Emiliano Sala devait jouer la Premier League et porter les couleurs de Cardiff City. Le FC Nantes l’avait vendu pour 17 millions. Le lundi 21 janvier 2019, deux jours après son transfert, il se trouve à bord d’un avion qui disparaît des radars, au-dessus de la Manche. Il est porté disparu.

Johan Audel, son ancien coéquipier au FC Nantes, s’exprime à propos sa disparition et dresse son portrait :

 

 

Quelle réaction as-tu eue lorsque tu as appris la disparition d’Emiliano Sala ?

« Ça m’a un peu coupé les jambes parce que c’était un ex-coéquipier. C’est une personne que j’ai côtoyée pendant 2 ans. C’est quand même quelqu’un avec qui j’ai quand même passé d’excellentes soirées ça m’a un peu sidéré. On ne s’attend pas à une telle nouvelle. En plus, lorsque j’ai appris ça j’étais avec mon avocat dans un rendez-vous. Et je vois sur mon téléphone que j’ai reçu près de 19 appels en absence et une quinzaine de messages. Dans mes messages on me dit : « alors est-ce que tu as vu pour Sala ? » Pour moi, on me parle de son transfert à Cardiff… Donc je répondais que oui il a été transféré. Tranquille. Normale. Et après, on m’envoie le stream de sa disparition. Et là, je tombe des nues ! Au final, ça m’a scotché… »

 

Comment était Emiliano Sala sportivement et en dehors du terrain au quotidien ?

« Sportivement c’était un mec qui ne lâchait rien. En fait, il est arrivé au club en même temps qu’un autre attaquant : Kolbeinn Sigþórsson.  Et Kolbeinn arrive avec un très fort prix. C’était l’un des plus gros transferts du club. Et Emiliano Sala arrive en tant que second attaquant. Et moi, dès que je l’ai vu je me suis dit que c’est Emiliano notre numéro 9. C’était un guerrier. Je me rappelle son premier entraînement, j’étais associé à lui. À l’époque notre coach c’était Michel Der Zakarian. Je me rappelle cet entraînement comme si c’était hier. Et d’ailleurs, on se régalait à l’entraînement. Alors que c’était nos premiers pas ensemble. Vraiment, c’était un mec attachant. Il était adorable. Il ne faisait pas de bruit. C’était un solitaire. C’était quelqu’un qui ne disait jamais de mal sur quelqu’un d’autre. C’était quelqu’un qui se taisait et bossait. Il n’était jamais là à se plaindre. Il ne disait jamais « oh! on va courir. Oh! on va faire ci et on va faire ça… » Quand le préparateur donnait son programme, c’était le premier à sortir du vestiaire et tu ne l’entendais pas broncher. Sincèrement, on a perdu un vrai guerrier. Comme dit Lucas Deaux, j’espère qu’il va sortir de nulle part et nous dire que tout va bien. »

 

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Enfin, toi, qu’est-ce que tu deviens ? 

« Moi je passe mes diplômes d’entraîneur. Je passe mon BEF à Aix-en-Provence. Mon but c’est d’enchaîner après sur le DEF etc. Je suis bien. Je suis à l’OGC Nice. J’ai tourné la page de joueur et j’entame une carrière d’entraîneur que j’ai très bien commencé avec l’OGC Nice (il entraîne les jeunes joueurs de 6 à 12 ans) ».