Du 4 au 8 mars, des journées de détection se dérouleront en Martinique (au stade Roger Bonaro au Marin et au stade Louis Achille à Fort-de-France). Les meilleurs jeunes de 11 à 23 ans seront observés par deux clubs bretons : le Stade Rennais (L1) et le Stade Briochin (N2).

Charles-Edouard Coridon nous parle de cette détection :

Pourquoi ces clubs bretons viennent-ils précisément en Martinique pour faire de la détection ?

« Cela fait un moment qu’on dit qu’il y a beaucoup de qualité aux Antilles. En effet, il y a un vivier et un potentiel énorme. Donc l’idée était de venir voir les jeunes dans leur élément pour qu’on puisse bien les observer pour ensuite pouvoir les faire venir en France, dans l’hexagone. »

Quels types d’exercices les jeunes devront effectuer durant la détection ?

« On ne va pas révolutionner le football. Le matin, on fera des exercices de conservation et de progression du ballon vers l’avant. Après vers la fin, on va basculer vers un travail d’individualité devant le but. Lors des séances, on observera les joueurs. S’ils lèvent la tête lors de la conduite de balle, on regardera les dribbles, l’élimination par la passe… Toutes sortes de techniques qui seront incorporées dans la conservation et dans la progression. Puis, l’après-midi, on fera du jeu et des matchs. »

Qui encadrera les jeunes lors des journées de détection ?

« Je serai là avec des partenaires et des bénévoles locaux qui seront disponibles pour me donner un coup de main. D’ailleurs, je profite de l’occasion pour remercier tous ceux qui ont permis que je puisse faire venir de jeunes garçons qui sont super intéressants. Sachant que les U17 et les U23 ont match le mardi et le mercredi pour la coupe Mare-Gaillard, je sais que les jeunes ne seront pas tous disponibles. Mais j’espère compter approximativement sur un bon groupe afin que les observateurs bretons du Stade Rennais et du Stade Briochin (situé à Saint-Brieuc entre Guingamp et Rennes) ne soient pas déçus. Le Stade Briochin est un club de National 2. Ils sont deuxième au classement et se battent pour la montée en National. Donc c’est un bon compromis pour les jeunes qui seront détectés par Saint-Brieuc. Par la suite, ils pourront être vus par le Stade Rennais mais aussi par l’En Avant Guingamp. »

Combien de joueurs seront sélectionnés pour espérer percer dans le monde professionnel ? Il y a-t-il un chiffre précis ?

« Il n’y a pas de chiffre précis. Nous sommes là pour observer et détecter. J’espère qu’on pourra en prendre un maximum. Après, ça ne tient qu’à moi. Mais, j’aimerais arriver à faire une équipe avec mon groupe de 40 jeunes pour pouvoir, dans un premier temps, piocher les grandes mentalités, forcément. Et dans un second temps, faire découvrir les joueurs de l’équipe A, pourquoi pas. »

As-tu déjà repéré de jeunes Martiniquais qui sont aujourd’hui footballeurs professionnels ? Peux-tu citer des noms ?

« En 2010, j’ai invité le FC Sochaux à un stage à Saint-Anne. On fait la détection et on a deux joueurs qui sortent du lot. Dont un qui est aujourd’hui footballeur professionnel : c’est Christophe Hérelle. Un très bon exemple pour les jeunes puisqu’il a su, lui, être repéré lors d’une détection. »

D’après toi, quelles qualités faut-il avoir pour jouer au football de haut niveau ?

« Il y a plusieurs profils et ça dépend des postes. Mais d’une manière générale, il faut regarder les qualités sportives mais aussi la combativité des joueurs. Voir s’ils sont prêts à tout sur le terrain ! Mais forcément, il faut être super technique, bon dribbleur, passeur, et savoir alterner le jeu long et le jeu court. »

En Martinique, que faudrait-il améliorer dans la formation du jeune ?

« Il faut juste amener une complémentarité au niveau des jeunes et des éducateurs. Mais également, pouvoir amener une nouvelle vision afin d’améliorer les entraînements. Par exemple les exercices de conservation et les exercices analytiques. Dans la conservation, il y a tout ce qu’on recherche. Tu travailles la conduite de balle, le dribble, le placement, les prises de balle, l’intérieur et l’extérieur du pied… Toute une palette technique et tactique ! Donc, on peut améliorer les entraînements en axant sur d’autres exercices, à mon avis. »

Quels sont tes objectifs aujourd’hui, individuellement ?

« Je veux venir le plus souvent possible aux Antilles afin de créer une émulation et un engouement entre les clubs professionnels et amateurs. Il y a un âge où c’est possible de devenir footballeur pro. Mais il y a un âge où c’est également délicat d’y parvenir. L’idée, c’est d’amener un club de haut niveau (National, Ligue 1 ou 2) pour pouvoir amener cette complémentarité. À chaque vacances, il faut amener ce concept aux Antilles. Faire venir des clubs pros de haut niveau. C’est ce que je souhaite. Voilà mon projet ! « 

Enfin, Charles-Edouard Coridon c’est aussi une carrière professionnelle à Guingamp, au RC Lens, au PSG… C’est également ce fameux coup du scorpion contre Porto en Ligue des champions et de multiples sélections avec la Martinique. Que représentent tous ces souvenirs pour toi ?

« Ce sont de forts souvenirs. Mais, il faut savoir que je suis parti de la Martinique à 20 ans. De ce fait, j’ai envie aujourd’hui de donner et de transmettre. J’ai envie de tout faire pour que même un gamin qui a plus de 20 ans ait encore une chance de partir par la fenêtre en tirant le rideau en France pour jouer au haut niveau. Mais, il faut qu’il ait envie !

J’ai été formé par les éducateurs martiniquais. Et malgré mon grand âge à l’époque, on a tout de même réussi à me voir. Donc, je veux prouver qu’au niveau des éducateurs et des joueurs, il y a de la qualité aux Antilles. »