L’Aiglon du Lamentin a disputé un 32e de finale historique en Coupe de France à Orléans (L2). Comment analyses-tu la défaite 3 buts à 2 de ton club ?

« Tout simplement par un manque de concentration. On était dans l’euphorie. On revenait au score pendant les prolongations. Ce n’était pas évident car on était en train de baisser physiquement alors qu’on avait repris le match en main. Et puis le troisième but d’Orléans est arrivé alors qu’on n’était même pas encore bien en place. Malheureusement pour nous. Mais louons notre performance. Ce n’était pas évident pour nous face à cette équipe de Ligue 2. C’était une équipe professionnelle qui jouait et qui respirait le football. Alors que nous, par rapport aux joueurs de l’US Orléans, on associe le professionnel à nos activités sportives. Donc forcément, on peut tirer un bilan très positif de notre prestation et de notre épopée en Coupe de France. » 

 

Individuellement tu n’as pas marqué de but ? Est-ce que c’est un regret ?

« Est-ce que c’est un regret ? Oui et non. Oui car j’ai eu des opportunités de marquer effectivement deux occasions. Non parce que le football est un sport collectif et dans l’ensemble on a été bon. Moi, je n’ai pas été mauvais. J’ai été très disponible pour l’équipe. Ce qu’on demande à l’attaquant c’est de marquer, malheureusement ce n’a pas été le cas. Pour ma prestation personnelle ça a été. Mais je retiens plus la prestation collective car on était tous en bloc équipe face à l’US Orléans. D’ailleurs, on avait bien préparé ce match-là en faisant un stage de préparation durant le mois de décembre avant de partir… Donc forcément tous ces éléments-là nous ont permis d’être à la hauteur de cet événement. On a montré qu’on avait du répondant. On avait des qualités à faire valoir et ça s’est vu sur le terrain lors de ce match. »

 

Malgré la défaite, pour toi, qu’est-ce que ce match apporte à l’Aiglon sportivement ?

« Sportivement, ça nous a permis de nous jauger afin de voir notre vrai niveau. On voulait savoir si on était en mesure de résister face à une équipe professionnelle… Est-ce qu’on était en mesure de bien poser notre jeu. Est-ce qu’on était en mesure de faire face à une équipe professionnelle. Sportivement, c’est valorisant pour nous, pour l’Aiglon du Lamentin, pour tous les joueurs et les jeunes aussi… Parce que ce n’était pas une mince affaire. On était quand même face à une équipe qui joue le milieu de tableau de Ligue 2 et qui avait des joueurs de qualité. Des joueurs comme Karim Ziani ou Jordan Tell. C’est vrai qu’à partir de là sportivement c’est de bon augure pour la suite. Notre match face à Orléans va vraiment ouvrir un peu l’arc Antillais au fait que les joueurs amateurs n’ont rien à envier à des équipes professionnelles. Il suffit de bien se préparer. »

 

Que peux-tu dire des supporters de l’Aiglon présents au stade ?

« Alors là, franchement, c’était une grande ambiance ! Je n’avais pas vu ça depuis de longues années. La Martinique n’avait pas vu ces ambiances-là depuis un bon moment. La dernière fois c’était avec le Club Franciscain face à Nantes. Mais face à Nantes il n’y avait pas assez de suspense. Alors que là, face à l’US Orléans, il y avait du suspense. Ça a duré jusqu’aux prolongations. Mais j’avoue que les Orléanais ont été un peu confus par la situation parce qu’il y avait une ambiance folle. On était vraiment près à aller jusqu’au bout même quand on était mené. Donc c’est vrai que ce match-là je ne l’oublierai jamais et il fera partie des meilleurs moments de ma carrière. »   

 

Après une telle prestation face à une équipe de Ligue 2, est-ce que l’objectif en championnat ne serait pas de terminer au moins sur le podium dorénavant ?

« De toute façon c’est l’objectif. L’objectif de l’Aiglon c’est d’être sur le podium. Déjà, l’objectif premier est de terminer champion de Martinique. Maintenant nous sommes en retard au niveau des points. C’est vrai que nous étions un petit peu plus axé sur la Coupe de France et c’est ça qui a concentré l’équipe. Il y avait des objectifs et il y avait vraiment une envie de franchir les poules et de créer une belle aventure. Maintenant le championnat est encore long et on a encore de la route. Ce qui est très difficile pour les équipes comme nous qui sont arrivées en 32e de finale de Coupe de France c’est la remobilisation. C’est difficile de retrouver notre championnat et les compétitons locales. Forcément, pour ces équipes-là ce n’est pas évident. Donc, il faut absolument qu’on rentre tout de suite dans une dynamique positive en gagnant les matchs très tôt pour pouvoir redémarrer la mécanique. »   

 

Aujourd’hui pouvons-nous dire que l’Aiglon est au niveau du Golden Lion ou et du Club Franciscain ?

« Nous sommes au niveau du Golden Lion et du Club Franciscain. Je pense qu’on a des joueurs de qualité pour rivaliser avec eux. Forcément, ils ont pris de l’avance dans la mesure où ils ont plus d’expérience parce qu’ils ont des joueurs qui ont beaucoup plus de qualités tactiques comme physiques. Maintenant, on n’a rien à envier ni au Club Franciscain ni au Golden Lion. Donc si on arrive à bien redémarrer la deuxième partie de saison en étant dans une très bonne dynamique je pense qu’on peut arriver à les soutirer. On a quand même eu un retard assez conséquent. C’est vrai que ça va demander un temps faible des équipes devant en championnat pour pouvoir jouer le titre. En tout cas, on a d’autres objectifs aussi. Il y a la Coupe de la Martinique. Donc il faut qu’on arrive à gagner un titre cette année et c’est l’objectif. Personnellement ça ne fait que 3 mois que je suis au club. Je suis là depuis novembre. Cette aventure en Coupe de France nous a permis de ressouder le groupe. A mon arrivée, il y avait déjà une très bonne cohésion d’équipe. Si on arrive à bien transposer cette aventure en Coupe de France en championnat et en Coupe de Martinique, je pense qu’on peut quand même avancer positivement. »

 

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