L’ancien défenseur professionnel martiniquais, Jacques-Olivier Paviot se remémore sa carrière de joueur et nous donne de ses nouvelles. Fan du Club Franciscain, il envisage aujourd’hui de faire une belle carrière d’entraîneur.

Interview :

En Martinique, on te connaît principalement pour ta carrière professionnelle en Grèce, pour tes débuts à Rennes dès l’âge de 19 ans et tes 2 années au sein de l’équipe réserve du PSG où tu es capitaine. Aujourd’hui, que penses-tu de ta carrière de joueur ?

« C’est une carrière bien accomplie. J’ai fait un peu le tour d’Europe quand même. Je suis arrivé à Rennes en 1995 où je fais juste un an. De 96 à 98, j’étais au PSG. Après Paris, je suis resté un an sans jouer à cause d’une blessure et je retrouve la Nationale avec Pau. On a joué les premiers rôles et j’avais aussi le brassard là-bas. En 2001, je signe à Toulouse en Ligue 2 pour remplacer Dianbobo Baldé, parti au Celtic Glasgow. Puis, le TFC a eu des problèmes financiers. Près d’un mois plus tard, je n’avais plus de contrat avec le club. Donc, je suis parti en Ecosse à Hearts of Midlothians. Mais j’ai eu des blessures là-bas et ça ne s’est pas passé comme je voulais. Pour la saison 2002/2003, je signe à Romorantin, en National, où je côtoie des joueurs comme Frédéric Laurent, un martiniquais qui jouait en Guyane, Fabrice Reuperné, ou encore Philippe Durpes un Guadeloupéen qui est passé par le RC Lens ou Amiens. Il y avait quelques Antillais qui étaient là-bas. En décembre 2003, je suis parti en Grèce et j’y suis resté 5 ans. Vraiment, j’y ai passé de très belles années. Le propriétaire de mon club, le Skoda Xanthi, était un mécène. Il avait son hôtel, son stade, tu étais payé à l’heure sans problème de paiement… Franchement on était bien dans un club qui jouait les premiers rôles en championnat ! On a eu deux qualifications en coupe d’Europe. De belles années ! Après 5 ans en Grèce, je reviens à Pau. J’avais plus explosé à Pau qu’au Paris Saint-Germain. Je fais deux ans en National 2 et puis à 34 ans je tourne la page avec le foot. J’étais un peu fatigué mentalement de toutes ces années. J’avais toujours la grinta mais en tant que joueur ça devenait plus compliqué. J’ai reçu donc une proposition du président de Pau. J’ai eu l’opportunité d’entraîner l’équipe. Et jusqu’à présent je suis entraîneur. »

Actuellement, quelle équipe entraînes-tu ?

« Je suis entraîneur à l’Athletic Club de Boulogne-Billancourt, depuis 2019. C’est un club situé en région parisienne qui était en National 2, il y a 2-3 ans. Le club est en pleine reconstruction. Depuis la saison dernière, je suis en charge de l’équipe première et je suis responsable du pôle sénior (R1-R2-D3-U20) du club ».

Avant de partir en France, tu as vécu près de 19 ans en Martinique. Tu viens de quelle commune et qu’est-ce qu’elle représente pour toi ?

« Moi je suis Franciscain à la base et je suis fier de l’être ! Je suis fier aussi d’avoir joué au Club Franciscain car c’est mon club de cœur ! J’ai été un peu formé au Sporting Club Lamentinois car j’habitais au Lamentin, au départ. Mais le Club Franciscain a toujours été mon club de cœur ! Avant mon départ en France, j’ai eu la chance de pouvoir jouer avec l’équipe première, à la belle époque. »

Tant que tu peux, tu essayes aussi d’aider les jeunes footballeurs martiniquais en France. Peux-tu nous donner quelques exemples ?

« Ces aides sont très informelles. Il y a Clémentia qui était parti en Grèce que j’ai aidé. J’avais bien échangé avec Reuperné aussi. Il avait 27 ans quand il est arrivé à Romorantin, en provenance de Reims. J’avais aussi des contacts avec Frédéric Piquionne, quand il est arrivé en France. On était souvent au téléphone. Donc, je suis plutôt dans la démarche de l’informel afin d’aider vraiment les joueurs. Je le fais naturellement car c’est le cœur qui parle. J’ai pu conseiller et échanger avec Nicolas Anelka à un moment. Actuellement, nous ne sommes plus en contact mais il sait qui je suis et je sais qui il est. Nous étions très proches avant qu’il ne parte à Arsenal, lorsqu’il était au PSG. »

Par ailleurs, ton nom a récemment circulé pour prendre les rênes de la sélection de la Martinique. Penses-tu correspondre au profil recherché ?

« Je sais que mon nom circule mais c’est à la Ligue de Football de la Martinique de prendre la décision. Chaque entraîneur à son profil, ses qualités, ses défauts, ses forces et ses faiblesses. Moi, je suis en poste en ce moment. Je suis en CDI avec mon club actuel. »

Quels sont tes objectifs personnels en tant qu’entraîneur ?

« Mes objectifs personnels sont de faire une bonne carrière en tant qu’entraîneur, tout simplement. Après, dans un parcours d’entraîneur il peut y avoir des opportunités. Mais, le projet c’est de faire une belle carrière, ça c’est certain. »