Tout d’abord, comment allez-vous? Aujourd’hui, après une longue et riche carrière, que faites-vous dans la vie ?

« Donc comment je vais? Déjà, je vais très bien. Je suis en bonne santé. Je suis entraîneur adjoint à l’Etoile de Morne à l’Eau. Je m’occupe aussi un peu des jeunes de mon club. Je m’occupe enfin de tout le monde, même des tout petits. J’ai passé mon diplôme d’entraîneur. Je fait un stage de quelques mois, jusqu’au mois de mai. Donc voilà en gros mon quotidien, mon présent. » 

 

Tu as gagné énormément de trophées… Championnat de France, d’Espagne, et surtout la Ligue des Champions avec l’OM, comment vis-tu le fait d’avoir été un grand champion ?

« Cela se vit, je pourrais dire, normalement. Par rapport au métier qu’on faisait, moi et mes collègues, on était préparé à découvrir toutes ces choses. Quand on veut être sportif de haut niveau, c’est pour pouvoir gagner au maximum et prendre du plaisir. Donc cela a été un grand plaisir d’être champion de France, de gagner des coupes, un championnat d’Espagne, et gagner la Ligue des Champions… Ce sont des choses que tout footballeur aurait aimé réaliser. Moi, j’ai pu réaliser tout ça. Cela n’a pas été un rêve au départ. Mais ça a été un but au fil des années que j’ai pu accomplir. »  

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Marseille représente quoi pour toi ?

« Marseille, ça représente et cela m’a représenté le haut niveau. Cela a représenté le Star Système. Cela a été se faire connaître aussi à l’international. Par la suite, j’ai pu partir à l’étranger. J’ai été au Torino c’est-à-dire à Turin, et à l’Inter de Milan. Donc ça m’a permis d’être connu et d’enrichir ma carrière de footballeur parce que durant cette période, c’est vrai c’était Marseille qui marchait le plus en France. J’ai fait partie de cette belle épopée. »

 

Quel a été ton match de référence dans ta carrière ?

« Je ne sais pas si j’ai un match. J’ai fait tellement de bons matchs (rire) sans être prétentieux. Mais, un match qui m’a fait plaisir… C’était peut-être avec Valence. Avec Valence, j’ai connu des choses peut-être énormes ! Notamment un Valence vs Bilbao où ce jour-là j’avais marqué un but. J’ai connu des matchs avec Marseille. Des gros matchs où je dirais tout était pratiquement parfait. Mais je n’ai pas un match référent. »

 

Aujourd’hui l’OM a des ambitions, que penses-tu du club ? Est-ce qu’il va dans le bon sens ?

« Est-ce qu’il va dans le bon sens? C’est vrai que le projet met un peu de temps à se mettre en place mais dans l’immédiat ils sont dans le vrai. Marseille est 4ème et commence à jouer de mieux en mieux, donc ça progresse. Ce n’est pas facile parce qu’il y a des équipes qui ont de l’avance, comme tout d’abord Paris, Monaco et Lyon. Donc Marseille doit mettre son projet vraiment en place et ça passe par quoi? Sûrement à une qualification en Champions League en finissant parmi les trois meilleures équipes de ce championnat. »

 

Basil Boli a été ton coéquipier à l’OM, il est aujourd’hui l’ambassadeur du club, il représente l’OM à la perfection ?

« Ah oui, c’est le personnage. Il y a Basil parce qu’il a marqué l’OM, c’est lui qui a marqué le but en finale de Champions League aussi. On aurait pu aussi penser à Papin parce que c’est vrai lui aussi a marqué l’OM par ses buts et par ce qu’il a pu réaliser pendant 6 ans à l’OM. Mais, Basil Boli c’est l’OM. C’est un gars lorsqu’il est arrivé n’était pas aimé. Il a su conquérir le public et conquérir la France. Je pense qu’il est tout à fait normal qu’il soit l’ambassadeur du club. »

 

A Valence tu as été champion d’Espagne, tu as gagné plusieurs coupes, donc tu as passé de très bons moments… Mais, tu as perdu 2 finales de C1 consécutives. Cela fait quoi de voir passer la plus grande coupe européenne sous son nez 2 fois de suite ?

« Moi, je peux dire que j’avais le réconfort d’avoir déjà gagné une Ligue des Champions auparavant. Donc je pouvais gérer la finale différemment. Je l’avais assez bien préparée.

La première fois personne n’attendait l’OM qui était face au Milan AC qui écrasait pratiquement tout en Europe et on a gagné. La première fois, avec l’OM c’est vrai que je m’étais fracturé la jambe justement pendant cette finale. Mais c’est vrai que j’avais préparé ce match-là énormément.

Avec Valence je me demandais comment j’allais vivre tout ça. Mais, les avoir perdues c’est vrai que c’est un gros coup, mais le fait que j’avais déjà gagné une finale avait atténué ma peine avec Valence. Mais ce sont des moments terribles aussi et surtout pour les supporters. Personne n’attendait Valence en finale et à l’arrivée on en fait deux. Malheureusement, on les a toutes les deux perdues. Mais, malgré tout, cela reste des moments formidables. Nous avons participé à des qualifications, nous avons gagné des matchs, nous sommes arrivés en finale en gagnant des équipes comme le Barça, le Réal… Donc tout ça c’est fort. »  

 

Le football Guadeloupéen représente quoi pour toi ?

« Déjà, c’est un football qui m’a permis de commencer à jouer et de me faire connaître aux Antilles. Cela m’a permis d’avoir un bagage par la suite pour pouvoir évoluer en Europe. C’est-à-dire pouvoir faire un essai, pour qu’ensuite cet essai soit concluant, pour qu’on puisse me voir et voir c’est quoi le football guadeloupéen. Même si il n’est pas suivi en France, le football guadeloupéen m’a apporté énormément. Je crois qu’en retour moi aussi je en ai apporté. J’ai participé à pas mal de choses : Notamment à la Gold Cup avec la sélection de la Guadeloupe et avec mon club de Morne-à-l’Eau où j’ai pu partager mon savoir avec tout ce monde. » 

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Aller en demi-finale de la Gold Cup a été un moment fort pour toi ?

« Oui ça a été un moment important pour moi mais aussi pour la Guadeloupe. Malheureusement, on n’a pas pu surfer sur cette demi-finale mais à ce niveau encore une fois personne ne nous attendait. Mais arriver en demi-finale et savoir par la suite que la Guadeloupe n’a pas pu avoir de meilleures infrastructures, d’avoir même un football plus alléchant, d’avoir un football de plus haut niveau… Malheureusement, je me demandais si quelque part ça a servi à quelque chose. Mais, il est vrai, ça a permis de connaître la Guadeloupe. On nous attendait car on avait participé deux à trois fois de suite à cette compétition. Les deux dernières fois, cela a servi à nous faire connaître et à faire connaître notre île. »  

 

Pour faire progresser le football antillais, guadeloupéen et martiniquais, intégrer la FIFA est-ce une bonne chose ?

« Intégrer la FIFA cela peut être une bonne chose. Mais, moi c’est bon juste pour le côté financier. Oui, ça peut apporter autre chose aussi niveau infrastructure par exemple et avoir des éducateurs formés. Mais en ce qui concerne les résultats sportifs ça va être difficile. Il ne faut pas intégrer la FIFA pour prendre des raclées et des tôles ou être ridicule. Intégrer la FIFA c’est une chose, mais il faut avoir un projet sportif, un projet global sur le football. C’est quelque chose qu’il va falloir bien réfléchir. Je pense que tout le monde est dessus parce qu’il y a une manne financière qui pourrait nous permettre d’avancer autrement. Mais est-ce que ça va nous permettre d’être plus compétitifs, là, je me pose la question. »

 

Pourrais-tu un jour être sélectionneur de la Guadeloupe afin d’être encore plus compétitif ?

« Oui c’est possible. Je viens de passer mon diplôme d’entraîneur, c’est le BEF. Il me manque deux encore pour être entraîneur professionnel.  Mais dans l’immédiat c’est d’actualité, disons que j’en discute aussi avec le président de la Ligue. C’est fort possible que j’intègre cette Ligue et par la suite pourquoi pas. Mais cela ne veut pas dire non plus qu’on aura une sélection forte. Il va falloir travailler. Il faut savoir que pour avoir un projet sportif, de jeu, il faut au moins quatre ans. Donc j’attends de voir comment les choses vont évoluer et puis peut-être que j’aurai cette décision à prendre. »