tu as d’autres journalistes qui sont présents dans d’autres chaînes, il y a une vraie concurrence. Ce que tu produis est regardé et critiqué par les téléspectateurs… Donc c’est vrai qu’il y a des similitudes même si elles sont hautaines. Mais il y a un certain rapport au public qui se retrouve dans le sport aussi c’est vrai. »

 

Toi, on te connaît  principalement grâce à la réalisation de différents reportages : A Marseille et en Guadeloupe notamment… Parlons de Marseille maintenant, c’est vraiment une ville qui « pue le foot » comme on dit ?

« Après, moi, je suis un peu moins objectif parce que je suis né à Marseille et c’est la ville où j’ai grandi. Mais justement, le fait d’avoir étudier en dehors de Marseille, de travailler à Canal + et d’aller voir ailleurs en voyageant en Europe pour couvrir les matchs européens… C’est vrai et en étant le plus objectif possible, Marseille est en Europe une vraie ville de football. On peut critiquer et ne pas aimer certains côtés que ça génère car c’est une ville qui est passionnée mais c’est quand même une des rares villes en France où vraiment le football transpire. Tout le monde est aspiré par le match du week-end. Tout le monde va vivre avec passion le match du week-end. Le temps s’arrête un peu autour des matchs. Comme dans certaines villes en France, à Lens, à Saint-Etienne… à Marseille c’est vraiment très exacerbé. En plus, il y a cette culture méditerranéenne qu’on retrouve dans cette ville qui en rajoute un peu je pense. Marseille c’est une place forte au niveau populaire en tout cas en France et en Europe. Après, sur le terrain c’est autre chose. »       

 

 

Le foot marseillais, d’après ce que tu as vu à Airbel, à Consolat par exemple a réellement un très fort potentiel ?

« Oui bien sûr! Le foot marseillais à un très fort potentiel parce qu’ à Marseille il y a un bassin populaire très important, il y a une culture du foot. Il y a une vraie filiation. Quand tu es jeune, tu grandis avec l’OM et avec tes parents. Tu regardes le foot avec les autres au Vélodrome… Donc tu es vraiment plongé là-dedans. Tu as aussi un tissu très populaire, de zones très industrialisées, de cités ect… Donc il y a un rapport au football qui est important. Il y a beaucoup d’enfants qui y jouent. Il y a énormément de licenciés. C’est d’ailleurs une des régions où il y a le plus de licenciés en France. C’est l’une des régions où ça joue vraiment au football. Du coup, il y a un vrai potentiel. 

Après, tous les spécialistes du foot et les formateurs reconnaîtront qu’il y a un très bon niveau en amateur parce qu’il y a des éducateurs compétents, il y a une culture, il y a des clubs amateurs assez forts voire puissants. Donc il y a un vrai tissu voire un fort potentiel.

Mais le vrai problème c’est que dans ce potentiel-là on n’en tire pas le meilleur encore parce que l’OM pendant quelques années a eu du mal dans la formation et il y a eu des carences parce que souvent cela a été délaissé et les jeunes sont partis dans d’autres clubs. Le fait de ne pas avoir un tissu de formation fort à l’OM a fait qu’ils n’ont pas pu utiliser au maximum ce potentiel-là mais il y a un vrai bassin de talents comme il y en a à Paris, et dans d’autres régions. Mais je pense qu’il y a eu des ratés parce que la région n’était pas maillée par les grands clubs pros comme il le fallait. Mais j’ai l’impression que c’est en train de changer. Il y a une prise de conscience. Et bien sûr c’est l’OM qui aura un rôle important car c’est le club phare de la région. Quand ils vont se remettre à détecter des talents, à refaire monter des informations sur des joueurs talentueux et à mettre une pression sur les clubs locaux, cela va porter ses fruits dans 10 ans. Mais il y a du talent ici. Il faut juste regarder les joueurs qui sont sortis. Zidane vient d’ici, Nasri, Cantona, Tigana… Ce n’est pas un hasard. »   

 

Mamadou Niang et Souleymane Diawara ont repris en main le club de Marseille Consolat qui joue en National, leur projet est-il réalisable ? Aimerais-tu voir un OM vs Consolat au Vélodrome un jour ?

« Aujourd’hui, le vrai problème de Consolat, qui est un problème structurel, c’est que c’est vraiment un club de quartier. Ils n’ont pas la puissance financière, ni les structures pour grandir trop vite. Ils ont très peu de terrains d’entraînement. Ils ont très peu de moyens financiers et donc ils ne peuvent pas payer des éducateurs ni des joueurs très cher. Ils ne peuvent pas par exemple monter un centre de formation. Ils n’ont pas de centres de formation. Ils ont de bonnes équipes en jeunes mais pas du niveau d’Airbel. Du coup, on va dire qu’ils mettent plus de moyens sur l’équipe senior. Mais c’est limité. Ils essayent de faire des mercatos intelligents, ils se servent beaucoup des locaux, des joueurs du bassin marseillais qui ont beaucoup de talent.

Mais pour moi, je pense que c’est un projet qui encore limité parce que financièrement et structurellement ils leur manquent pas mal de choses. Après, le fait qu’il y a M. Niang et S. Diawara qui sont récemment arrivés est un moyen d’envoyer un message aussi pour dire que Consolat se structure. Ils connaissent le très haut niveau et peut-être qu’à un moment donné, ces gens-là apporteront une dynamique positive qui leur permettra de monter en Ligue 2. Mais ça fait deux ans qu’ils ratent la montée de peu. C’est peut-être lié au fait que derrière ils ont peur de ne pas trop suivre financièrement. C’est un vrai club fragile économiquement et c’est assez compliqué. Aujourd’hui, tu ne peux pas être un club professionnel et être aussi fragile économiquement.

Donc à mon avis, eux-mêmes connaissent leurs limites. S’ils veulent vraiment aller en Ligue 1, il faudra vraiment qu’il y ait des investisseurs et qu’il y ait un projet plus solide financièrement. C’est peut-être ce qui arrivera. C’est un club très important à Marseille, qui peine à exister et qui est encore loin de la Ligue 1. »

 

     

On a vu le Classique en exclusivité sur Canal, L’OM, avec son projet actuel, pourra-t-il rivaliser chaque année avec le PSG dorénavant ?

« Sur un match peut-être comme on l’a vu lors du week-end du classique. Mais sur la saison non clairement. Sur le classique, on a vu une équipe de Marseille à 120% et une équipe de Paris à 80%. Donc Forcément, cela s’équilibre et Marseille fait illusion. Le projet qu’il met en place monte petit à petit. Mais si on regarde l’ensemble des matchs de Marseille sur la saison il y a de bons résultats mais sur l’intention de jeu et sur la qualité de l’effectif, ils sont quand même limités. Ils sont loin du PSG qui a deux équipes. Paris, aujourd’hui, peut aligner deux équipes en Ligue 1 et faire peur à tout le monde. Marseille, il leur manque trois joueurs cela devient compliqué et ils ne sont pas sûrs de gagner sur toutes les pelouses de Ligue 1. Donc à l’heure actuelle, Marseille ne peut pas rivaliser avec Paris c’est impossible. Financièrement, il y a un tel écart qu’il va falloir qu’ils réfléchissent de manière intelligente pour combler l’écart avec Paris. Il va falloir travailler sur la formation en plus d’un recrutement intelligent pour essayer de faire un peu comme Monaco l’an dernier, c’est-à-dire aller chercher Paris sur son terrain. Mais pour l’instant, Marseille a un ou deux paliers en dessous largement. »

 

Parlons des Antilles maintenant, quel portrait pourrais-tu dresser du football antillais ? En étant objectif, quels sont ses avantages et ses inconvénients ?

« En me basant vraiment sur ce que j’ai vu et étudié sur le football aux Antilles, avant tout sur le football Guadeloupéen qui est un peu spécifique mais qui révèle certaines choses, ce qui m’avait marqué c’est l’écart qui existe en termes de structure et de formation avec la métropole. Bien sûr c’est lié à la distance et à plein de raisons historiques. Mais cela m’avait vraiment marqué.  La Guadeloupe et c’est à peu près la même chose en Martinique voire en Guyane sont des vrais départements football! C’est des choses qui m’ont vraiment marqué sur le football d’outre-mer. J’ai trouvé ça un peu dommage parce que de très grands joueurs sont venus d’outre-mer.

Ensuite, la deuxième chose qui m’a vraiment marqué c’est que ce sont des départements passionnés de football ! C’est assez incroyable. Quand on voit des matchs où les stades sont pleins, où il y a un vrai engouement, où il y a une vraie reconnaissance, où l’équipe d’une ville va être suivie par tout le monde… On a vu des terrains partout quand on était en Guadeloupe et je sais qu’en Martinique c’est pareil. Donc c’est des vrais territoires de football et ça c’est super! C’est marquant et ça donne envie d’aider ces zones-là à ne pas être oubliées. C’est fort! Les gens regardent et suivent le foot de tous les championnats… Franchement, ça transpire le football aussi.

Dernière chose, quand on voit Thomas Lemar aujourd’hui, ça permet de revendiquer que ce football-là, même s’il est un peu délaissé, a du talent et quand on voit ce que ça donne au très haut niveau, ça donne justement envie de suivre les joueurs et de ne pas oublier ces zones-là parce qu’il y a de vrais footballeurs et une vraie passion. »

 

 

D’après ce que tu as vu en Guadeloupe notamment, as-tu ressenti une attitude combative chez ceux qui veulent faire avancer le football du pays ?

« Oui, très combative. Il y a des gens qui ont des choses à dire. C’est très combatif surtout chez les gens qui sont sur le terrain. Ils sont connectés avec les joueurs qui sont tous les week-end voire tous les jours aux entraînements. Les éducateurs, les présidents de clubs, les joueurs, il y a vraiment une attitude combative, une envie de montrer à la métropole qu’on existe, qu’il y a du talent… Qu’il y a également une envie de se développer au niveau local, avoir plus de sponsors, avoir vraiment un football un peu autonome qui va avoir de la gueule.    

Après, au niveau des instances… La ligue de Guadeloupe ect. Là on les sentait un peu moins connectés au football local. On avait moins ressenti cette combativité-là. On sentait davantage qu’il y avait des acceptations ou des positions politiques. Et là ça bloquait un peu plus. Cela transpirait moins le foot et l’envie de combattre. »

 

Les présidents des ligues aux Antilles-Guyane se battent pour intégrer la FIFA, cela te choquerait de voir la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane par exemple intégrer cette fédération ?

« Cela ne me choquerait pas mais je trouverais ça dommage. Autant je suis totalement pour qu’il y ait plus d’autonomie dans le foot amateur et dans le développement du football Antillais. Je pense que ça les renforcerait d’avoir un football plus fort et plus puissant économiquement. Par contre d’avoir des sélections nationales qui intègrent la FIFA je trouve que ça n’a pas de sens pour deux raisons :

Premièrement ces équipes-là auront du mal sportivement. Cela ne les servirait pas d’avoir une équipe de Guadeloupe ou une équipe de Martinique qui aura du mal à faire des résultats. Cela ne donnerait pas forcément l’image la plus logique et la plus réelle de ce qu’est vraiment le football antillais. S’ils prenaient des tôles à tous les matchs alors que c’est un super football cela serait dommage.

Deuxième raison, historiquement, ce sont des territoires qui ont donné tellement de grands joueurs à l’équipe de France, ce serait une manière de ne pas reconnaître ça aussi. Je trouve que ce serait un bond en arrière. Plutôt que de vouloir jouer et être indépendant auprès de la FIFA, il faut continuer à se battre pour être vu et entendu par l’équipe nationale. Le vrai combat il est là à mon avis. Je comprends cette volonté, mais pour moi, ce serait contre-productif et ce football-là serait encore plus mis de côté je pense… »

 

 

Mais l’objectif c’est d’intégrer tout d’abord la FIFA en étant membre à part entière de cette fédération. Soit avoir la possibilité d’avoir davantage de moyens financiers et une sélection plus forte…

« C’est aussi une manière d’être un peu combatif par rapport à l’oubli de la métropole. Mais je ne suis pas sûr que ça soit très constructif de le faire vraiment. Je trouve que ce serait plus intéressant de mettre en valeur ce football-là par la métropole quitte à continuer à aider les sélections. Il faut que ça reste quelque chose d’autonome mais pas indépendant. J’ai peur qu’intégrer la FIFA soit une manière de les mettre encore plus de côté et de les oublier encore plus facilement. »