Au terme d’un match acharné, ce sont les Joséphins du LAC 212 qui ont pris le meilleur sur les Saléens de la FAM (8-6) à l’occasion de la finale du championnat de Martinique de futsal 2021. Le coach du LAC 212 nous parle de la rencontre.

Interview de Jérémy Ludon, entraîneur du LAC 212 :

Mercredi 13 avril 2022, les Joséphins du LAC 212 ont remporté la finale du championnat de Martinique de Futsal 2021 contre la FAM. À l’instant T, qu’as-tu ressenti quand vous avez gagné la rencontre ?

« La première émotion a été du soulagement. Ça va faire 3 ou 4 ans que nous avons décidé de créer une structure de Futsal dans la commune de Saint-Joseph. Avec la première structure qui était l’AFFP (NDLR : Association Familiale de Fond Pérez) nous avions joué la toute première finale de Coupe de Martinique. La compétition venait de naître. Malheureusement pour nous, on avait échoué cette finale puisqu’on avait perdu, je crois, avec un but d’écart. Par la suite, notre club a été transformé en LAC 212. Club qui a réussi à faire une belle finale cette fois-ci pour la Coupe de Martinique 2021 où malheureusement on a encore perdu. Donc, c’était une mission pour nous de jouer une nouvelle finale. La 3e finale pour des Joséphins mais la 2e finale pour le LAC. Comme on dit, ce n’est jamais 2 sans 3 ! On avait à cœur de remporter enfin une finale. Cette fois-ci c’était le championnat. Croyez-moi qu’il y avait de la motivation pour ne pas perdre une nouvelle finale qui se jouait en plus à Saint-Joseph. Comme je vous l’ai dit, ça a été un soulagement à l’instant T de pouvoir enfin remporter une première finale, qui plus est le championnat, la compétition la plus importante. »

Dans le jeu, comment as-tu trouvé ton équipe ?

« Dans le jeu, en première mi-temps c’était délicat parce que la FAM a réussi à mener 2 buts à 0 rapidement. Il y avait la pression de l’enjeu. Même si par moment vous avez une équipe qui est plus forte que l’autre, une finale reste une finale. Ce sont des émotions particulières. En plus, c’était chez nous. Donc, il y avait une double pression puisqu’il fallait démontrer à notre public que nous aurions répondu présents. Ça a été délicat même si on arrive à faire une mini remontada puisque de 2 buts à 0 on passe à 3 buts à 2. Dans les 8 dernières minutes de la première mi-temps, on se fait recoller au score et on se fait même dépasser. Je pense qu’à ce moment-là, l’enjeu a pris le dessus. Peut-être qu’effectivement les vieux démons des autres finales sont revenus dans la tête de mes joueurs. La première mi-temps, on la perd 5 buts à 3. Là, je ne vous mens pas que cette peur d’encore échouer dans une finale, ou encore cette peur de vouloir gagner aussi car on traverse plusieurs émotions, fait que la première mi-temps a été délicate. Par contre, à la mi-temps on a réussi à avoir les mots qu’il fallait pour remotiver tout le monde afin que les finales passées ne ressemblent pas à cette finale. »

Ce match mérite des festivités. Une fête est-elle prévue ?

« C’était une finale qui a eu lieu durant la semaine, c’était un mercredi. Le lendemain, beaucoup de personnes travaillaient. Donc, on va dire qu’il y a eu un mini moment pour féliciter les dirigeants, le staff et les joueurs aussi. Normalement, il y aura quelque chose de plus grandiose pour pouvoir féliciter encore les joueurs. C’est quand même une prouesse de pouvoir gagner un championnat dans les moments compliqués que nous traversons et les moments drastiques par rapport à tout ce qui a été fait durant des années. Franchement, félicitations à eux encore. Je pense que d’ici la fin de saison, normalement il y aura quelque chose qui sera fait en conséquence. »

Tu es également entraîneur de foot à 11. Au futsal, il y a des joueurs de football qui y évoluent. Qu’apporte cette discipline ?

« En règle générale, sur ce que j’ai pu observer, le futsal apporte beaucoup aux joueurs du foot à 11. C’est une discipline qui demande déjà beaucoup au niveau cardio et il faut savoir que ce sont deux disciplines totalement différentes. Non seulement par rapport au fait que le futsal se joue sur un terrain plus petit et sur une surface rapide. Mais aussi ça demande beaucoup par rapport à la notion technique et tactique. Quand vous voyez Jean-Manuel Nedra, Romario Barthéléry, Norman Grelet, Daniel Hérelle ce sont le plus souvent de très bons milieux de terrain. Quand vous les voyez au futsal, vous sentez que ces joueurs ont une facilité dans cette discipline car ils sont déjà à l’aise techniquement et à l’aise au niveau des déplacements que le futsal demande. Tactiquement parlant, même si vous êtes dans un 4 contre 4, dans le foot à 11 il y a souvent des séquences où vous vous retrouvez justement dans des 4 contre 4, des 3 contre 2, dans un 3 contre 1, ou encore dans un 2 contre 1. Donc souvent, vous remarquez que ces joueurs qui ont cette habitude du futsal sont plus à l’aise quand ils ont ce genre de séquences-là dans le foot à 11. Quand vous savez jouer dans des petits périmètres, cette notion de futsal arrive à pouvoir mettre à l’aise les joueurs dans le football à 11. »

Désormais que faut-il améliorer chez tes joueurs pour progresser et chercher d’autres titres à l’avenir ?

« La complication pour nous est que nous avons un seul créneau au hall de Saint-Joseph. Donc, ça veut dire que nous n’avons qu’un seul entraînement par semaine. Je pense que si notre club avait au minimum 2 ou 3 entraînements par semaine, je pense qu’il y aurait une progression qui serait plus visible et plus rapide pour nos joueurs. Ce serait plus de régularité aux entraînements et ça se ressent ensuite en match. Par exemple sur la finale, à deux minutes de la fin de la première mi-temps il y avait 3 buts à 3. C’est un manque de concentration et de rigueur qui fait que nous prenons ces buts-là. Et tout ça passe par l’entraînement. Moi, je suis sûr qu’en ayant plus d’entraînements déjà sur cette surface, ça faciliterait beaucoup plus les choses. Quand vous voyez des équipes comme le Kosmos, la Relève Lamentinoise, la FAM aussi qui s’entraînent plus souvent que nous, sur certains enchaînements et certaines séquences en match vous voyez qu’ils ont plus de facilités. C’est l’entraînement, qui est une répétition et un avant-goût du match, qui démontre aussi que par moment il y a des choses qui sont plus faciles à faire parce que vous les faites plus souvent. Et nous, malheureusement ce n’est pas le cas. J’ose espérer que la ville nous entendra encore une fois pour pouvoir nous permettre de nous entraîner plus souvent au hall des sports. »

Et pour la suite de la saison ? Quelles sont vos perspectives ?

« Pour le moment, nous sommes qualifiés en demi-finale de Coupe de Martinique 2022 et nous sommes aussi qualifiés pour les demi-finales de play-off du championnat 2022. Je vais vous avouer qu’auréolés de ce titre de 2021 on n’a qu’une envie, c’est de pouvoir en décrocher d’autres. Nous essayons de rester focus sur les deux dernières compétitions qui nous restent. Il nous reste 3 matchs. Un match en Coupe pour aller en finale et normalement au niveau des play-off ce sera sur phase aller et phase retour. Donc, il va nous rester deux matchs pour essayer d’aller à la finale du championnat. Nous avons joué deux finales pour la saison 2021. Ce sur quoi nous sommes focus c’est de vouloir rejouer deux nouvelles finales cette fois-ci pour la saison 2022. »

Actuellement suspendu et parfois indisponible, Jérémy Ludon souhaite également remercier ses dirigeants et l’ensemble de son staff. Pour lui, ces derniers réalisent un gros travail en coulisses, ce qui mérite d’être souligné.