Interview de Robin Lafarge, un jeune défenseur martiniquais de 25 ans qui joue à Ayia Napa un club de deuxième division Chypriote.

 

 

Tu as des origines martiniquaises, tu viens d’où exactement ?

« Moi ma famille vient du François. Ma grand-mère est née au François et ma mère aussi. Elles sont cependant allées vivre en France et moi j’ai grandi en métropole toute mon enfance. De métropole, je suis de Toulon. »

 

Jeune, tu as joué avec la réserve de Montpellier, comment évalues-tu cette expérience ?

« C’était une très bonne expérience. Je sortais de 4 ans de centre de formation au FC Nantes. Un bon centre en France. Puis, je suis allé à Montpellier en jouant une année avec la réserve. La deuxième année, j’ai participé aux entraînements des professionnels, j’ai participé au stage de présaison… Sauf que c’est l’année du titre, l’année où Montpellier devient champion de France, et malheureusement avec la Ligue des champions qui  vient après, ils n’ont pas pu me proposer de contrat professionnel. Et c’est par la suite que je me suis retrouvé en Espagne. » 

 

Ensuite, tu es allé en Espagne, où tu joues avec l’équipe B de Getafe puis à Guadalajara avec l’équipe première, quels ont été des meilleurs moments?

« A Getafe j’ai passé quatre belles années. C’est vraiment un football qui me ressemble. C’est-à-dire c’est le football espagnol, c’est le football qu’on peut voir à la télévision avec le Barça et le Real. Donc c’est vraiment du plaisir. J’ai eu un coup dur aussi. Je me suis fait les ligaments croisés lors de ma deuxième saison. Donc c’était un coup dur mais qui m’a rendu plus fort. Cela a vraiment été pesant mais ça m’a permis de revenir à un meilleur niveau. Ma dernière saison en Espagne c’était à Guadalajara. C’est un club qui venait de descendre en deuxième division. On a eu des problèmes à la fin de paiements et c’est pour cela que j’ai dû partir et malheureusement plus de carrière en Espagne. »

 

As-tu un match de référence en Espagne ?

« On avait des matchs intéressants avec la réserve de Getafe contre d’autres réserves professionnelles. On affrontait la réserve du Real de Madrid, l’équipe réserve qu’entraînait Zidane à l’époque. Donc c’était un peu dommage d’en finir… Contre Madrid j’ai joué contre Morata et Jesé ! Donc c’était très intéressant. A Getafe, j’ai été aussi sur le banc contre Almeria qui jouait en première division. Malheureusement je n’étais pas rentré mais j’ai quand même eu des expériences enrichissantes. »

 

Aujourd’hui tu joues avec Ayia Napa, un club Chypriote de deuxième division, pourquoi aller jusqu’en Chypre pour jouer au football ?

« Le président du club m’avait appelé. C’est un club ambitieux qui financièrement était à la hauteur de mes attentes. En fait, c’est un bel endroit pour montrer ce qu’on vaut. C’est vrai que la deuxième division Chypriote n’a pas un très bon niveau… Donc, il faut utiliser cela comme un tremplin aux équipes de première division d’ici comme l’Apoel Nicosie, des équipes qui jouent l’Europe. C’est l’objectif en tout cas. »

 

Donc ton objectif c’est d’arriver à jouer un jour à l’Apoel Nicosie par exemple ?

« Exactement. En venant ici mon objectif c’était de montrer ce que je sais faire. Pour l’instant, je fais un bon début de saison donc je suis sur la bonne voie. Il faut continuer pour pouvoir jouer pour les meilleures équipes d’ici et après l’avenir me dira ce qu’on m’a réservé. »

 

Peux-tu nous rappeler le contexte sportif de ton club ?

« On est en deuxième division Chypriote. C’est une équipe qui a souvent été en première division qui est descendue et qui a pour objectif de remonter. Ils ont recruté. On est trois joueurs français et il y a quelques joueurs étrangers. On a une belle équipe et on essaye de monter. Ce n’est pas évident parce qu’il y a juste une équipe qui peut monter donc c’est serré. Mais c’est intéressant. Les matchs sont télévisés et ça reste professionnel et c’est ça qui m’a plu aussi. »

 

As-tu des contacts avec des clubs d’Europe de l’ouest par exemple ?

« Justement. Je suis en contact avec des clubs de Turquie et de Grèce. Mais on attend et on verra en décembre. Je me suis mis d’accord avec le président. Il sait que mon objectif c’est de vite franchir des caps. Donc il sait qu’il me faut vite toucher plus haut. Comme j’ai la chance de faire un bon début de saison, il y a des clubs Turcs et Grecs qui ont déjà appelé le président donc on verra en décembre. Mais pour le moment, je reste focalisé sur ma saison et je sais que si je fais les choses bien il y aura la récompense au bout. »    

 

Si tu perces au haut niveau, espères-tu être appelé par la sélection de la Martinique?

« Cela serait une grande fierté en tout cas. Ce serait une grande fierté pour ma famille. Ma famille en Martinique et de Métropole serait très fière. Comme je l’ai dit à un ami en rigolant… Je serais plus fier de me voir avec la sélection de la Martinique qu’en équipe de France. Donc cela serait une grande fierté et c’est mon objectif. Donc j’espère qu’ils feront appel à moi à l’avenir. En tout cas je suis à leur disposition. »

 

En ayant un tel début de carrière, qu’est- ce que le football représente pour toi ? 

« Le football c’est toute ma vie. Le foot c’est mes meilleurs et mes moins bons moments. Cela représente tout pour moi. Je mange football, je vis football. Quand le foot ça va tout va comme on dit. Donc le foot c’est tout pour moi et je suis vraiment déterminé à atteindre mes objectifs et personne ne pourra se mettre à travers mon chemin. »