L’ancien international martiniquais, Miguel Duragrin donne son point de vue sur la Gold Cup 2021 des Matinino. Selon lui, il manquait davantage de joueurs professionnels et une préparation physique plus poussée.

Interview de Miguel Duragrin, ancien joueur de la sélection de la Martinique :

La sélection de la Martinique a participé à la Gold Cup 2021 en juillet dernier. Quel commentaire peux-tu faire sur le tournoi des Matinino ?

« C’est un bilan assez mitigé. Ni positif, ni négatif. Je pense qu’ils n’ont pas eu assez de temps pour se préparer. Surtout à un tel niveau. La Gold Cup est un tournoi de grande qualité. Il ne faut pas oublier que tu joues contre des joueurs professionnels qui ont joué toute l’année. Alors que nous footballeurs amateurs, on a eu des coupures. Donc je pense qu’on n’a pas eu la bonne préparation pour justement aller affronter ces joueurs-là. »

Tu as fait la Gold Cup en 2003, où votre sélection avait, elle aussi, quitté la compétition avec 0 point. Quels souvenirs gardes-tu de cette Gold Cup, 18 ans après ?

« C’est vrai qu’on a eu la préparation qu’il fallait mais on était sur la même dynamique qu’en ce moment. On n’arrive pas à amener des joueurs professionnels pour obtenir ce qu’il faut pour disputer la Gold Cup face à des joueurs professionnels comme je l’ai dit. C’est pourquoi il faut faire ce travail pour justement ramener davantage de joueurs pros. Notamment pour qu’ils amènent leur expérience et ce qu’il faut pour passer une étape. En 2003, c’était la même chose, on n’avait pas assez de joueurs professionnels avec nous. Je ne dis pas qu’on doit avoir que des joueurs professionnels… Mais il faut trouver cet équilibre, joueurs pros-amateurs, parce qu’on a quand même de bons jeunes. On a tout ce qu’il faut pour réussir aussi avec nos jeunes amateurs. On a de bonnes pépites en Martinique. Je dis juste qu’il faut ajouter dans l’équipe des joueurs de haut niveau pour arriver à un excellent niveau. »

Par curiosité, quel joueur en Martinique t’impressionne le plus actuellement ?

« Franchement, Yann Thimon. J’aime bien son style de jeu. Il a également une bonne vision du jeu. Il voit vite. Franchement, il a tout ce qu’il faut. C’est mon joueur. Lui, je l’aime bien. J’apprécie sa façon de jouer et son placement. Il est complet. C’est quelqu’un qui fait jouer les autres et qui peut faire la différence aussi. »

Comment vois-tu la sélection et le football de demain ?

« Moi je viens d’une petite commune, d’un petit club qui est l’Etendard de Bellefontaine. C’est un club qui n’a pas beaucoup de moyens. Quand il y a des petits clubs comme ça, les grandes équipes comme le Club Franciscain, le Golden Lion, l’US Robert, l’Aiglon viennent piocher dans les petits clubs de la Martinique et ça baisse le niveau du football. Aujourd’hui, il y a des clubs qui n’existent plus et donc le niveau baisse. Il ne faut pas se leurrer, ça a beaucoup baissé. Les matchs de maintenant, ce ne sont pas les matchs d’avant. Les joueurs jouaient pour le maillot. Pour tout ! Maintenant, il y a moins de motivation et c’est dommage. »

Quel entraîneur aimerais-tu voir remplacer Mario Bocaly (nouveau CTR de la Martinique) au poste de sélectionneur dans les mois à venir ?

« Tout d’abord, je souhaite le féliciter, son staff et lui, parce qu’ils ont fait du bon boulot. Pour cette Gold Cup, ils n’avaient pas le temps et la préparation pour que les joueurs soient prêts comme il fallait. Après Mario Bocaly, il faut mettre un sélectionneur qui pourra poursuivre cette dynamique de jeunes, la relève. Pourquoi pas leur donner la possibilité de s’exprimer. Pourquoi pas leur donner leur chance et faire avancer le football martiniquais. Au niveau des coachs, il y en a. Il y a Maurice Narcisse, Patrick Cavelan, Fabrice Reuperné, voire Patrick Percin. On a ce qu’il faut pour avancer. Ce sont des jeunes pour la plupart et ce sont de très bons éducateurs. Cela fait un moment qu’ils sont et travaillent dans le circuit du football. Pourquoi pas leur donner leur chance pour évoluer. »

Aujourd’hui que deviens-tu au niveau du football ?

« Comme d’habitude, j’ai toujours été éducateur sportif de jeunes. Cette année, je suis avec l’AS Champs. Ils sont en District et j’entraîne les U16. Avec le Covid, ce n’est pas évident. On essaye de voir comment on peut faire évoluer les jeunes et comment préparer et mettre en place les entraînements. On va essayer de redémarrer doucement et faire une bonne saison. En ce qui me concerne, je joue toujours avec les vétérans. Cette année, je dois signer avec le RC Gonesse en R2. On verra comment ça s’annonce et comment ça va se faire avec le Covid pour essayer de jouer et faire évoluer les jeunes en même temps. »