L’ancien président du Réveil-Sportif du Gros-Morne, Jean-Hugues Bellance nous donne les raisons de son retrait du club. Il souhaite que la mairie accompagne davantage le club de la commune.

Interview de Jean-Hugues Bellance, l’ancien président du Réveil-Sportif du Gros-Morne :

Aujourd’hui tu n’es plus président du Réveil Sportif. Tu es uniquement un membre d’honneur. Peux-tu expliquer les raisons de ton retrait du club ?

« J’avais commencé un travail : en 3 ans, j’ai fait le club retrouver l’élite (R3 à R1). Et depuis, j’ai été déçu du non accompagnement de ma municipalité. Durant cette période, nous avons trop galéré. En R2, on pouvait s’entraîner régulièrement au stade de Lestrade, au Robert. Mais une fois qu’on a pu retrouver l’élite, on a eu les pires difficultés. Les joueurs ne pouvaient pas s’entraîner convenablement. On s’entraînait une fois par semaine au Robert, alors que nous étions une équipe de R1. Cela m’a dégouté ! Deuxièmement, la rétrogradation du club par le COMEX en 2020 a amplifié mon désir de laisser le club parce que je n’ai pas senti l’accompagnement qu’il fallait. Pour moi, on était pratiquement seuls. On n’a pas eu le soutien qu’il fallait, même auprès de notre Ligue. Il y a eu un combat pour permettre à la Samaritaine de remporter le titre mais, il n’y a pas eu vraiment de lutte pour permettre au Réveil d’être une exception. À l’image de l’Etoile de Basse-Pointe et l’AS Mòn-Pito du Lamentin, les clubs qui sont également descendus en R3. »

Tu as parlé de l’Etoile et de Mòn-Pito… Quelles sont les difficultés rencontrées par les clubs ?

« Je sais qu’au Réveil Sportif, depuis près de 5-6 ans, nous n’avons pas de subvention municipale. La ville ne peut pas nous accompagner financièrement. C’est n’est pas évident du tout. Le club devait compter sur la cotisation des membres et quelques partenaires. Si tu n’as pas d’argent, tu ne peux pas réussir dans la vie. Même si l’argent ne fait pas le bonheur, quelques fois il faut arrêter de bricoler. »

Le Réveil Sportif pourra-t-il regoûter un jour à la Régionale 1, malgré tous ses problèmes financiers?

« En tout cas, avec Monsieur Christian Pendant, le nouveau comité a la volonté ! Les problèmes sont les mêmes mais ils ont vraiment la volonté d’améliorer les choses. Il y a déjà de l’amélioration. Après tant d’années, le club pourra s’entraîner au Gros-Morne. La municipalité a enfin pu mettre de l’éclairage au stade. Donc ça permettra à l’équipe de s’entraîner directement au Gros-Morne au lieu d’aller au Robert, chaque soir. C’est déjà un plus. Mais, vraiment, les dirigeants du club ont la volonté d’aller de l’avant afin de pouvoir retrouver la Régionale 1, l’élite du football martiniquais. En tout cas, je leur souhaite bonne chance. »

Pour toi, quel serait le scénario idéal à l’avenir ?

« Le scénario idéal ? Qu’il y ait un mécène au Réveil-Sportif (rires) afin d’accompagner le club. Je souhaite que la municipalité aide beaucoup plus le club. Il y a la partie logistique certes, mais le partenaire d’une association d’une commune doit être sa municipalité. Je ne désespère pas de voir les choses s’améliorer au fil des ans. Il m’a été dit que je faisais de la politique, mais c’était faux ! Quand je faisais une demande pour le club, comme trouver un terrain pour s’entraîner par exemple… on croyait que j’étais candidat aux élections municipales de 2020. Nous sommes en 2021 et bientôt en 2022, vous pouvez constater que je ne suis sur aucune liste politique. Donc, j’espère qu’avec le nouveau comité il y aura plus de moyens et que les choses iront de l’avant. Je reste assez optimiste pour ce club que j’aime tant. C’est un club qui m’a procuré tellement de joie et de bonheur, tous sports confondus… C’est pour cette raison que je ne vais jamais cracher dans la soupe. Si je suis un peu connu en Martinique c’est grâce au Réveil-Sportif avec l’accompagnement de Léon Piejos. On a toujours fonctionné à deux au club et nous avons gravi des échelons ensemble. Qui sait, peut-être qu’on pourra revenir et remporter un titre de champions de Martinique avec le Réveil ! »