Après avoir effectué un stage de perfectionnement en Martinique à Bellefontaine et Trinité (du 08 au 12 juillet), la Corsair Foot Academy s’est déplacée en Guadeloupe aux Abymes, Petit-Canal, Sainte-Anne, Sainte-Rose et Gourbeyre, afin de poursuivre son stage dédié aux Antilles. Pendant cinq jours, de nombreux jeunes âgés de 12 à 15 ans passionnés par le football bénéficient ainsi de conseils d’anciens footballeurs professionnels de renom lors d’entraînements déjà bien rythmés. Également présent sur l’île aux belles eaux, le célèbre journaliste/présentateur de beIN SPORTS Alexandre Ruiz a eu la gentillesse de répondre à nos questions.

Entretien audio :

Retranscription de l’interview :

Après deux jours de stage (jour de l’entretien), comment trouvez-vous le niveau du football antillais ?

« C’est trop difficile de te donner tout le niveau du football antillais en seulement deux jours de stage. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a un élément qui est très fort, c’est le terme de passion. On a commencé la première journée de stage avec un aspect un peu brouillon. C’était un peu désordonné. Puis, peu à peu, les choses se sont mises en place. Et tout d’un coup, après avoir vu des jeunes garçons et jeunes filles un poil stressés et emmenés par ce que je disais, ce côté un peu brouillon, la passion est ressortie et on a retrouvé une joie de jouer au football. C’est à partir de là qu’on a vu des qualités qui commençaient à sortir. Donc il sera trop dur de te dire la qualité du football antillais. Mais, je vais te donner une bonne nouvelle : la Ligue de Football Professionnel a labélisé le stage de la Corsair Foot Academy. Cela veut dire maintenant qu’il est inscrit officiellement dans le calendrier de la LFP. Ainsi, c’est un réel stage de perfectionnement pour ouvrir une voie de professionnalisme pour les jeunes antillais. Donc, c’est une très bonne nouvelle après quatre ans seulement de voir ce stage officiellement labélisé par la Ligue ».

 

C’est bientôt la reprise de la Ligue 1. Comment voyez-vous la saison prochaine ?

« Elle va être ultra animée parce qu’il y a de grosses nouveautés. Ce sera bien entendu de voir ce que Paris va faire car il y a le PSG et les autres en Ligue 1. Cela on ne peut pas le nier depuis quelques années. Pour autant, les dernières agitations qu’il y a du côté de Paris, notamment autour de Neymar and co, font que le club cherche encore un petit équilibre : soit le garder et retrouver un équilibre, soit que Neymar s’en aille et donner le « lead » à quelques nouveaux joueurs. Daniel Alves et Buffon sont partis. Ils étaient appelés à être les leaders depuis le départ de Thiago Motta, mais ils n’ont pas réellement pris ce statut. Donc, soit Neymar reste et il occupe ce statut-là, soit il s’en va et il faudra un nouveau pour prendre ce statut. Sans doute, Kylian M’Bappé. Autour de ça, on a vu un Olympique Lyonnais qui s’est très bien renforcé sur les dernières semaines. Il y a la nouveauté à Marseille avec André Villas-Boas. Puis, il y aura les deux ou trois clubs qui seront derrière. Il sera intéressant de voit comment ils vont se battre pour les places européennes. Mais les principales animations seront autour de cette notion de « lead » à Paris et comment l’équilibre parisien va être retrouvé autour de Thomas Tuchel. Le Marseille version Villas-Boas… Et le nouveau Lyon. Je dis bien nouveau car c’est bien la première année que Jean-Michel Aulas a décidé de laisser le pouvoir à une direction sportive 100% Brésil. On verra ce que ça donne ».

D’ailleurs, le Brésil a remporté la Copa América. La victoire est-elle méritée ?

« On n’a pas vu un Brésil comme on en avait en tête. À savoir, un Brésil très technique et flamboyant. Ce n’est plus ça maintenant. Le football a évolué. Les joueurs de la Seleção évoluent pour la plupart dans les championnats européens si ce n’est quelques-uns comme Everton qui a réalisé une compétition incroyable, qui est encore dans le championnat national. Mais c’est un football aujourd’hui plus classique et plus défensif. Pour autant, ils ont réalisé une très belle Copa América. Il y aura bien entendu les questions du VAR, les pressions peut-être politiques et autres. Mais voilà, ça on va mettre de côté et on ne va parler que de football. Donc le Brésil a remporté une belle Copa América et les autres, l’Uruguay, la Colombie, l’Argentine qui étaient les favoris, ont manqué leur tournoi. Ce qui fait que le Brésil a eu ce boulevard et ils en ont profité. C’est un juste vainqueur. Par ailleurs, je soulignerai une chose, c’est la qualité du Pérou. J’ai vraiment aimé cette sélection qui a pratiqué un très beau football ».

Il y a également eu la Coupe du monde féminine récemment. L’équipe de France a perdu en 1/4 de finale. Comment avez-vous vécu cette défaite ?

« C’est un apprentissage. Le football féminin est en constante progression maintenant en France. On espérait mieux oui parce que le tournoi se déroulait à domicile et on avait selon moi des joueuses de qualité pour faire un peu mieux. Maintenant un tournoi est un tournoi. Le jour J, on peut passer à côté. Il y a des joueuses qui n’avaient peut-être plus le niveau qui était le leur durant toute la saison. Elle a d’ailleurs été très longue. Cela s’est vu également avec deux ou trois joueuses américaines qui évoluent dans le championnat de France, qui avaient beaucoup donné durant le championnat, qu’on a vu un poil en deçà de leur niveau. Cela s’est vu vraiment sur l’équipe de France de Corinne Diacre qui avait réussi de belles choses. Maintenant le positif, c’est l’engouement populaire. Il y a une vraie locomotive qui s’est ressentie. Le football féminin a sa place également. On a également quelques filles qui sont présentes dans la Corsair Foot Academy ce qui montre aussi que cet engouement marche. Donc, je crois que c’est un step supplémentaire qui a été passé. Il y a encore du chemin mais on est sur la bonne voie, vraiment ».