Blessé au genou pour une durée de 6 à 8 mois environ, Nicolas Zaïre, le défenseur polyvalent du Club Franciscain, évoque sa blessure, son club et la sélection de la Martinique.

Entretien :

Depuis mai 2019, tu es blessé au genou droit. Tu as été opéré du ligament croisé et du ménisque du genou, en août. Comment se passe ta rééducation ? Combien de temps te reste-il pour être de nouveau sur pied ?

« J’ai été opéré le 27 août 2019 à la clinique des sports dans le 13e arrondissement à Paris. Aujourd’hui, je suis hébergé chez mon cousin à Brunoy, et j’ai commencé ma rééducation une semaine après l’opération. Pour le moment ça se passe bien. Les deux premières semaines ont été compliquées. Mais, le plus important pour moi, c’est de retrouver la mobilité de mon genou. Pour le moment, il est en train de gonfler même si c’est un peu normal par rapport à l’opération. Cela fait un moi pile-poil que je me suis fait opérer. Là, ça va déjà mieux puisque je ne marche plus avec les béquilles. J’ai uniquement une atèle et justement, dès la semaine prochaine, je commence la rééducation avec le vélo. Je ne sais pas exactement dans combien de temps je serai rétabli… En tout cas, je fais tout pour être sur pied le plus vite que possible. »

Le 7 décembre prochain, tu auras 33 ans. Ta carrière de footballeur amateur en Martinique est-elle terminée ?

« Oui justement, le 7 décembre j’aurai 33 ans. Ma carrière amateure en Martinique terminée ? Non je ne dirai pas ça. Si elle était finie je ne pense pas que j’aurais fait l’opération. Donc si je l’ai faite c’est que je suis motivé à continuer à jouer au foot parce que le football c’est tout ma vie. »

Cela fait quoi de ne plus pouvoir jouer au foot, ta passion ?

 » Ne plus être sur les terrains c’est difficile. J’ai commencé à jouer très tôt, quand j’avais 5 ans. J’ai commencé en sénior à 15 ans et demi. Le football me manque énormément. Je n’ai pas l’habitude de rester sur place et ne plus pouvoir m’entraîner. En plus, je suis très loin de ma famille car je suis en France hexagonale. Heureusement que j’ai quelques membres de ma famille ici. D’ailleurs, je tiens à remercier mon cousin, Kévin Jean. Il met tout en œuvre pour moi pour que je puisse être dans les meilleures conditions. J’ai un kiné pas trop loin qui se situe à 30 minutes de chez lui.

En tout cas, mes coéquipiers me manquent. Je les vois uniquement sur les réseaux sociaux. Mes deux enfants, ma compagne, et mes parents me manquent. Il me reste à faire encore un mois en France pour la rééducation. Ensuite, je la continuerai en Martinique. J’espère y retourner très bientôt. Je connais mon corps. Je vais tout faire pour retrouver mon meilleur niveau. Je sais très bien que lorsque je reprendrai ça sera compliqué. Ce n’est vraiment pas évident ! Je pense que c’est l’une des plus grandes blessures pour un sportif. Mentalement, il faut être fort parce que c’est franchement difficile. Si vous n’avez pas le soutien de vos proches, vous lâchez.

Par ailleurs, je suis souvent en contact avec mes coachs. Ils m’appellent tous les jours. Ça me fait énormément plaisir qu’ils viennent prendre de mes nouvelles. Mes coéquipiers, je les ai pratiquement tous les jours aussi parce qu’on a un groupe WhatsApp au Club Franciscain. En plus de ma famille, ils me donnent la force de retrouver mon meilleur niveau. »

Que penses-tu du nouveau staff technique du Club Franciscain composé de Dominique Zaïre, Patrick Percin et Ludovic Clément ?

Dominique Zaïre, mon oncle, le petit frère de mon papa est comme un deuxième père pour moi. C’est quelqu’un que j’apprécie et que j’aime énormément. Petit, j’étais vraiment très proche de lui. Il a été quand même l’un des joueurs exemplaires pour le football martiniquais. Puis, Patrick Percin, je le connais très bien ! C’est un ancien coéquipier qui est dorénavant entraîneur. Je me souviens, quand nous étions en mise au vert, Patrick et moi on était dans la même chambre. Ensuite, Ludovic Clément, je le connais très bien car il a joué avec moi en sélection de la Martinique. Il a même travaillé avec moi à l’AMEP. C’est quelqu’un que j’apprécie énormément.

Après, je ne suis pas présent. Je suis en France. Mais je suis un peu le travail qu’ils réalisent. Pour le moment, ça se passe correctement. Il y a des résultats. Il n’y a que des victoires pour le moment. Dominique Zaïre connaît très bien le club car ça fait déjà plus de dix ans qu’il est au François. Patrick Percin connaît la maison comme s’il était chez lui. C’est juste Ludovic Clément qui arrive. Mais à part ça, il n’y a pas beaucoup de changements au Club Franciscain si on regarde bien. Le gardien de la sélection de la Martinique, Loïc Chauvet, est revenu au club. Donc on reste sur une forme de stabilité. C’est pour ça que le groupe vit bien et qu’on a de bons résultats d’après moi. »

Le Club Franciscain ambitionne de remporter tous les trophées en Martinique. Mais en coupe de la Caraïbe des clubs amateurs, le François pourra-t-il cette saison remporter, pour une deuxième fois dans son histoire, cette compétition ?

« Quand vous jouez au Club Franciscain, l’objectif c’est de gagner tous les matchs. Certes, c’est difficile de remporter toutes les rencontres. Ce n’est pas évident puisqu’il n’y a pas de matchs faciles. Mais le Club Franciscain, c’est comme le Paris Saint-Germain, toutes les équipes veulent nous gagner. Après on est bien partis en championnat. On aura encore une fois cette saison plus de matchs par rapport aux autres équipes en jouant le tournoi de la Caraïbe. Ce n’est jamais évident de jouer ce type de compétition dans la période du mois d’avril. C’est deux matchs par semaine. Donc il y a de la fatigue et quand on retourne en Martinique pour le championnat ça nous arrive de laisser quelques points. Mais on a un bon effectif. On l’a renforcé avec des joueurs d’expérience qui connaissent déjà la maison. Yendy Tarrieu qui a été champion de la Caraïbe avec nous, il y a deux ans, est revenu. Loïc Chauvet a joué les 32e de finale de Coupe de France face au FC Nantes avec nous. Il revient aussi et connaît déjà très bien le haut niveau. Donc on a des joueurs qui ont renforcé l’effectif cette saison . Après certes, je ne suis pas là. C’est un peu dommage. Mais je pense que mes coéquipiers vont faire le travail. Néanmoins, j’ai pour objectif d’être présent en avril pour ce tournoi de la Caraïbe. Je sais que ça sera difficile mais on verra bien. L’avenir nous le dira.

Il faudrait arriver en finale de la coupe de la Caraïbe, pour la troisième fois de suite, cette saison. »  

Au niveau de la Coupe de France, atteindre les 32e de finale sera également possible à ton avis ?

« J’en avais justement discuté avec mon président. L’objectif du club maintenant c’est de ne même plus arriver en 32e de finale de la Coupe de France mais de passer ce cap. Nous sommes déjà arrivés à ce stade de la compétition. Cela a été une aventure très particulière pour nous à l’époque. Nous avions été suivis par beIN SPORTS. On a vu l’épopée de l’Aiglon aussi la saison dernière. Ça a été quelque chose de formidable, bravo à eux. De notre côté, je pense que le président a mis les moyens pour qu’on puisse essayer d’arriver vers les 32e de finale. Je fais confiance à mes coéquipiers. Ce sont des compétiteurs. Je serai de tout cœur avec eux pour qu’ils puissent au moins arriver en 32e. »  

Tu es un international martiniquais. Quel regard portes-tu sur la sélection de Mario Bocaly ?

« Je n’ai pas trop envie de parler de la sélection de la Martinique. J’ai quand même passé huit années en sélection et maintenant je suis un joueur qui n’y figure plus. Je me suis même posé des questions… J’aurai bien aimé savoir pourquoi Mario Bocaly ne m’a pas rappelé après la Gold Cup 2017. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas eu de retours. J’ai toujours été exemplaire en sélection. J’ai été dans toutes les campagnes auparavant. J’ai toujours mouillé le maillot. Pour moi, la sélection de la Martinique est très importante. Après, le sélectionneur a fait son choix et je le respecte. J’ai vu que l’équipe a fait une très belle Gold Cup 2019. Les joueurs locaux sont les garçons qui m’ont fait le plus plaisir. Cela montre que nos joueurs en Martinique ont le niveau et il faut juste nous mettre dans de meilleures conditions. Je suis très fier. Je suis également content pour Yordan Thimon du Club Franciscain qui maintenant fait partie de la sélection. Christophe Jougon aussi. Il essaye de se faire une place et c’est très bien. Je pense que Johnny Marajo va s’affirmer cette saison. Après personnellement, je suis un peu déçu. J’aurai aimé savoir pourquoi je ne suis plus convoqué… »

En effet, tu connais bien certains footballeurs de la sélection. Pour finir, sais-tu si les Matinino sont confiants pour la rencontre face au Honduras le 13 octobre prochain ?

« Je discute souvent avec Stéphane Abaul puisque c’est le parrain de mon fils. Donc c’est comme si c’était mon frère. Je pense qu’ils sont bien partis pour se qualifier pour la prochaine Gold Cup. Ils ont rencontré le Honduras. Ça sera compliqué car c’est une sélection qui joue les qualifications pour la Coupe du monde. Après, en Martinique on sait jouer au football. Mais, il faut nous mettre dans les meilleures conditions. Si on les met dans de très bonnes conditions pour ce match, je pense qu’il n’y aura pas de problème. Même sans joueurs professionnels, je pense qu’il n’y aura pas de souci. C’est clair que ça va être compliqué. Mais en tout cas, moi je serai le premier supporter de la sélection de la Martinique !«