Originaire de la Martinique, Mattéo Ahlinvi loue la formation martiniquaise, dans cette interview. Le joueur professionnel de Nîmes Olympique encense notamment ses années au pôle avec un certain Mario Bocaly, l’actuel sélectionneur des Matinino.

Interview de Mattéo Ahlinvi, milieu de terrain de Nîmes Olympique :

Tu viens de la Martinique. De quelle commune es-tu originaire ? Dans quels clubs de l’île as-tu fait tes classes ?

« Je suis arrivé à l’âge de 7 ans en Martinique. J’ai grandi dans la ville de Ducos. J’ai joué dans pas mal de clubs. J’ai commencé au Ducos FC. Après je suis allé au Saint-Esprit, au New-Club, au New-Star, et à l’Eclair. Puis, j’ai joué une nouvelle saison au New-Star et j’ai rejoint le centre de formation de Guingamp. »

Quels sont tes points forts et tes points faibles ?

« Je suis un milieu de terrain box to box. J’aime bien percuter avec le ballon et casser des lignes. Je suis un joueur d’équipe aussi. Donc j’aime bien partager des bons moments avec mes coéquipiers. Au niveau de mon jeu défensif, je souhaiterais faire davantage de récupérations de balles. »

Tu as intégré les structures de préformation de la Martinique. Comment juges-tu le niveau des éducateurs de ces structures ?

« En 4e, j’ai intégré le pôle espoir, au collège Edouard Glissant du Lamentin. J’avais Mario Bocaly comme coach. Après, j’ai été en internat à Acajou. Puis, ma dernière année en Martinique, en seconde, j’ai fait une troisième année au pôle du François. Il y avait de très bons éducateurs : Yannick Desmontils, Mario Bocaly, Freddy Clément, Jocelyn Germe, Daniel Borval, Guy-Michel Nisas… Après celui qui m’a le plus marqué c’est Mario. C’est lui qui nous a fait venir au pôle en 4e-3e. C’était un peu comme un deuxième père lorsqu’on était au pôle. C’est lui qui nous accompagnait au quotidien. À l’heure actuelle, je suis souvent en contact avec lui. Au téléphone, on s’appelle et je lui donne de mes nouvelles. Mario m’a bien marqué et m’a fait progresser mais tous les éducateurs m’ont permis de progresser, que ce soit le CTR ou tous les coachs autour. Avec les sélections de Martinique, j’ai pu faire tous les tournois donc j’ai pu fréquenter tous les coachs. Que ce soit avec Yannick lorsqu’on a fait les éliminatoires de la Concacaf ou avec Freddy Clément quand il m’a accompagné pour un stage effectuer à Clairfontaine. Je n’ai que de bons souvenirs avec les éducateurs en Martinique. Même en club. J’ai des noms en tête comme Ruddy Jourgon, au New-Club et au New-Star. Il se reconnaîtra. J’ai eu la chance d’avoir de bons éducateurs tout au long de ma progression dans le foot en Martinique. »

Quels sont tes plus beaux souvenirs ?

« C’était avec la sélection de la Martinique, quand on est partis faire un tournoi de qualification aux Bahamas. C’était la génération 98-99. On avait gagné le match et le tournoi là-bas. C’était de super souvenirs. Après en club, je dirai en 2013, lorsqu’on avait gagné le tournoi de la Danone Cup avec le New-Star. Et bien sûr mes années au pôle, c’étaient de très beaux souvenirs. »

Comment as-tu été repéré par l’En Avant Guingamp ?

« Tous les meilleurs joueurs de chaque interligue de chaque région se sont retrouvés à Clairefontaine. On était 100 joueurs. De là, je suis rentré dans les radars comme on dit. Un ancien joueur martiniquais, Charles-Edouard Coridon qui travaillait à l’En Avant de Guingamp m’a appelé pour faire un essai et cet essai a ensuite été concluant. J’avais 15 ans. »

Comment se déroule ton début de saison à Nîmes ?

« À Nîmes, ça se passe bien. Je suis avec de bons coéquipiers. J’ai pu faire des matchs en ligue 1 contre certaines équipes tels que le Paris Saint-Germain, Lyon, ou Bordeaux. Je suis dans une phase de progression. Le cadre est propice à ma progression aussi. Le staff technique est bien. L’ensemble du club a confiance en moi. Donc, je fonce et je travaille tous les jours. Je suis épanoui. »

Quels sont tes objectifs cette saison ?

« Mes objectifs sont de continuer à progresser et de répondre présent quand le coach fera appel à moi. Je veux apporter quelque chose à l’équipe à chaque fois que je serai amené à jouer sur le terrain. »

Un mot sur tes débuts avec la sélection du Bénin ?

« Cela s’est bien passé. Mes débuts avec le Bénin ont été de très bons moments. J’espère être encore convoqué. Mon grand frère, Joris, avait déjà pu aller en sélection. Mon père étant Béninois, nous a toujours emmené au Bénin pour pouvoir voir notre famille mais aussi pour connaître nos origines et nos racines. Donc quand le choix du Bénin est venu, ça s’est fait naturellement. »

Mais à la fin, qu’est-ce que la Martinique représente réellement pour toi ?

« C’est une très grande partie de ma vie. C’est là où j’ai mes meilleurs souvenirs. C’est là où j’ai grandi. C’est là où j’ai fait mon cursus scolaire. Il y a tous mes potes en Martinique. Tous mes coachs ! Il y a toujours mes parents là-bas. J’y rentre souvent car c’est chez moi. »

Un entretien en collaboration avec la Ligue de Football de la Martinique, réalisé en novembre 2020